Insécurité alimentaire: En finir avec le mythe de la surpopulation mondiale.

11 09 2011

925 millions de personnes sous-alimentées dans le monde ; 65 pour cent d’entre elles vivant dans seulement sept pays: l’Inde, la Chine, la République démocratique du Congo, le Bangladesh, l’Indonésie, le Pakistan et l’Ethiopie ; 30 milliards de dollars par an nécessaires pour éradiquer le fléau de la faim dans le monde…

Derrière la dure réalité de ces chiffres, certains pensent que la solution la plus efficace dans la lutte contre l’insécurité alimentaire serait de contrôler les naissances, ou plus exactement de limiter le nombre d’enfants par femme. En d’autres termes, la démographie galopante connue dans certaines régions du monde serait l’une des raisons – sinon la principale – de l’impossibilité de mettre fin aux famines. Et à mesure que cette démographie augmente, la difficulté pour nourrir l’humanité entière irait de même.
Sans véritablement entrer dans les détails, et sans avoir non plus la prétention d’apporter la solution au mal de la faim dans le monde, intéressons-nous ici à démontrer combien cette idée, sans être fondamentalement mauvaise, n’est pas une solution à court terme, pas plus qu’elle ne l’est sur le long terme. Explications.

Il n’est pas à démontrer que la croissance démographique la plus importante se trouve dans des pays empreints de la culture musulmane ou encore dans des régions de l’Afrique noire. Il semble par conséquent bien difficile pour commencer, même avec beaucoup de bonne volonté, de parvenir à convaincre les populations de ces régions à utiliser des moyens contraceptifs lorsque ceux-ci sont soit bannis par les croyances ou par le manque d’infrastructures et de suivis médicaux viables et efficaces. Par conséquent, une double difficulté se pose là: il est non seulement nécessaire de convaincre ces populations d’utiliser des contraceptifs, changer leur mentalité sur cette question, mais également encourager la communauté internationale à fournir en nombre suffisants ces contraceptifs tout en ne diminuant pas les dons de denrées alimentaires.

De plus, en quoi serait-il nécessaire, voire même fondamental de prôner un ralentissement des taux de natalité alors que beaucoup d’études sont formelles: si la tendance démographique actuelle est à l’augmentation, nous nous rapprochons de plus en plus du sommet avant que le monde tout entier ne connaisse une véritable chute de la démographie. C’est déjà le cas en Russie, où les taux de mortalité sont plus élevés que les taux de natalité. L’Europe également peine à son tour à ralentir la diminution des naissances, et même la Chine s’approche dangereusement de cette situation en raison de la politique de l’enfant unique.

Le contrôle de la démographie n’est pas également une solution dans le sens où elle peut s’avérer très dangereuse. En effet, dans des régions où une grande importance est apportée à la « descendance familiale », dans des cultures ou mentalités où il est encore considéré comme primordial d’avoir un enfant du sexe masculin, quelle serait l’explication des pro-diminution de la démographie lorsque des milliers de petites filles seront abandonnées ou tuées, comme cela s’est notamment produit en Chine ? Là encore, la solution du contrôle de la démographie s’oppose à un problème de mentalités qui demandent davantage de temps pour être changées que le problème de la faim n’en a besoin. Les questions d’eugénisme méritent également que l’on s’y intéresse, même si une telle politique a peu de chance d’être mise en place hors pays « ultra-développés ».

Enfin et surtout, une telle idée se heurte au fait, nous l’avons vu, qu’elle ne soit pas forcément en osmose avec certaines mentalités tandis qu’à l’inverse, il ne fait aucun doute pour beaucoup que les règles du marché économique-financier-bancaire-alimentaire mondial sont absolument immorales et nécessitent d’être réformées en urgence, et en profondeur. Un tel système prendrait par ailleurs beaucoup moins de temps à être refondé – il est déjà critiqué et remis en cause dans le monde entier, ce qui n’est pas le cas pour les naissances –, contrairement à une prise de conscience raisonnée sur un contrôle des naissances raisonnable qui prendrait certainement au bas mot une génération entière pour qu’il soit mis en place. Une refonte globale de notre système économique ne demanderait évidemment pas autant de temps… si tant est que l’on s’en donne les moyens, cela va de soi.

Et si malgré cela, nous sommes toujours pas d’accord sur la manière de juguler efficacement les famines, il reste encore possible de soutenir l’action du Programme Alimentaire Mondial, oeuvrant dans 73 pays, en effectuant un don.

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Contribuez à votre manière pour la lutte contre la faim dans le monde.

15 02 2011

L’insécurité alimentaire est un problème récurrent et croissant de ces deux derniers siècles, et il devient d’autant plus urgent que le nombre de personnes gravement sous-alimentées augmente régulièrement, et ce malgré une récente et enthousiasmante diminution. On se souvient encore en effet avec amertume de l’année 2009 où le cap du milliard d’affamés dans le monde avait été franchi.
Il est d’autant plus urgent d’agir aujourd’hui dans une optique de primauté du droit à l’alimentation et de maitrise du coût des denrées alimentaires – lesquelles battent encore actuellement des records – puisqu’un des huit objectifs du millénaire pour le développement prévoit de réduire de moitié de nombre de personnes souffrant de troubles de l’alimentation dans le monde. Définis en 2000 à l’initiative de l’ancien Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan, ces objectifs dits du millénaire doivent pouvoir être atteints en 2015, date limite à laquelle la campagne des Nations Unies devra prendre fin. Pourtant, force est de constater qu’en l’espace de 10 ans, et à 5 ans seulement de l’échéance finale, le nombre de personnes sous-alimentées n’a pas diminué d’un iota. Pire, si la FAO (Organisation des nations Unis pour l’Alimentation et l’Agriculture) estimait le nombre sous-alimentés à 840 millions de personnes durant la période 1998-2000, les dernières évaluations datant de septembre 2010 estiment que 925 millions de personnes souffrent de faim chronique.

Il est dès lors plus que temps d’agir, d’autant plus que divers moyens sont mis à la disposition de chacun, tant pour contribuer à la lutte proprement dite contre la sous-alimentation que pour alerter les Etats les plus puissants sur cette alarmante situation. Le premier de ces moyens, et certainement le plus classique d’entre tous est de contribuer financièrement à l’action d’une organisation humanitaire. Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) propose ainsi directement sur son site web que vous procédiez au don de quelques euros. Tout en vous informant que 20 centimes d’euros suffisent à remplir une tasse de purée, de riz ou de haricots, le PAM vous laisse également choisir dans quelle optique votre don – d’un montant de votre choix, même infime – devra être utilisé, qu”il s’agisse par exemple de venir en aide aux victimes du séisme en Haïti, à fournir des repas scolaires, ou encore à être utilisé pour les situations d’urgence.

Il est également possible d’apporter sa contribution à la lutte contre l’insécurité alimentaire en alertant les gouvernements les plus puissants du monde. Pour se faire, la FAO a lancé le 11 mai 2010 son projet 1 Billion Hungry qui consiste à faire pression sur les responsables politiques afin qu’ils agissent davantage dans ce combat que plusieurs organisations mènent déjà sans relâche (Lire à ce sujet Project 1 billion hungry: Signez la pétition pour éliminer la faim dans le monde) Si l’objectif initial était de recueillir 500 000 signatures avant septembre 2010 afin qu’elles soient remises à l’occasion du Sommet des États membres des Nations Unies à New York, cette pétition est toujours accessible et compte aujourd’hui plus de 3 millions de signatures. Elle constitue par conséquent à l’heure actuelle la plus grande vitrine de l’engagement des citoyens du monde investis et concernés par cet immense problème. Parallèlement, le Programme Alimentaire Mondial a également mis à disposition une pétition à l’échelle internationale afin que celle-ci soit signée par un milliard d’internautes, soit tout autant que de personnes affamées.

De façon toute aussi haletante, Action contre la Faim met en place chaque année depuis 2008 un projet qui a de quoi nous faire perdre haleine. Et pour cause, Action contre la Faim vous propose de courir à l’occasion du challenge interentreprises contre la faim. Le but est simple, l’entreprise participant à cette course reverse 15 € par kilomètre parcouru par chacun de ses salariés. À titre d’exemple, 1 800 coureurs en 2010 ont participé à cette initiative et ont permis de recueillir 353 310 €. Pour 2011, le challenge se tiendra à Paris sur le parvis de la Défense le 27 mai, ainsi qu’à Lyon le 26 juin dans le parc de Gerland. Courrez donc vite vous inscrire sur le site web dédié ouvert depuis le 1er février !

Enfin, et plus original, il est possible de lutter depuis chez vous contre l’insécurité alimentaire en répondant à des quiz élaborés par le PAM. Régulièrement, des quiz sur la thématique de la faim dans le monde sont en effet proposés et les réponses fournies par chaque participant permettent de fournir un repas à un enfant vivant dans un pays où le PAM assure une assistance. Vous pouvez actuellement tester vos connaissance sur la faim en Haïti et permettre ainsi qu’un enfant haïtien soit nourri. Par ailleurs, il vous est également possible de jouer à un jeu toujours développé par le Programme Alimentaire Mondial au travers duquel 10 grains de riz sont attribués au PAM pour chaque réponse que vous donnerez. Actif depuis 2007, FreeRice a ainsi permis que 87 millions de grains de riz soient donnés. Petite précision, 44 millions de grains de riz ont été récoltés dans le seul courant de l’année 2008, année notamment marquée par une crise alimentaire ponctuée par plusieurs émeutes de la faim dans le monde.

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Insécurité alimentaire: Le bilan de l’année 2010.

5 01 2011

Tandis que chaque nouvelle année ouvre la porte aux perspectives et autres buts atteindre au cours des mois à venir, cela donne également l’occasion d’établir un bilan des évènements et évolutions de ceux-ci au cours de l’année achevée.
En concordance avec la ligne éditoriale du blog, je vous propose donc pour commencer 2011 d’établir un bilan de l’insécurité alimentaire dans le monde, sujet plusieurs fois abordé sur le site, tant il m’est cher. Toutefois, malgré l’information recueuillie au cours de l’année 2010, ce bilan ne pourra être que bref, tant le sujet déborde de données, à l’image du nombre de personnes souffrant aujourd’hui de sous-nutrition.

Beaucoup de mauvaises nouvelles, d’abord et toujours en Afrique… :

L’année 2010 a notamment commencé tandis qu’Haïti se trouvait sous les décombres à la suite d’un séisme surmédiatisé (Lire à ce sujet l’article Haïti est-ce que tu vis [encore] ?) d’une magnitude de 7,0 sur l’echelle de Richter ayant causé le décès de plus de 225 000 personnes et faisant passer à l’état de sans-abris 1 million d’autres haïtiens. En conséquence, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) s’organise dès janvier pour mettre en place dans la capitale des centres de distribution de nourriture grâce auxquelles l’aide alimentaire à pu être distribuée à 2 millions d’haïtiens environ.
En parallèle, 2010 aurait également pu être désignée comme une année de crainte sans relâche d’une éventuelle catastrophe alimentaire au Niger. En raison d’une sécheresse doublée par l’instabilité des prix des denrées alimentaires, ainsi que par le manque cruel de récoltes, le PAM prévoit derechef d’intervenir auprès de 4,5 millions de nigériens, tandis que ses prévisions étaient moitié moindre pour la même année. Il est dès lors annoncé que près de 47 % de la population nigérienne est frappée par l’insécurité alimentaire. Redoutant d’être dépassées par le nombre toujours croissant de sous-alimentés, les ONG de tous horizons lancent un appel afin que 133 millions de dollars leur soient attribués dans le cadre de la lutte contre la faim au Niger tandis que 57 millions de dollars avaient déjà été récoltés. Au milieu de l’année 2010, il est estimé que 17 % des enfants agés de moins de cinq ans souffraient de malnutrition aigüe globale, tandis que ces chiffres étaient 42 % moins élevés pour 2009. Fort heureusement, dès novembre et grâce finalement à une bonne saison agro-pastorale, le pourcentage d’enfants sous-alimentés passe à 15,5 % bien que ce chiffre reste au-dessus du seuil d’urgence fixé à 15 %.
La région limitrophe du Niger a elle aussi connu une des années les plus difficiles. Durant 2010, plus de 10 millions de personnes sont touchées par la sous-nutrition chronique. Comme c’est le cas habituellement, la majorité de ces personnes sont des femmes et des enfants, ces derniers étant plus de 500 000 à avoir été pris en charge par les organisations de solidarité internationale dans toute la région du Sahel. Au Tchad, les victimes de la faim passent entre 2009 et 2010 à 61 % de la population locale. Au Mali, le gouvernement fait connaître quant à lui des besoins financiers s’élevant à plus de 130 millions de dollars afin de pouvoir lutter contre la famine. Dans le Sud-Soudan, ce sont entre 30 et 50 % des enfants qui souffrent de malnutrition.
Dans la corne de l’Afrique, en Somalie, alors que la situation humanitaire ne trouve aucune échappatoire, l’aide alimentaire distribuée par le PAM est soupçonnée d’être détournée au profit de trois hommes d’affaires locaux, ce que le PAM dément avec force tout en annonçant le non-renouvellement des contrats qui liait l’organisation avec ces trois somaliens. Concernant les chiffres de la faim, près de 43 % de la populationenviron 3,2 millions de personnes – dépendent de l’aide humanitaire des ONG présentes dans le pays. Une grave sécheresse a d’ailleurs sévit dans la région du Mudug, dans le centre du pays, touchant tant les personnes que les maigres cheptels qu’elles possèdent.
De l’autre coté de la rive, le Yémen alerte la même année les bailleurs de fond qu’une grave crise alimentaire guette le pays, de même en Irak où les autorités prévoient pour 2010 d’importer jusqu’à 80 % de ses besoins en blé et riz.

…Mais pas seulement, comme dans le reste du Monde:

Le milieu de l’année a également été animé par un sommet du G20 que beaucoup ont jugé inutile – notamment les ONG. En effet, beaucoup considèrent que ce sommet n’a servi qu’à formuler de nouvelles promesses qui ne seront encore et toujours pas tenues, ou bien que ces promesses reflètent une certaine ironie à peine dissimulée, à l’image du coût du sommet parfaitement identique à l’engagement pris par le Canada pour l’aide au développementsoit 1,1 milliard de dollars.
Le problème de la faim ne réside pas qu’en Afrique, puisqu’en 2010 le PAM intervient également en Europe de l’Est, au Kirghizistan, où 620 000 personnes bénéficient de son assistance.
Par ailleurs, le PAM dénonce au mois de novembre l’insécurité alimentaire persistante qui sévit auprès du tiers des habitants de Corée-du-Nord. En Mongolie, Action Contre la Faim vient en aide aux éleveursun tiers de la population vit de l’élevage – qui ont vu leurs cheptels décimés par un hiver et un été meurtriers pendant lesquels 8 millions de bêtes n’ont pas resisté.
Tandis qu’en 2010 la pluie manque en quantité au Sahel, celle-ci provoque en revanche des inondations meurtrières au Pakistan, où 20 millions de personnes sont touchées et placées en position d’extrême faiblesse alimentaire. Comble de malchance, ces innondations s’inscrivent dans la continuité d’une instabilité alimentaire croissante depuis 2003 touchant déjà la moitié de la population pakistanaise. L’hiver approchant à grand pas, les associations et autres organisations de solidarité internationale font connaître à la communauté mondiale leurs craintes quant au manque de fonds alors même que les taux de malnutrition restent élevés et s’accompagneront bientôt d’une augmentation des infections respiratoires dues au froid.  Bien que tardive, l’aide internationale est pourtant bien présente, telles que les 4 000 tonnes de farine de blé affrêtées par le gouvernement irakien ou encore les 90 millions de dollars reversés au PAM par les États-Unis.
De l’autre coté de la frontière, en Afghanistan, le PAM fait connaître son inquiétude relative à son financement à peine suffisant pour quelques mois, alors qu’il est d’ors et déjà prévu qu’il vienne en aide à 7,3 millions de personnes en 2011, année selon laquelle les prévisions sur la situation humanitaire ne sont faites que d’incertitudes.
Enfin, en raison des incendies dévastateurs en Russie, des inondations récentes en Australie et de la demande exponentielle de la Chine en maïs, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) a annoncé avec regret avoir observé en décembre l’augmentation du prix des denrées alimentaires. À titre d’exemple, le prix du blé et du soja a augmenté de 50 % en l’espace de quelques semaines, de même pour le sucre, à tel point que le prix actuel de ces denrées dépasse celui de juin 2008, période caractérisée par une multiplication des émeutes de la faim tout autour du globe.
Si l’année 2010 s’est donc bien caractérisée par une succession de doutes et une urgence constante qui n’est pas prête de faiblir en 2011, d’autres évènements doivent toutefois être soulignés, tant leur impact dans la sphère de l’insécurité alimentaire est important ou se prépare à l’être.

Enfin de très bonnes nouvelles:

La première d’entre elles et pas des moindres est certainement la mise en place d’une pétition de la FAO afin d’alerter les gouvernements contre le problème de la faim (Lire aussi l’article Project 1 billion hungry: Signez la pétition pour éliminer la faim dans le monde). Le but étant de recueillir 1 million de signatures sur Internet entre les mois de mai et septembre, ce sont au final plus de 3 200 000 signatures qui ont été reçues et remises lors du Sommet des États membres des Nations Unies à New York en septembre. Autant dire qu’il s’agit d’un véritable succès qui, même s’il n’a pas atteint son but ultime de contraindre la communauté internationale d’en faire davantage (30 milliards de dollars par an seraient nécessaires pour éradiquer le fléau de la faim, lire à ce sujet Le mal sans fin d’un Monde qui a faim), a néanmoins permis de sensibiliser une grande partie de la web-sphère avec cette pétition toujours en place et qui ne cesse de recueillir davantage de signatures chaque jour.
L’année 2010 a également connu une légère mais très significative baisse du nombre de sous-alimentés dans le monde. Alors qu’en 2010 la barre du milliard d’affamés avait été franchie – 1 023 milliard de personnes –, les chiffres en septembre 2010 révèlent que 925 millions souffrent de la faim chronique, soit une baisse de près de 100 millions de personnes par rapport à l’année précédente. Dans le détail, ce sont 80 millions de personnes en Asie qui ne sont dorénavant plus concernées par l’insécurité alimentaire, et 12 millions de personnes en Afrique Sub-Saharienne. Mais l’avenir reste très sombre, car malgré les Objectifs du Millénaire dont le premier d’entre eux serait de ramener le nombre de personnes sous-alimentées sous la barre des 500 millions avant 2015, d’énormes doutes subsistent quant à la réelle volonté des pays riches à réaliser cet objectif connu depuis dix ans.
Lors de sommet de Cancun qui s’est tenu en décembre dernier et dédié à la lutte contre les changements climatiques, un partenariat extraordinaire a pu se mettre en place. En effet, le PAM et Oxfam ont annoncé accorder leurs moyens afin d’apporter assistance sur cinq ans aux paysans pauvres de la planète pour protéger leurs cultures et récoltes ou de réduire l’impact du changement climatique.
Pour finir, soulignons l’avancée significative du projet de « muraille verte » dans le Sahel, dont l’objectif est que soit réalisée une plantation d’arbres sur 7 000 kilomètres du Sénégal à Djibouti afin de réduire l’érosion des sols et permettre leur restructuration, inciter à la restauration, la conservation et la valorisation de la biodiversité végétale et animale, et surtout parvenir à l’amélioration du niveau de vie et de la santé tout en permettant la maitrise des ressources en eau.

 

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Le Tiers Monde malade, ou quand la maladie favorise la pauvreté.

14 07 2010

Le Tiers-Monde, ensemble de pays en développement et dont le poids sur la scène internationale n’est que marginal, souffre également de pathologies inhérentes à sa situation, comme notamment l’impossibilité de faire face efficacement et durablement à certaines maladies.
Le problème est d’autant plus grave que pour beaucoup d’entre elles, elles ont été quasiment éradiquées ou ne subsistent qu’à des niveaux extrêmement faibles dans les pays développés, et dans lesquels sont implantées les plus importantes industries pharmaceutiques, ces dernières gardant jalousement leurs brevets médicaux. Ne pouvant avoir suffisamment accès aux soins, ces pays de seconde zone trouvent ainsi dans certaines maladies les causes majeures de leur pauvreté puisqu’elles sont autant un frein au développement économique qu’humain. Voyons ensemble de quelles maladies il s’agit, à travers l’exemple de six d’entre elles.

- Le paludisme:
Le paludisme, également désigné par le terme de malaria, est une maladie infectieuse transmise par un moustique principalement dans les zones tropicales du globe. Elle est la maladie parasitaire la plus répandue dans le monde et 80 % des cas enregistrés sont répertoriés en Afrique subsaharienne.
Chaque année, plusieurs centaines de millions de personnes sont touchées par cette maladie contaminante du sang, et une à trois millions d’entre elles (soit une personne toutes les 30 secondes !) en meurent faute de soins appropriés ou d’accès à des établissements traitant la maladie.
Les symptômes du paludisme sont caractérisés par une fatigue généralisée, une perte d’appétit, des vertiges, des douleurs musculaires et des troubles digestifs (vomissements, diarrhée…). Dans les cas les plus graves, le paludisme peut entrainer le coma et la mort en quelques jours voire quelques heures s’il n’est pas traité. Il n’existe qu’un seul traitement véritablement efficace: les ACT, “Artemisinin-based combination therapy“, autrement dit des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine, qui sont un traitement recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé mais dont le prix reste encore élevé. Des recherches en vue de traitements plus efficaces et moins chers, ainsi que des vaccins sont en cours.

Le paludisme dans le monde

- Le choléra:
Il s’agit d’une infection intestinale aiguë et contagieuse due à une bactérie, et qui se caractérise par des diarrhées brutales et très abondantes. Ces diarrhées foudroyantes peuvent entraîner une déshydratation sévère et une insuffisance rénale mortelle. Dans plus de la moitié des cas et en l’absence de traitement (de quelques heures à trois jours) la maladie est fatale.
Le choléra se transmet par voie directe fécale-orale ou par l’ingestion d’eau et d’aliments contaminés. Présente essentiellement dans des zones telles que les les estuaires ou dans les eaux saumâtres (lieux où l’hygiène et l’assainissement de l’eau sont insuffisants), de récentes études indiquent que le réchauffement climatique pourrait créer un environnement favorable aux germes de la maladie et augmenter irrémédiablement leur fréquence dans les zones vulnérables.
Aujourd’hui, c’est en Afrique que le choléra est le plus préoccupante et touche essentiellement les enfants malnutris et les porteurs du virus du SIDA. Divers vaccins existent, mais leur efficacité n’est pas parfaite puisqu’ils protègent jusqu’à 90% des gens vaccinés pour une durée de six mois à un an. Le plus grand obstacle réside également dans le prix de ces vaccins dont la dose coute environ 20 dollars (trois milliards de personnes vivent actuellement avec moins de deux dollars par jour). Toutefois, des recherches portent actuellement sur un nouveau vaccin moins cher, et dont les résultats seraient d’ors et déjà prometteurs.

Le choléra dans le monde

- La tuberculose:
La tuberculose est une maladie infectieuse et transmissible qui tue aujourd’hui près de deux millions de personnes chaque année dans le monde.
Il existe plusieurs types de tuberculose (osseuse, rénale, intestinale, génitale…) mais la tuberculose pulmonaire reste la plus fréquente et la plus répandue. De plus, la maladie peut à partir des poumons se diffuser dans tout l’organisme, augmentant ainsi les risques de décès.
Les symptômes sont décrits par de la fièvre, une toux, un amaigrissement de 5 à 10 kg qui apparait en quelques mois. Le développement de la maladie est encouragé par des facteurs tels que la malnutrition, la toxicomanie par voie veineuse ou encore l’absence de domicile fixe.
Le traitement est d’une durée de six mois à quoi s’ajoute deux mois de quadrithérapie antibiotique. Précisons qu’un traitement prolongé reste nécessaire pour guérir de la maladie, ce qui est généralement impossible dans certaines régions rurales du monde où aucun établissement médical n’est disponible.

La tuberculose dans le monde

- L’hépatite B:
L’hépatite B est une hépatite virale entrainant une inflammation du foie. Il s’agit d’une des maladies les plus fréquentes dans le monde puisqu’il est estimé qu’environ deux milliards de personnes sont infectées.
La transmission du virus se fait lors de rapports sexuels, par des seringues contaminées de toxicomanes, des transfusions sanguines à risques, ou encore lors de l’accouchement. Les symptômes de la maladie résident dans un jaunissement de la peau et des troubles digestifs avec nausées et vomissements et peuvent entrainer une cirrhose ou même encore un cancer du foie.
Un vaccin existe pour se protéger de la maladie. Toutefois, il n’existe aucun médicament permettant d’éliminer l’hépatite B lorsqu’une personne est déjà infectée. Seuls certains traitements parviennent à éviter l’évolution de la maladie vers une cirrhose ou un cancer.

L'hépatite B dans le monde

- Le kwashiorkor:
Le kwashiorkor est un syndrome de malnutrition caractérisé par une carence très importante en protéine. Il touche les enfants âgés de 18 mois à trois ans suite à un sevrage précoce qui passent à une alimentation trop pauvre sinon absente en protéines. En effet, dans les pays touchés par ce syndrome, les enfants sont alimentés par des bouillie de céréales comme le manioc, le mil ou le maïs. Ces repas sont évidemment insuffisamment riches en protéine pour ces enfants dont les besoins protéinaires sont importants. Actuellement, des millions d’enfants sont atteint de kwashiorkor, essentiellement en Afrique.
Les symptômes visibles de la maladie sont pêle-mêle une croissance retardée ou arrêtée, un œdème de l’abdomen (gros ventre), une tête et des pieds qui paraissent plus volumineux, un amaigrissement, des cheveux qui s’éclaircissent et la peau qui rougit, des troubles digestifs comme des diarrhées ou des gastro-entérites mais également des troubles pouvant être mentaux. À un stade plus avancé, les fonctions vitales sont inévitablement atteintes, entraînant ainsi des états de choc, le coma et la mort.
Cette maladie persiste principalement dans des pays pauvres ou en voie de développement, où les populations sont sous-alimentées comme en Afrique (région la plus touchée), mais aussi en Amérique du Sud ou en Inde. Il n’est pas rare non plus que des cas soient répertoriés en Corée du Nord. Dans certaines de ces régions, le kwashiorkor est responsable de la mort de près de 30 % des enfants de moins de 5 ans.
Fort heureusement, il est possible de soigner les enfants atteints de cette maladie, mais uniquement si ce traitement est effectué à temps par de petites rations hyperglucidiques régulières, et progressivement enrichies en protéines. L’enfant est alors considéré comme guéri lorsque sa masse corporelle atteint 85 % de la normale. En revanche, en cas de traitement tardif, même si l’enfant retrouve une bonne santé, des séquelles restent très importantes, tant sur le plan physique (taille réduite) que mental (retard intellectuel). Si le traitement survient trop tardivement, la mort de l’enfant est inévitable.

La sous-alimentation dans le monde

- Le sida:
Le SIDA, ou syndrome de l’immunodéficience acquise est certainement à ce jour la maladie la plus connue et la plus médiatisée, certainement en raison du fait qu’elle touche à la fois les pays les plus pauvres mais aussi les plus riches.
Le virus du SIDA agit en détruisant les cellules du système immunitaire jusqu’à entrainer la mort de la personne des suites de maladies opportunistes.
Il n’existe actuellement aucun vaccin, seuls des traitements antiviraux sont disponibles mais ne permettent pas d’en guérir puisqu’ils ne font que ralentir la prolifération du virus dans l’organisme.
Sans surprise, ces traitements retardant sont très coûteux, réduisant ainsi les facilités d’accès dans les pays en développement, à tel point qu’aujourd’hui, plus de 95 % des patients ne bénéficient d’aucun de ces traitements.

Le sida dans le monde

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Project 1 billion hungry: Signez la pétition pour éliminer la faim dans le monde.

31 05 2010

La FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) a lancé depuis le 11 mai 2010 son projet 1 Billion Hungry. Celui-ci consiste à faire pression sur les responsables politiques pour éliminer la faim qui touche à ce jour plus d’un milliard de personnes dans le Monde.


Tous ensemble, nous pouvons faire basculer les choses, inverser cette tendance qui affame plus d’un milliard de personnes. C’est pourquoi la FAO demande aux citoyens de la planète toute entière d’apporter leur signature avant septembre 2010, date à laquelle elles seront remises à l’occasion du Sommet des États membres des Nations Unies à New York, destiné à faire le point sur les progrès réalisés en vue de la réussite des Objectifs du Millénaire pour le Développement fixés en 2001. 500 000 signatures sont nécessaires, et près de 98000 signatures ont d’ors et déjà été récoltées.

Aux rythmes actuels de réduction de la faim, l’Objectif du Millénaire pour le Développement consistant à réduire de moitié le pourcentage d’affamés d’ici 2015 ne pourra en aucun cas être atteint. De 850 millions de personnes affamées dans le monde en 2008, nous sommes passés à 1,02 milliards en 2009. Pourtant, en l’état actuel des moyens de production agricoles, la planète pourrait nourrir sans problème douze milliards d’êtres humains alors que nous n’en sommes que la moitié… Si cela vous révolte, vous aussi signez la pétition et incitez à l’action, où que vous soyez en partageant ce lien et en invitant votre entourage à se mobiliser en important sa signature.

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1 BILLION HUNGRY

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Beaucoup ont déjà signé. Soyez le prochain.

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