Affaire Chebeya: De la nécessité d’appliquer une justice digne du combat du militant pour les droits humains.

15 04 2011

Quelle n’a pas été ma surprise ce matin en lisant ces premières phrases sur le site web de RFI: “Le tribunal militaire de Kinshasa a décidé de requérir la peine de mort contre cinq des huit policiers jugés pour l’assassinat en juin 2010 du militant des droits de l’homme Floribert Chebeya.” Horreur et consternation.

Floribert Chebeya

Horreur, puisque ceci nous rappelle que la peine de mort est toujours existante dans le droit pénal de la République Démocratique du Congo, ou du moins susceptible d’être appliquée et que la majorité des peines prononcées l’ont justement été par des tribunaux militaires – principalement à l’encontre de civils –, comme le signale Amnesty International dans son dernier rapport sur la peine de mort dans le monde. Pourtant, ce n’est pas faute pour ce pays d’Afrique centrale d’avoir tenté de se rapprocher de l’abolition de cette pratique. À la fin du mois de novembre 2010, une proposition de loi pour l’abolition de la peine de mort avait déjà été soumise par deux députés à l’Assemblée nationale avant d’être finalement rejetée par la majorité des parlementaires, lesquels ont jugé bon de qualifier la situation du pays comme étant encore trop instable – en raison des conflits internes ayant encore lieu – pour procéder à un tel changement dans le droit pénal congolais.

Consternation également, puisque je doute qu’une telle décision soit judicieuse, alors qu’il s’agit de statuer sur l’assassinat du plus éminent défenseur des droits humains de RDC. Pas sûr en effet que Floribert Chebeya, celui que l’on surnommait volontiers la “Voix des sans-voix” en raison du combat qu’il a longtemps mené au nom de la liberté politique et contre les persécutions des opposants – de Mobutu à Joseph Kabila en passant par le père de ce dernier, Laurent Désiré Kabila – aurait accepté une telle méthode dans l’application de la justice, même pour condamner les pires crimes. Rendre justice à cet homme, ne serait-ce pas plutôt appliquer une justice éloignée des méthodes d’un autre âge et respectant les principes de respect envers la dignité humaine ?

Certes, il ne s’agit toutefois à ce stade que des réquisitions du Ministère public. Les avocats de la défense disposent en effet à cette étape de la procédure de dix jours supplémentaires afin de préparer leurs plaidoiries. Mais quoi qu’on en dise, cela place malgré tout sous le feu des projecteurs un volet sombre du droit pénal congolais et qui résiste encore à toute évolution. Espérons toutefois que des ONG de défense et de promotion des droits humains feront raisonner leur voix en l’honneur de Floribert Chebeya s’il advenait que ces peines soient confirmées par le tribunal militaire de Kinshasa. Même disparue, ce n’est en effet pas une raison pour que la voix des sans voix ne soit définitivement plus écoutée.





L’intervention en Libye et ses critiques: Pourquoi il faut savoir raison garder.

22 03 2011

Depuis le début de la crise libyenne, les critiques fusent de toute part. D’abord visant et condamnant les exactions des troupes loyalistes de Mouammar Kadhafi, ces critiques se sont progressivement calmées à mesure que des Etats ont fait entendre – bien que tardivement – de plus en plus fortement leur voix afin que le leader libyen s’attache à ne pas recourir à la force pour mater les révoltes secouant le pays.
Un nouveau pas à été franchi lorsque le Conseil de Sécurité de l’ONU a autorisé que soit menée une action par la force visant à protéger les civils libyens menacés par l’avancée des troupes kadhafistes et que soit mis en place une zone d’exclusion aérienne afin que cessent de voler les avions de l’armée libyenne, utilisés à des fins de bombardement. Aujourd’hui, toujours plus d’Etats sonnent le tocsin afin de dénoncer une action militarisée dépassant les limites pour lesquelles elle a été mise en place, tout comme l’on entend régulièrement des propos faisant état d’ingérence et de révolte organisée depuis le début afin de s’emparer du pétrole libyen. Voici ma vision des choses.

Une responsabilité internationale prévue dans les traités.

Intéressons-nous d’abord à ce que prévoient les textes internationaux relatifs aux conflits armés. Dans le cadre du droit international humanitaire prévu par les Conventions de Genève, il est prévu que soient protégées les personnes ne prenant pas part ou plus part aux hostilités contre toute violence à leur encontre. Il en va ainsi des civils, mais également des soldats ou insurgés désarmés. De plus, cette protection implique également que soient interdits « les actes ou menaces de violence dont le but principal est de répandre la terreur parmi la population civile », comme le prévoit l’article 51 du premier protocole additionnel des Conventions de Genève.
Il est également indiqué que les Etats parties à ces Conventions dites de Genève sont tenus de les respecter mais également de les faire respecter. Par conséquent, si un Etat partie ne remplit pas ses obligations, les autres Etats ayant ratifié ces conventions ont la responsabilité de prendre des mesures, lesquelles peuvent s’inscrire dans le cadre des Nations Unies. Insistons bien sur ce point: En devenant partie aux conventions de Genève, les État sont tenus de respecter et de faire respecter ces conventions, et ce « en toutes circonstances ».
À cela s’ajoute le statut de la Cour Pénale Internationale, lequel considère que les crimes internationaux doivent être vus comme étant « les crimes les plus graves qui touchent l’ensemble de la Communauté internationale ». Par conséquent, il serait du devoir de la Communauté Internationale d’agir tant par la prévention que par la sanction en cas de crime de guerre ou de crime contre l’Humanité notamment. Le rapport de la Commission Internationale de l’intervention et de la souveraineté des Etats sur la responsabilité de protéger (2001) affirme même que « quand une population souffre gravement d’une guerre civile, d’une insurrection, de la répression exercée par l’Etat ou de l’échec de ses politiques, et lorsque l’Etat n’est pas disposé ou apte à mettre un terme à ces souffrances ou à les éviter, la responsabilité internationale de protéger prend le pas sur le principe de non-ingérence ».
Par suite logique, dans un contexte de violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire, le Conseil de Sécurité de l’ONU est dès lors habilité à intervenir sur la base du Chapitre VII de la Charte des Nations-Unies relative à l’Action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d’acte d’agression –, de deux manières différentes: par la création de missions d’enquête ou par l’engagement d’une action coercitive laquelle peut aller jusqu’à l’emploi de la force armée.

L’ingérence justifiée dans les faits.

Le corps d’un adolescent africain décédé, incorporé dans les troupes de M. Kadhafi.

Les faits suffisent à eux-mêmes pour justifier les réactions d’une partie de la communauté internationale: répressions croissantes des manifestations, incitation par le leader libyen de mater les révoltes, bombardements aériens, emploi de mercenaires, accueil de troupes de renfort en provenance du Tchad – armée qui comporte notamment des enfants parmi les soldats engagés dans ses rangs. Plusieurs de ces faits relèvent du crime de guerre, comme l’homicide intentionnel de combattants blessés ou de civils, ou encore le fait de soumettre la population civile à une attaque et l’utilisation d’enfants-soldats. De plus, alors qu’il a été relevé que des mercenaires avaient été engagés sur ordre de M. Kadhafi, ceci est prohibé à la fois par une Convention de l’OUA sur l’élimination du mercenariat en Afrique (1977) mais également par une Convention des Nations Unies (1989) qui indiquent que le recrutement, l’utilisation, le financement et l’instruction de personnes qui s’enrôlent volontairement et à titre individuel dans les unités combattantes d’un Etat dont elles n’en sont pas les ressortissantes et motivées par l’appât du gain promis est formellement interdit.
Rappelons également les menaces répétées du leader libyen dans ses allocutions télévisées à l’encontre d’un groupe tout entier du pays, et démontrant la folie mégalomane et sanguinaire par laquelle est atteinte celui qui se veut comme le père de cette nation. Alors que l’une des règles fondamentales du Droit International Humanitaire indique que le but de la guerre n’est pas l’anéantissement physique de l’adversaire, et que les combattants mis hors de combat ainsi que les personnes qui ne participent pas directement aux hostilités ne doivent pas être l’objet d’attaques, Mouammar Kadhafi a démontré à plusieurs reprises comme il entendait effectuer une « purge » dans son propre pays. Le danger que représente ses troupes a même été tel que les équipes du Comité International de la Croix Rouge se sont retrouvées dans l’obligation de quitter au moins temporairement la ville de Benghazi.

Campagne d'Amnesty International - "Ignorez-nous, ignorez les droits humains"

Ainsi, alors que les exactions menées au nom de Mouammar Kadhafi relèvent sans le moindre doute de la Cour Pénale Internationale, comment s’opposer à une intervention internationale coordonnée sous prétexte qu’il convient de condamner toute ingérence ? Si au niveau national tout le monde s’accorde pour contacter les autorités compétentes afin de prévenir du danger une femme victime de violences conjugales, pour protéger des enfants en situation de maltraitance ou plus simplement pour qu’une personne agressée au bas de votre rue reçoive une assistance, pourquoi ce même principe ne pourrait-il pas s’appliquer au niveau international, quand ce sont des peuples qui sont en situation de danger, sous prétexte qu’il convient de ne pas interférer avec les affaires intérieures de l’Etat ? Ne dit-on pas régulièrement que rester silencieux au sujet d’une situation dangereuse que vit une personne c’est devenir complice du calvaire qu’elle endure ?
Dans la situation actuelle que vit la Libye et son peuple, il serait à mon avis plus convenable d’observer avec retenue l’avancée de l’intervention au fil des heures tout en maintenant une certaine pression sur les pays impliqués, plutôt que de critiquer à tout va alors même qu’aucune conclusion ne peut encore être véritablement établie. Faut-il encore préciser que s’il s’agissait d’une révolte suivie d’une intervention internationale dans un contexte démocratique il conviendrait d’affirmer qu’il n’y a pas lieu d’intervenir, que c’est au peuple tout entier d’accepter le jeu de la démocratie et à s’organiser en vue les prochaines élections ? En l’état actuel des choses, aucun élément démocratique n’est à relever, puisqu’il s’agit d’une situation dans un pays en réalité proche du despotisme, avec un leader à la fortune inestimable et au pouvoir depuis plus de 40 années consécutives et dont les moeurs sont les plus discutables. Faudrait-il encore et toujours fermer les yeux, laisser courir continuellement les inégalités et les exactions envers tout un peuple alors que nous avons la possibilité et le devoir de leur porter assistance ?

L’intervention internationale jusqu’à présent.

Campagne de Reporters Sans Frontières pour la Liberté de la presse

La principale mesure de la résolution 1973 prise par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies concerne la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne – qui s’accompagne de la destruction des défenses anti-aériennes – afin que les populations civiles soient protégées contre tout bombardement en provenance de l’aviation militaire libyenne. Des voix ont pourtant commencé à s’élever afin de condamner des frappes internationales qui s’inscriraient bien au delà du périmètre délimité par la résolution 1973. Si la destruction des défenses anti-aériennes est bien liée à la zone d’exclusion aérienne, il est nécessaire de préciser que la destruction des blindés à proximité des villes rebelles et des artilleries dans les zones pro-Kadhafi fait également partie de la défense des civils. Le texte est clair: « Le Conseil de sécurité (…) autorise les États Membres qui ont adressé au Secrétaire général une notification à cet effet et agissent à titre national ou dans le cadre d’organismes ou d’arrangements régionaux et en coopération avec le Secrétaire général, à prendre toutes mesures nécessaires (…) pour protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaque en Jamahiriya arabe libyenne, y compris Benghazi ». Ce qui, par conséquent, permet d’affirmer que la résolution 1973 des Nations-Unies n’est pas dépassée.
Toujours en référence au Droit International Humanitaire, celui-ci prohibe les opérations militaires visant les biens et dont la destruction totale ou partielle n’apportent pas un avantage militaire précis. Cette règle est par ailleurs liées à celle qui interdit que soit porté atteinte aux biens indispensables à la survie, comme les denrées alimentaires, les récoltes, le bétail, les installations d’eau potable et les ouvrages d’irrigation. Force est donc de constater qu’à l’heure actuelle les frappes se sont concentrées sur des infrastructures relatives à l’organisation militaire du pouvoir libyen et que, même si le doute reste légitime, il n’a pas été porté atteinte aux biens relatifs à la survie des populations civiles.
Enfin, rappelons que la résolution 1973 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies prévoit également qu’est exclu « le déploiement d’une force d’occupation étrangère sous quelque forme que ce soit et sur n’importe quelle partie du territoire libyen », ce qui est jusqu’à présent totalement respecté.

S’il reste donc important de veiller à ce que cette résolution soit scrupuleusement appliquée, afin de protéger tant les intérêts que les vies des populations civiles libyennes, il est pour l’heure véritablement déplacé de crier à l’invasion occidentale, à la concrétisation d’un nouveau plan visant à s’emparer des richesses – notamment pétrolifères – libyennes. Il serait en effet bien plus raisonné d’appeler de tous ses voeux à ce que la crise libyenne trouve une issue favorable aux revendications du peuple libyen, lesquelles s’inscrivent dans le contexte d’un désir grandissant de démocratisation du monde arabe.
Bien que je sois moi-même un anti-militariste confirmé, je ne puis que soutenir une action coordonnée visant à protéger les populations civiles. Seul l’avenir – proche – aura la possibilité de nous confirmer si cela a été respecté à la lettre. Dans le cas contraire, il sera toujours temps de faire gronder ces revendications.

EDIT: Certains articles sur Internet font état d’une violation de l’article 35 de la Constitution de la Vème République, lequel prévoit que toute « déclaration de guerre [doit être] autorisée par le Parlement ».
Si le terme « déclaration de guerre » reste discutable, il est néanmoins nécessaire de lire également l’article 55 de ladite Constitution qui dispose que « Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l’autre partie ».

Ainsi – au risque de le répéter –, il est prévu que les Etats parties aux Conventions de Genève prennent des mesures s’inscrivant dans le cadre des Nations-Unies si un Etat partie ne remplit pas ses obligations. Signalons à ce titre que la Libye a ratifié en 1956 et en 1978 les Conventions de Genève et le Premier Protocole qui s’y rattache – lesquels ont valeur de traités.
Il est dès lors possible pour le Conseil de Sécurité de l’ONU d’intervenir à son tour sur la base du Chapitre VII de la Charte des Nations-Unies – un traité international – en engageant notamment une action coercitive pouvant aller jusqu’à l’emploi de la force armée.

Par conséquent, si le Gouvernement français et son armée agissent dans le cadre légal des traités cités plus haut, lesquels ont une valeur supérieure à la Constitution, l’intervention en Libye ne peut être contestée sur le fondement de l’article 35 de la Constitution de la Vème République.

.

LIRE AUSSI:

Quand la Libye saigne, la France fait semblant de ne pas le voir.





Quand la Libye saigne, la France fait semblant de ne pas le voir.

25 02 2011

Ce matin, alors que je parcourais l’actualité comme à mon habitude lors de mon temps libre, je suis tombé sur un article très court et pourtant très bien pensé publié sur le site web du journal Libération. Il s’agissait en réalité véritablement plus d’une réflexion critique de la part d’un journaliste plutôt que d’un article de presse, mais toujours est-il que cela portait sur les révolutions dans le monde arabe face à l’autisme européen. Intitulé Valeurs, cette réflexion de François Sergent, directeur-adjoint de la rédaction de Libération illustre également parfaitement mon propre état d’esprit sur la question. Lisez plutôt:

“ Un nouveau monde naît à la frontière sud de l’Europe. Un bouleversement de toutes les idées reçues sur le monde arabo-musulman qui, de Tripoli à Bahreïn, aspire à la liberté, à la démocratie et à un mieux vivre. Les pays de la Méditerranée rejettent de toutes leurs forces vives les dictatures, les compromissions et la corruption. Que dit l’Europe, que dit la France face à ce changement prodigieux, comparable à la chute de l’URSS ? Rien ou presque. Les ministres de l’Intérieur s’inquiètent des réfugiés. Les ministres de l’Economie craignent une flambée du pétrole. Les diplomates, surtout en France avec leur ministre tricarde, règlent leurs petits comptes. C’est peu dire que les dirigeants européens n’ont pas pris la mesure des événements.
Qu’attend l’Europe pour se porter du côté des peuples du Printemps arabe ? Qu’attend l’Europe pour aider les pays comme l’Egypte et la Tunisie à se reconstruire après des décennies de tyrannie ? Pourquoi les Marocains, les Saoudiens ou les Bahreïnis seraient-ils condamnés à vivre sous des régimes féodaux et monarchiques ? Pourquoi les Algériens devraient-ils endurer une junte militaire prédatrice ? Pourquoi les Libyens devraient-ils être gouvernés par un malade mental ? L’Europe, si elle veut être conforme à ses valeurs, doit être du côté des peuples qui demandent justice et développement.


Les révolutions sont désordonnées. Elles déstabilisent un monde que l’Occident croyait immuable. Mais, en se rattachant à un ordre ancien et déjà déchu, les pays du Nord ne font que creuser un abîme entre eux et les peuples qui veulent vivre libres.”

Pourquoi avoir souhaité exceptionnellement reprendre un article de presse et le diffuser sur ce blog ? Peut-être s’agit-il d’une façon pour moi de contrer cet inconscient collectif franco-français qui croit défendre certaines valeurs européennes voire purement françaises sur différents sujets sans pour autant les remettre en questions de quelque manière qu’il soit. Peut-être que je cherche à remettre en question ce modèle et ces valeurs que beaucoup croient défendre et déposer sur un piédestal alors que ce même modèle gagnerait davantage en crédit s’il était relativisé, et ce à de multiples égards.

Et c’est là que cet article de presse que je partage ici joue un rôle important. Si la tendance actuelle occidentale – et donc française – est bien de se défendre contre l’obscurantisme, s’il s’agit de protéger la liberté sous toutes ses formes face à des mouvances et des régimes désignés comme liberticides et oppressifs, et s’il est surtout question de promouvoir les valeurs et les idées françaises en France et dans le Monde, où sont donc à l’heure actuelle nos intellectuels favoris ou détestés, nos gouvernants et représentants étatiques, où sont nos célébrités pour s’exprimer avec franchise et honnêteté sur la question de ce que l’on nomme comme des “révolutions de la Liberté” dans le monde arabe ?

Pourquoi si peu de déclarations, si peu de réactions voire d’émotions – ou du moins tant de temps pour réagir – alors que de véritables crimes de guerre ont actuellement cours en Libye ? Traqués, fusillés, bombardés, les mots manquent pour désigner tout ce que subit actuellement cette part de la population libyenne qui a soif de liberté et qui s’oppose avec un courage que tout la communauté internationale se doit d’acclamer.

Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi le 25 juillet 2007 à Tripoli

Pourquoi n’y a-t-il pas non-plus de réactions plus équivoques que cela de la part de nos intellectuels, des célébrités engagées, des médias pour dénoncer le commerce d’armement de la France avec ces Etats littéralement liberticides ? Tunisie, Algérie, Libye… J’ose à cet égard faire un rapprochement avec le soutien ouvertement affirmé du gouvernement français envers Idriss Deby, président du Tchad, lorsqu’en février 2008 l’armée française repousse un assaut rebelle sur N’Djaména sans demander la moindre contrepartie. Le régime d’Idriss Débyau pouvoir depuis 20 ans – a pourtant causé à ce jour plus de 25 000 morts et est responsable de la disparition de plusieurs opposants. Depuis plusieurs jours, c’est ce même Idriss Déby qui envoie des troupes de sa propre armée afin de soutenir le régime de Mouammar Kadhafi et tirer sur les manifestants.
Pourquoi le chef de l’Etat français fait-il davantage entendre son courroux – aussi légitime soit-il – envers un Etat tel que l’Iran lorsque le gouvernement ordonne de réprimer toute manifestation ou contestation, et semble si peu réactif lorsqu’il s’agit d’Etat tels que la Tunisie, l’Egypte, l’Algérie ou la Libye ? Ne faudrait-il en fait réagir qu’envers les Etats où il n’est pas possible d’y développer son business – constitué de ventes d’armement et de centrales nucléaires ?

L’actuel et seul véritable intérêt de l’Union Européenne et de ses Etats membres ne semble se porter que sur la possible augmentation incontrôlée et/ou incontrôlable d’immigrants en provenance du Maghreb. Toutefois, exit les préoccupations humanitaires (lorsqu’il s’agit de civils fuyant un conflit armé, comme en Libye) ou simplement les inquiétudes de l’ordre du sentiment humain. Non, la crainte des Etats membres de l’Union Européenne se porte uniquement sur la peur de l’envahissement, de l’impossibilité de contrôler et renvoyer en masse dans l’urgence des personnes qualifiées d’indésirables. Alors qu’en Libye Mouammar Kadhafi ordonne de purger son pays et de faire couler le sang, c’est cette population visée que l’on désigne en Europe de persona non grata.

Intervention des forces de police françaises en Septembre 2009 dans la "Jungle de Calais"

Le but de ma réflexion n’est pas de faire de bons sentiments sans véritable analyse approfondie. Mais j’ai du mal à retenir mon malaise lorsque j’entends des expressions comme « La France, patrie des droits de l’Homme, « il faut défendre et promouvoir nos valeurs », « la démocratie doit être protégée et défendue », ou encore notre sacro-sainte devise nationale « Liberté, Égalité, Fraternité ». N’ayons crainte de l’affirmer: ces mots et ces phrases n’ont plus aucun sens aujourd’hui. Ils comportent même des relents de dégoût lorsque je lis avec stupeur qu’alors même que la France rapatrie ses ressortissants résidants en Libye, celle-ci tente par la même occasion d’y refouler résident étranger. Comme l’écrit l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé) dans son communiqué, « la Libye serait donc plus sûre pour les étrangers que pour les ressortissants français ». Comment ne pas y voir une résurgence de ce que j’ose appeler le « syndrome de Calais », lorsqu’en 2009 le gouvernement avait donné l’ordre de raser la jungle de Calais et de reconduire manu militari et sans aucun état d’âme les afghans dans leur pays d’origine qui s’y trouvaient ? Ce n’est pas faute pourtant me semble-t-il, de connaitre la situation de l’Afghanistan, lorsque l’on pratique soi-même la guerre à cet endroit depuis plusieurs années.

N’est-il pas scandaleux également qu’il faille que les ONG rappellent de façon continuelle l’urgence dont il est actuellement question dans le monde arabe et particulièrement en Libye ? N’est-il pas outrant de voir tant d’immobilisme face à la détresse éprouvée par les populations vivant dans des Etats se situant pourtant dans le périmètre d’influence de l’Europe ?

Où donc est la France des Libertés ? Où se cache cette France protectrice de l’Égalité, modèle de Fraternité ? Pourquoi la France des Droits Humains est-elle autant mise à mal ? Où se trouve le combat de cette valeureuse France contre les oppresseurs ? Pourquoi a-t-on simplement écarté cette France humaine sans que personne ne s’en émeuve réellement ?

Mettre au banc de la société certaines catégories de personnes, soutenir militairement des régimes liberticides, n’apporter aucun soutien moral aux populations malmenées et les expulser, éloigner la question des droits de l’Homme et de la démocratie au nom d’intérêts économico-financiers, remettre en question la diversité culturelle et la liberté religieuse sur son propre territoire… Est-ce cela en réalité les valeurs de la France ? Mon esprit me pousse à en refuser l’éventualité. Mais si la réponse se révélait être affirmative, alors c’est la valeur même de la France et de l’esprit français qui perd tout son éclat.

.

À LIRE SUR LE MÊME THEME:

L’intervention en Libye et ses critiques: Pourquoi il faut savoir raison garder.

France – Chine: Le mépris ultime des autorités françaises en matière de politique des droits humains.





Insécurité alimentaire: Le bilan de l’année 2010.

5 01 2011

Tandis que chaque nouvelle année ouvre la porte aux perspectives et autres buts atteindre au cours des mois à venir, cela donne également l’occasion d’établir un bilan des évènements et évolutions de ceux-ci au cours de l’année achevée.
En concordance avec la ligne éditoriale du blog, je vous propose donc pour commencer 2011 d’établir un bilan de l’insécurité alimentaire dans le monde, sujet plusieurs fois abordé sur le site, tant il m’est cher. Toutefois, malgré l’information recueuillie au cours de l’année 2010, ce bilan ne pourra être que bref, tant le sujet déborde de données, à l’image du nombre de personnes souffrant aujourd’hui de sous-nutrition.

Beaucoup de mauvaises nouvelles, d’abord et toujours en Afrique… :

L’année 2010 a notamment commencé tandis qu’Haïti se trouvait sous les décombres à la suite d’un séisme surmédiatisé (Lire à ce sujet l’article Haïti est-ce que tu vis [encore] ?) d’une magnitude de 7,0 sur l’echelle de Richter ayant causé le décès de plus de 225 000 personnes et faisant passer à l’état de sans-abris 1 million d’autres haïtiens. En conséquence, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) s’organise dès janvier pour mettre en place dans la capitale des centres de distribution de nourriture grâce auxquelles l’aide alimentaire à pu être distribuée à 2 millions d’haïtiens environ.
En parallèle, 2010 aurait également pu être désignée comme une année de crainte sans relâche d’une éventuelle catastrophe alimentaire au Niger. En raison d’une sécheresse doublée par l’instabilité des prix des denrées alimentaires, ainsi que par le manque cruel de récoltes, le PAM prévoit derechef d’intervenir auprès de 4,5 millions de nigériens, tandis que ses prévisions étaient moitié moindre pour la même année. Il est dès lors annoncé que près de 47 % de la population nigérienne est frappée par l’insécurité alimentaire. Redoutant d’être dépassées par le nombre toujours croissant de sous-alimentés, les ONG de tous horizons lancent un appel afin que 133 millions de dollars leur soient attribués dans le cadre de la lutte contre la faim au Niger tandis que 57 millions de dollars avaient déjà été récoltés. Au milieu de l’année 2010, il est estimé que 17 % des enfants agés de moins de cinq ans souffraient de malnutrition aigüe globale, tandis que ces chiffres étaient 42 % moins élevés pour 2009. Fort heureusement, dès novembre et grâce finalement à une bonne saison agro-pastorale, le pourcentage d’enfants sous-alimentés passe à 15,5 % bien que ce chiffre reste au-dessus du seuil d’urgence fixé à 15 %.
La région limitrophe du Niger a elle aussi connu une des années les plus difficiles. Durant 2010, plus de 10 millions de personnes sont touchées par la sous-nutrition chronique. Comme c’est le cas habituellement, la majorité de ces personnes sont des femmes et des enfants, ces derniers étant plus de 500 000 à avoir été pris en charge par les organisations de solidarité internationale dans toute la région du Sahel. Au Tchad, les victimes de la faim passent entre 2009 et 2010 à 61 % de la population locale. Au Mali, le gouvernement fait connaître quant à lui des besoins financiers s’élevant à plus de 130 millions de dollars afin de pouvoir lutter contre la famine. Dans le Sud-Soudan, ce sont entre 30 et 50 % des enfants qui souffrent de malnutrition.
Dans la corne de l’Afrique, en Somalie, alors que la situation humanitaire ne trouve aucune échappatoire, l’aide alimentaire distribuée par le PAM est soupçonnée d’être détournée au profit de trois hommes d’affaires locaux, ce que le PAM dément avec force tout en annonçant le non-renouvellement des contrats qui liait l’organisation avec ces trois somaliens. Concernant les chiffres de la faim, près de 43 % de la populationenviron 3,2 millions de personnes – dépendent de l’aide humanitaire des ONG présentes dans le pays. Une grave sécheresse a d’ailleurs sévit dans la région du Mudug, dans le centre du pays, touchant tant les personnes que les maigres cheptels qu’elles possèdent.
De l’autre coté de la rive, le Yémen alerte la même année les bailleurs de fond qu’une grave crise alimentaire guette le pays, de même en Irak où les autorités prévoient pour 2010 d’importer jusqu’à 80 % de ses besoins en blé et riz.

…Mais pas seulement, comme dans le reste du Monde:

Le milieu de l’année a également été animé par un sommet du G20 que beaucoup ont jugé inutile – notamment les ONG. En effet, beaucoup considèrent que ce sommet n’a servi qu’à formuler de nouvelles promesses qui ne seront encore et toujours pas tenues, ou bien que ces promesses reflètent une certaine ironie à peine dissimulée, à l’image du coût du sommet parfaitement identique à l’engagement pris par le Canada pour l’aide au développementsoit 1,1 milliard de dollars.
Le problème de la faim ne réside pas qu’en Afrique, puisqu’en 2010 le PAM intervient également en Europe de l’Est, au Kirghizistan, où 620 000 personnes bénéficient de son assistance.
Par ailleurs, le PAM dénonce au mois de novembre l’insécurité alimentaire persistante qui sévit auprès du tiers des habitants de Corée-du-Nord. En Mongolie, Action Contre la Faim vient en aide aux éleveursun tiers de la population vit de l’élevage – qui ont vu leurs cheptels décimés par un hiver et un été meurtriers pendant lesquels 8 millions de bêtes n’ont pas resisté.
Tandis qu’en 2010 la pluie manque en quantité au Sahel, celle-ci provoque en revanche des inondations meurtrières au Pakistan, où 20 millions de personnes sont touchées et placées en position d’extrême faiblesse alimentaire. Comble de malchance, ces innondations s’inscrivent dans la continuité d’une instabilité alimentaire croissante depuis 2003 touchant déjà la moitié de la population pakistanaise. L’hiver approchant à grand pas, les associations et autres organisations de solidarité internationale font connaître à la communauté mondiale leurs craintes quant au manque de fonds alors même que les taux de malnutrition restent élevés et s’accompagneront bientôt d’une augmentation des infections respiratoires dues au froid.  Bien que tardive, l’aide internationale est pourtant bien présente, telles que les 4 000 tonnes de farine de blé affrêtées par le gouvernement irakien ou encore les 90 millions de dollars reversés au PAM par les États-Unis.
De l’autre coté de la frontière, en Afghanistan, le PAM fait connaître son inquiétude relative à son financement à peine suffisant pour quelques mois, alors qu’il est d’ors et déjà prévu qu’il vienne en aide à 7,3 millions de personnes en 2011, année selon laquelle les prévisions sur la situation humanitaire ne sont faites que d’incertitudes.
Enfin, en raison des incendies dévastateurs en Russie, des inondations récentes en Australie et de la demande exponentielle de la Chine en maïs, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) a annoncé avec regret avoir observé en décembre l’augmentation du prix des denrées alimentaires. À titre d’exemple, le prix du blé et du soja a augmenté de 50 % en l’espace de quelques semaines, de même pour le sucre, à tel point que le prix actuel de ces denrées dépasse celui de juin 2008, période caractérisée par une multiplication des émeutes de la faim tout autour du globe.
Si l’année 2010 s’est donc bien caractérisée par une succession de doutes et une urgence constante qui n’est pas prête de faiblir en 2011, d’autres évènements doivent toutefois être soulignés, tant leur impact dans la sphère de l’insécurité alimentaire est important ou se prépare à l’être.

Enfin de très bonnes nouvelles:

La première d’entre elles et pas des moindres est certainement la mise en place d’une pétition de la FAO afin d’alerter les gouvernements contre le problème de la faim (Lire aussi l’article Project 1 billion hungry: Signez la pétition pour éliminer la faim dans le monde). Le but étant de recueillir 1 million de signatures sur Internet entre les mois de mai et septembre, ce sont au final plus de 3 200 000 signatures qui ont été reçues et remises lors du Sommet des États membres des Nations Unies à New York en septembre. Autant dire qu’il s’agit d’un véritable succès qui, même s’il n’a pas atteint son but ultime de contraindre la communauté internationale d’en faire davantage (30 milliards de dollars par an seraient nécessaires pour éradiquer le fléau de la faim, lire à ce sujet Le mal sans fin d’un Monde qui a faim), a néanmoins permis de sensibiliser une grande partie de la web-sphère avec cette pétition toujours en place et qui ne cesse de recueillir davantage de signatures chaque jour.
L’année 2010 a également connu une légère mais très significative baisse du nombre de sous-alimentés dans le monde. Alors qu’en 2010 la barre du milliard d’affamés avait été franchie – 1 023 milliard de personnes –, les chiffres en septembre 2010 révèlent que 925 millions souffrent de la faim chronique, soit une baisse de près de 100 millions de personnes par rapport à l’année précédente. Dans le détail, ce sont 80 millions de personnes en Asie qui ne sont dorénavant plus concernées par l’insécurité alimentaire, et 12 millions de personnes en Afrique Sub-Saharienne. Mais l’avenir reste très sombre, car malgré les Objectifs du Millénaire dont le premier d’entre eux serait de ramener le nombre de personnes sous-alimentées sous la barre des 500 millions avant 2015, d’énormes doutes subsistent quant à la réelle volonté des pays riches à réaliser cet objectif connu depuis dix ans.
Lors de sommet de Cancun qui s’est tenu en décembre dernier et dédié à la lutte contre les changements climatiques, un partenariat extraordinaire a pu se mettre en place. En effet, le PAM et Oxfam ont annoncé accorder leurs moyens afin d’apporter assistance sur cinq ans aux paysans pauvres de la planète pour protéger leurs cultures et récoltes ou de réduire l’impact du changement climatique.
Pour finir, soulignons l’avancée significative du projet de « muraille verte » dans le Sahel, dont l’objectif est que soit réalisée une plantation d’arbres sur 7 000 kilomètres du Sénégal à Djibouti afin de réduire l’érosion des sols et permettre leur restructuration, inciter à la restauration, la conservation et la valorisation de la biodiversité végétale et animale, et surtout parvenir à l’amélioration du niveau de vie et de la santé tout en permettant la maitrise des ressources en eau.

 

À LIRE SUR LE MÊME THEME:

Insécurité alimentaire: Le bilan de l’année 2011.

En savoir plus sur l’insécurité alimentaire.





Le Tiers Monde malade, ou quand la maladie favorise la pauvreté.

14 07 2010

Le Tiers-Monde, ensemble de pays en développement et dont le poids sur la scène internationale n’est que marginal, souffre également de pathologies inhérentes à sa situation, comme notamment l’impossibilité de faire face efficacement et durablement à certaines maladies.
Le problème est d’autant plus grave que pour beaucoup d’entre elles, elles ont été quasiment éradiquées ou ne subsistent qu’à des niveaux extrêmement faibles dans les pays développés, et dans lesquels sont implantées les plus importantes industries pharmaceutiques, ces dernières gardant jalousement leurs brevets médicaux. Ne pouvant avoir suffisamment accès aux soins, ces pays de seconde zone trouvent ainsi dans certaines maladies les causes majeures de leur pauvreté puisqu’elles sont autant un frein au développement économique qu’humain. Voyons ensemble de quelles maladies il s’agit, à travers l’exemple de six d’entre elles.

- Le paludisme:
Le paludisme, également désigné par le terme de malaria, est une maladie infectieuse transmise par un moustique principalement dans les zones tropicales du globe. Elle est la maladie parasitaire la plus répandue dans le monde et 80 % des cas enregistrés sont répertoriés en Afrique subsaharienne.
Chaque année, plusieurs centaines de millions de personnes sont touchées par cette maladie contaminante du sang, et une à trois millions d’entre elles (soit une personne toutes les 30 secondes !) en meurent faute de soins appropriés ou d’accès à des établissements traitant la maladie.
Les symptômes du paludisme sont caractérisés par une fatigue généralisée, une perte d’appétit, des vertiges, des douleurs musculaires et des troubles digestifs (vomissements, diarrhée…). Dans les cas les plus graves, le paludisme peut entrainer le coma et la mort en quelques jours voire quelques heures s’il n’est pas traité. Il n’existe qu’un seul traitement véritablement efficace: les ACT, “Artemisinin-based combination therapy“, autrement dit des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine, qui sont un traitement recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé mais dont le prix reste encore élevé. Des recherches en vue de traitements plus efficaces et moins chers, ainsi que des vaccins sont en cours.

Le paludisme dans le monde

- Le choléra:
Il s’agit d’une infection intestinale aiguë et contagieuse due à une bactérie, et qui se caractérise par des diarrhées brutales et très abondantes. Ces diarrhées foudroyantes peuvent entraîner une déshydratation sévère et une insuffisance rénale mortelle. Dans plus de la moitié des cas et en l’absence de traitement (de quelques heures à trois jours) la maladie est fatale.
Le choléra se transmet par voie directe fécale-orale ou par l’ingestion d’eau et d’aliments contaminés. Présente essentiellement dans des zones telles que les les estuaires ou dans les eaux saumâtres (lieux où l’hygiène et l’assainissement de l’eau sont insuffisants), de récentes études indiquent que le réchauffement climatique pourrait créer un environnement favorable aux germes de la maladie et augmenter irrémédiablement leur fréquence dans les zones vulnérables.
Aujourd’hui, c’est en Afrique que le choléra est le plus préoccupante et touche essentiellement les enfants malnutris et les porteurs du virus du SIDA. Divers vaccins existent, mais leur efficacité n’est pas parfaite puisqu’ils protègent jusqu’à 90% des gens vaccinés pour une durée de six mois à un an. Le plus grand obstacle réside également dans le prix de ces vaccins dont la dose coute environ 20 dollars (trois milliards de personnes vivent actuellement avec moins de deux dollars par jour). Toutefois, des recherches portent actuellement sur un nouveau vaccin moins cher, et dont les résultats seraient d’ors et déjà prometteurs.

Le choléra dans le monde

- La tuberculose:
La tuberculose est une maladie infectieuse et transmissible qui tue aujourd’hui près de deux millions de personnes chaque année dans le monde.
Il existe plusieurs types de tuberculose (osseuse, rénale, intestinale, génitale…) mais la tuberculose pulmonaire reste la plus fréquente et la plus répandue. De plus, la maladie peut à partir des poumons se diffuser dans tout l’organisme, augmentant ainsi les risques de décès.
Les symptômes sont décrits par de la fièvre, une toux, un amaigrissement de 5 à 10 kg qui apparait en quelques mois. Le développement de la maladie est encouragé par des facteurs tels que la malnutrition, la toxicomanie par voie veineuse ou encore l’absence de domicile fixe.
Le traitement est d’une durée de six mois à quoi s’ajoute deux mois de quadrithérapie antibiotique. Précisons qu’un traitement prolongé reste nécessaire pour guérir de la maladie, ce qui est généralement impossible dans certaines régions rurales du monde où aucun établissement médical n’est disponible.

La tuberculose dans le monde

- L’hépatite B:
L’hépatite B est une hépatite virale entrainant une inflammation du foie. Il s’agit d’une des maladies les plus fréquentes dans le monde puisqu’il est estimé qu’environ deux milliards de personnes sont infectées.
La transmission du virus se fait lors de rapports sexuels, par des seringues contaminées de toxicomanes, des transfusions sanguines à risques, ou encore lors de l’accouchement. Les symptômes de la maladie résident dans un jaunissement de la peau et des troubles digestifs avec nausées et vomissements et peuvent entrainer une cirrhose ou même encore un cancer du foie.
Un vaccin existe pour se protéger de la maladie. Toutefois, il n’existe aucun médicament permettant d’éliminer l’hépatite B lorsqu’une personne est déjà infectée. Seuls certains traitements parviennent à éviter l’évolution de la maladie vers une cirrhose ou un cancer.

L'hépatite B dans le monde

- Le kwashiorkor:
Le kwashiorkor est un syndrome de malnutrition caractérisé par une carence très importante en protéine. Il touche les enfants âgés de 18 mois à trois ans suite à un sevrage précoce qui passent à une alimentation trop pauvre sinon absente en protéines. En effet, dans les pays touchés par ce syndrome, les enfants sont alimentés par des bouillie de céréales comme le manioc, le mil ou le maïs. Ces repas sont évidemment insuffisamment riches en protéine pour ces enfants dont les besoins protéinaires sont importants. Actuellement, des millions d’enfants sont atteint de kwashiorkor, essentiellement en Afrique.
Les symptômes visibles de la maladie sont pêle-mêle une croissance retardée ou arrêtée, un œdème de l’abdomen (gros ventre), une tête et des pieds qui paraissent plus volumineux, un amaigrissement, des cheveux qui s’éclaircissent et la peau qui rougit, des troubles digestifs comme des diarrhées ou des gastro-entérites mais également des troubles pouvant être mentaux. À un stade plus avancé, les fonctions vitales sont inévitablement atteintes, entraînant ainsi des états de choc, le coma et la mort.
Cette maladie persiste principalement dans des pays pauvres ou en voie de développement, où les populations sont sous-alimentées comme en Afrique (région la plus touchée), mais aussi en Amérique du Sud ou en Inde. Il n’est pas rare non plus que des cas soient répertoriés en Corée du Nord. Dans certaines de ces régions, le kwashiorkor est responsable de la mort de près de 30 % des enfants de moins de 5 ans.
Fort heureusement, il est possible de soigner les enfants atteints de cette maladie, mais uniquement si ce traitement est effectué à temps par de petites rations hyperglucidiques régulières, et progressivement enrichies en protéines. L’enfant est alors considéré comme guéri lorsque sa masse corporelle atteint 85 % de la normale. En revanche, en cas de traitement tardif, même si l’enfant retrouve une bonne santé, des séquelles restent très importantes, tant sur le plan physique (taille réduite) que mental (retard intellectuel). Si le traitement survient trop tardivement, la mort de l’enfant est inévitable.

La sous-alimentation dans le monde

- Le sida:
Le SIDA, ou syndrome de l’immunodéficience acquise est certainement à ce jour la maladie la plus connue et la plus médiatisée, certainement en raison du fait qu’elle touche à la fois les pays les plus pauvres mais aussi les plus riches.
Le virus du SIDA agit en détruisant les cellules du système immunitaire jusqu’à entrainer la mort de la personne des suites de maladies opportunistes.
Il n’existe actuellement aucun vaccin, seuls des traitements antiviraux sont disponibles mais ne permettent pas d’en guérir puisqu’ils ne font que ralentir la prolifération du virus dans l’organisme.
Sans surprise, ces traitements retardant sont très coûteux, réduisant ainsi les facilités d’accès dans les pays en développement, à tel point qu’aujourd’hui, plus de 95 % des patients ne bénéficient d’aucun de ces traitements.

Le sida dans le monde

.

À LIRE SUR LE MÊME THEME:

Insécurité alimentaire: Le bilan de l’année 2011.

En savoir plus sur l’insécurité alimentaire.








Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 305 followers