Politiques qui rendent malades: Médecins du Monde prescrit un traitement aux candidats à l’élection présidentielle.

28 03 2012

Qui a dit que le système de santé français était « le meilleur au monde » ? En raison de politiques répressives qui ne répondent pas aux enjeux de santé publique, le système de santé français d’aujourd’hui porte en effet des signes de maladie et sans grande surprise, ce sont les personnes précaires qui en souffrent le plus.

© Médecins du Monde

Face à ce diagnostic amer, l’ONG Médecins du Monde, qui rencontre au quotidien des populations contraintes de choisir entre se soigner et assurer d’autres besoins essentiels, a choisi de s’inviter dans la campagne présidentielle française de 2012. L’ONG qui a lancé il y a plusieurs mois une campagne au slogan « la santé n’est pas un luxe » est un témoin de premier ordre face au harcèlement que subissent les personnes les plus précaires, exposées aux ruptures de soins et risques sanitaires accrus. Le droit à la santé est en effet de plus en plus pénalisé en France par des obstacles financiers et administratifs, des franchises et autres restes à charges.

Ainsi, Médecins du Monde a choisi de prescrire 
un traitement d’urgence pour les candidats aux élections présidentielles et législatives afin d’exiger que soit mis en place un système de santé véritablement solidaire. Et pour plus d’efficacité, l’ONG a invité depuis le 29 février les internautes à manifester leur soutien en participant à une grande cyber manifestation.

Très simplement, et ce jusqu’au 4 avril 2012, chaque internaute qui souhaite s’engager aux côtés de Médecins du Monde peut se « cyber mobiliser » en s’inscrivant avec son compte Facebook, son compte Twitter ou avec son email en téléchargeant une photo.

© Médecins du Monde

Le 5 avril, dans le cadre de la journée mondiale de la santé, Médecins du Monde organisera un événement sur la place du Palais Royal à Paris, et chaque internaute s’étant préalablement inscrit à la cyber mobilisation recevra un mail lui indiquant que la mobilisation débute et pourra se voir manifester virtuellement – grâce à son avatar téléchargé lors de son inscription – place de la Bastille, portant des pancartes avec les messages de l’ONG : « La santé n’est pas un luxe », « Il y a des politiques qui rendent malade ! », « Une carte vitale pour tous ! »…

De façon ludique et originale, Médecins du Monde propose ainsi aux internautes de facilement se mobiliser pour porter les revendications universelles de l’organisation.

Le message est clair : En 2012, votez santé !





Fondation Abbé Pierre : Nouvelle campagne de sensibilisation contre la précarité énergétique.

23 12 2011

Du 8 au 14 décembre 2011, la Fondation Abbé Pierre a lancé partout en France sa nouvelle campagne d’affiches d’hiver, laquelle se concentre cette année sur le phénomène de la précarité énergétique. En effet, alors même que le prix du gaz augmentera de 4,4 % dès le 1er janvier, le problème de la précarité énergétique n’a de cesse de s’aggraver rapidement et de façon massive en France.

La précarité énergétique résulte de la combinaison de trois facteurs : des ménages vulnérables aux trop faibles revenus, une mauvaise qualité thermique des logements occupés, et le coût de l’énergie. Beaucoup trop de pièces occupées ne sont à ce jour toujours pas équipées en double vitrage tandis qu’une part importante de logements reste chauffée au moyen de convecteurs électriques, lesquels sont de loin parmi les plus mauvais moyens de chauffage.

 

Il est aujourd’hui estimé selon la Fondation Abbé Pierre que près d’un ménage sur six en France est en situation de précarité énergétique. Par ailleurs 3,8 millions de ménages consacrent plus de 10 % de leur revenu au chauffage, soit près de 8 millions de personnes.

Aujourd’hui encore, « les ménages modestes n’ont parfois pas d’autre moyen que de se chauffer insuffisamment – ou plus du tout – avec à la clé un risque de rupture sociale, mais aussi de dégradation de l’état de santé des plus fragiles, sans même parler des conditions intrinsèques du logement » s’inquiète la Fondation Abbé Pierre. En effet, un logement mal chauffé est inévitablement synonyme d’humidité et de risque de maladies.

La Fondation Abbé Pierre a également lancé le 22 septembre dernier « la Mobilisation Générale pour le Logement », mouvement inter-associatif initié par la Fondation, qui vise à interpeller les candidats à l’élection présidentielle et législative, en leur demandant de se positionner de manière claire et ambitieuse sur la question du logement et de s’engager fermement auprès de leurs futurs électeurs. Si la campagne d’hiver de la Fondation ici présentée ne s’inscrit pas dans la Mobilisation générale pour le Logement, elle participe toutefois inévitablement au même combat.

La Fondation présentera son dix-septième rapport annuel sur l’État du mal-logement en France le 1er février 2012 à la Porte de Versailles.

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À LIRE SUR LE MÊME THÈME :

La Fondation Abbé Pierre lance la Mobilisation Générale pour le logement.

À l’abri de rien – Une enquête sur le mal-logement en France.

 





Agenda des droits humains et de l’action humanitaire – Octobre 2011

25 09 2011

29 septembre au 04 octobreAmnesty International France lance son festival Cinéma et droits humains, à la Filmothèque du Quartier Latin (Paris 5e). Plus d’informations >>

2 octobre – La LICRA est partenaire de la 23ème journée de la poésie. Cette manifestation culturelle à vocation humaniste se plaçant sous le signe de la liberté créatrice et du dialogue interculturel abordera cette année la thématique « Unis dans la diversité : voix et couleurs du monde ». Plus d’informations >>

2 octobre – Journée internationale de la non-violence. Plus d’informations >>

3 octobre – Journée mondiale de l’habitat. Plus d’informations >> 

10 octobre – 9ème journée mondiale contre la peine de mort. Cette année, la journée sera plus particulièrement dédiée au caractère cruel, inhumain et dégradant de la peine capitale. Plus d’informations >>

10 au 21 octobre – Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, à Gyeongnam, en République de Corée. Plus d’informations >>

11 octobreMédecins sans Frontières vous invite à la Fnac Paris – Ternes afin de rencontrer Rip Hopkins à l’occasion de la sortie de son livre « Sept fois à terre, huit fois debout ». Plus d’informations >>

13 octobre – Journée internationale de la prévention des catastrophes. Plus d’informations >> 

16 octobre – Journée mondiale de l’alimentation. Plus d’informations >>

17 octobre – Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. Plus d’informations >>

24 octobre – Journée des Nations Unies. Plus d’informations >>

24 octobre – Journée mondiale d’information sur le développement. Plus d’informations >>

24 au 30 octobre – Semaine du désarmement. Plus d’informations >>

27 octobre – Ouverture du Forum national des associations et des fondations, à Paris. Plus d’informations >>





Troy Davis : Ce jour où nous avons perdu une part de notre Humanité.

25 09 2011

Mercredi 21 septembre, il s’agissait de la Journée Internationale de la Paix, consacrée par les Nations-Unis en 1981 et célébrée chaque année depuis lors. Mais cette année, le 21 septembre n’était pas seulement une journée de Paix. Pour des millions de personnes dans le monde, ce jour était celui d’une guerre menée contre la peine de mort et l’exécution d’un homme, citoyen des États-Unis, dans le couloir de la mort pour un crime qu’il n’a certainement pas commis : Troy Davis.

Le 19 août 1989, un policier blanc du nom de Mark Allen MacPhail est abattu. Sur les lieux du crime à ce moment là, Troy Davis est arrêté, mais celui-ci nie en être l’auteur. Il n’y a par ailleurs aucune preuve matérielle à son encontre et l’arme du crime n’est jamais retrouvée, mais neuf témoins l’accusent, ce qui vaut par conséquent à Troy Davis une condamnation à mort en 1991.
Les années défilent et sept des neuf témoins l’accusant reviennent sur leur déposition, en affirmant avoir subi des pression de la part des policiers au moment des faits. Quant aux deux derniers témoins, des soupçons pèsent sur l’un d’entre eux, Sylvester Coles, accusé par neuf nouveaux témoins d’être en réalité le meurtrier recherché. Le dernier témoin affirme quant à lui que le meurtrier du policier était gaucher, tandis que Troy Davis est droitier.

Malgré ces éléments, Troy Davis est toujours accusé par la justice géorgienne du meurtre de Mark Allen MacPhail, mais réussi à échapper, à trois reprises, à une exécution programmée. Le 17 août 2009, la Cour suprême des Etats-Unis décide néanmoins que de nouvelles audiences aient lieu, dès le 23 juin 2010, afin d’entendre le témoignage des neuf nouveaux témoins. Mais le 24 août 2010, le juge William Moore affirme que « M. Davis n’a pas réussi à prouver son innocence ». Ses avocats tentent alors divers recours, qui se succèdent jusqu’en 2011, aux différents échelons de l’organisation judiciaire américaine, sans succès.

Son exécution est finalement programmée pour le 21 septembre 2011, à 23h US (01h FR), et les militants du monde entier n’ont qu’une dizaine de jours afin de sensibiliser et mobiliser l’opinion publique sur cette affaire. Des personnalités publiques prennent également position contre l’exécution de Troy Davis, notamment Jimmy Carter, Desmond Tutu, le Pape Benoit XVI, Robert Badinter, des experts en droits humains des Nations-Unies, le Conseil de l’Europe et le gouvernement français. Mais rien n’y fait, le Comité des Grâces refuse catégoriquement de revenir sur la décision d’exécution.

La chambre d'exécution dans laquelle a été exécuté Troy Davis. Le condamné rejoint cette salle par la porte jaune au fond. À droite se trouve la fenêtre de la salle des témoins, lesquels prennent place sur 3 bancs de bois de 5 m de long.

La chambre d'exécution dans laquelle a été exécuté Troy Davis. Le condamné rejoint cette salle par la porte jaune au fond. À droite se trouve la fenêtre de la salle des témoins, lesquels prennent place sur 3 bancs de bois de 5 m de long.

Le 21 septembre, à 14h30 locales (20h30 FR), Troy Davis n’a plus que 30 minutes pour dire adieux à ses proches. Devant la prison, une centaine de manifestants sont présents afin de demander la suspension de l’exécution.
À 15h (21h FR), Troy Davis est reconduit dans sa cellule.
À 15h10 (21h10 FR), Troy Davis est conduit dans le cabinet du médecin de la prison pour une visite médicale.
À 15h55 (21h55 FR), la visite médicale de Troy Davis prend fin. Il est reconduit en cellule afin d’y prendre son dernier repas, identique aux autres détenus : oleslaw, cheeseburger grillé, haricots, patates au four, cookie et jus de raisin. Troy Davis n’a en effet pas demandé de repas spécial.
À 17h35 (23h35 FR), les avocats de Troy Davis saisissent la Cour Suprême de Géorgie contre le rejet ayant été donné une heure plus tôt à la requête de report de la sentence.
À 17h55 (23h55 FR), la Cour suprême de Géorgie rejette le recours. Il ne reste plus qu’une heure avant l’exécution.
À 18h00 (00h FR), la défense de Troy Davis saisit la Cour Suprême des États-Unis d’un recours contre le rejet donné par la Cour Suprême de Géorgie.
À 18h05 (00h05 FR), le gardien-chef de la prison et l’aumônier rejoignent Troy Davis. Ils ne le quitteront maintenant plus, jusqu’à la fin de l’exécution.
À 18h10 (00h10 FR), Troy Davis se voit proposer un cachet de lorazépam, afin s’il le souhaite, calmer son angoisse.
À 18h50 (00h50 FR), Troy Davis est installe dans la chambre d’exécution. Une intraveineuse lui est passée dans chaque bras. Une solution saline est d’abord injectée, avant qu’il ne s’agisse du cocktail mortel. Pendant ce temps tout le monde attend des nouvelles de Washington, où se trouve la Cour Suprême des Etats-Unis. Des centaines de cercles de prières sont visibles à l’extérieur, devant la prison.
À 19h (01h FR), heure de l’exécution programmée, Troy Davis peut être exécuté à tout moment, car le recours formé par ses avocats n’est pas suspensif. L’exécution est en effet censée être menée à terme, sauf en cas d’ordre de suspension donné par le directeur de la prison.
À 19h04 (01h04 FR), l’exécution de Troy Davis est suspendue ! Des cris de joie retentissent à l’extérieur de la prison. La Cour Suprême des États-Unis a demandé de surseoir à l’exécution en attendant sa réponse. Le délai durant lequel la Cour examine la demande reste toutefois inconnu.
À 19h46 (01h46 FR), le porte-parole de Barack Obama affirme que ce dernier ne veut pas intervenir contre l’exécution de Troy Davis. Il explique que son refus d’intervenir tient du fait que cela ne relève pas de l’Etat fédéral.
À 22h25 (04h25 FR), la demande de suspension d’exécution de Troy Davis est refusée par la Cour Suprême des États-Unis. Tous les manifestants autour de la prison se mettent à prier. Le calme qui règne autour de la prison est vraiment troublant.
À 22h35 (04h35 FR), il est annoncé que l’exécution de Troy Davis doit avoir lieu dans la prochaine demi-heure. Avant de recevoir l’injection mortelle, Troy Davis déclare : « Je ne suis pas celui qui a commis le crime. Je n’avais pas d’arme. Continuez à chercher la vérité ». Il bénit également ses bourreaux.
À 22h53 (04h43 FR), l’exécution de Troy Davis commence.
À 23h08 (05h08 FR), Troy Anthony Davis décède.

© AFP/Jessica McGowanCe soir là, ce sont des millions de mains qui ont tenu par la pensée celles de Troy Davis. Par la pensée, ce sont certainement des millions personnes qui ont voulu tenir Troy Davis dans leur bras afin qu’il ne soit pas relâché vers une justice meurtrière. Avec son exécution, ce n’est pas seulement un symbole, mais une part entière de l’Humanité de chaque être humain qui a été meurtrie. À jamais, le combat contre la peine de mort a un nom, et un visage: celui de Troy Anthony Davis.

La veille de son exécution, Troy Davis a adressé un message à ses sympathisants du monde entier : « Le combat pour la justice ne s’arrête pas avec moi. Ce combat est pour tous les Troy Davis avant moi et tous ceux qui viendront après moi. Je me sens bien, je prie et je suis en paix. Mais je n’arrêterai de me battre qu’à mon dernier souffle.
Il y a tant d’autres Troy Davis. Ce combat pour abolir la peine de mort ne sera pas gagné ou perdu à travers moi, mais à travers notre force à avancer et à sauver chaque personne innocente emprisonnée à travers le monde. Nous devons démanteler ce système injuste, ville par ville, État par État, et pays par pays. (…) Ne cessez jamais le combat pour la justice, et nous gagnerons ! »

Membre et militant d’une organisation de défense et de promotion des droits humains depuis maintenant deux ans, j’ai toujours eu depuis le début connaissance du cas de Troy Davis. À chaque réunion, à chaque stand organisé en ville son affaire était continuellement présente, qu’il s’agisse des dernières informations qui nous parvenaient sur les conditions de sa détention ou de faire progresser le nombre de signatures de la pétition le concernant.
C’est pourquoi, en ce qui me concerne personnellement – dernier maillon de cette formidable chaine que forment les défenseurs des droits humains – son décès représente une première défaite, retentissante, du combat pour les droits fondamentaux, du respect de l’intégrité et de la dignité humaine dans toutes ses dimensions.
Mais malgré cela, malgré cette tristesse dont je n’arrive à me défaire dès que mes pensées convergent vers Troy Davis, je peux affirmer que la lutte ne s’arrête pas maintenant. Au contraire, elle continue de plus bel, pour tous les droits et libertés opprimés, afin de faire primer la vie et la dignité de chaque être humain.

I am Troy Davis, and I keep hope.

Je sais que nous finirons par y parvenir.

Définitivement, le 21 septembre ne sera plus seulement la journée internationale de la Paix. C’est dorénavant la journée de tous les Troy Davis de ce monde.





La Fondation Abbé Pierre lance la Mobilisation générale pour le logement.

24 09 2011

Parce que le logement nous concerne tous…

Chacun, à un moment de sa vie, est à la recherche d’un logement, pour soi et sa famille, pour ses enfants, pour ses parents. Or les prix de vente dans l’immobilier ont doublé et les loyers dans le parc privé ont augmenté de 50% en dix ans.

Le logement est désormais le premier poste de dépenses des ménages, qui y consacrent parfois jusqu’à la moitié de leurs ressources.

Certains sont plus affectés que d’autres, en particulier les 3,6 millions de personnes non ou mal logées. Mais au-delà, ce sont aujourd’hui près de 10 millions de nos concitoyens qui sont touchés de près ou de loin par la crise du logement. Cette situation a des conséquences sur le quotidien et peut conduire à d’importants sacrifices : santé, alimentation, loisirs… Derrière le problème du logement se cachent de nombreux autres problèmes.

… mobilisons-nous !

69% des Français jugent que l’action des pouvoirs publics n’est pas satisfaisante pour résoudre ces difficultés. À quelques mois des élections présidentielle et législatives, il faut agir !

Le 22 septembre 2011, la Fondation a convoqué la Mobilisation générale pour le logement destinée à rassembler les citoyens et exiger ainsi des candidats aux scrutins de l’année 2012 qu’ils s’engagent concrètement pour en finir avec la crise du logement.

Plus nous serons nombreux à nous mobiliser, plus nous pèserons auprès des candidats. Parce qu’il est une priorité pour les Français, le logement doit devenir une priorité pour leurs représentants politiques. Sans attendre.

L’objectif de la Fondation est d’atteindre 400 000 signatures !

Cliquez pour signer la pétition sur le site de la Mobilisation générale.

Cliquez pour télécharger le livret de la mobilisation.








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