Parce que l’Homme est fait pour rester debout, la Croix-Rouge française agit chaque jour pour relever les personnes les plus vulnérables.

26 12 2011

La Croix-Rouge française, association de 52.000 bénévoles et entreprise à but non lucratif de services forte de 17 000 salariés dans plus de 550 établissements agit depuis plus de 140 ans sur de nombreux fronts de la lutte contre les précarités.

Bien que depuis 2008 la Croix-Rouge française constate une augmentation de la précarité en France et qui risque de s’intensifier dans les années à venir, la Croix-Rouge française continue sans relâche et chaque jour d’intervenir auprès:
- des personnes privées de liberté,
- des enfants en danger,
- des personnes victimes de la grande exclusion,
- des personnes malades,
- des personnes en situation de précarité,
- des personnes handicapées,
- des personnes âgées dépendantes,
- des personnes migrantes,
- des personnes victimes d’un accident ou d’une crise.

En quelques chiffres, la Croix-Rouge française c’est également :
- 4 900 enfants et adultes handicapés accompagnés chaque année,
- 1 800 places d’hébergement d’urgence,
- 210 000 personnes vivant dans la rue soutenues chaque année,
- 500 000 personnes bénéficiaires de l’aide alimentaire par an,
- 55 millions de repas distribués chaque année,
- 80 000 personnes secourues en France en 2010,
- 1 860 000 personnes aidées tout au long de l’année à l’international,
- 2 000 personnes migrantes bénéficiant chaque année des services de rétablissement des liens familiaux,
- 100 % des prisons françaises connectées à « Croix-Rouge Ecoute les détenus », et 75% d’entre elles visitées par les bénévoles de la Croix-Rouge française

Ainsi pour mener à bien ses missions et aider plus d’un million de personnes chaque année, la Croix-Rouge française a besoin de nous, de vous. Deux moyens d’aider existent :

Comme moi, devenez webbénévole, en relayant les actions de la Croix-Rouge française sur facebook ou twitter notamment, tout en motivant le plus grand nombre à l’engagement bénévole et au don.
Si vous en avez la possibilité, faites un don afin d’offrir à la Croix-Rouge les moyens d’agir au quotidien auprès des personnes vulnérables. 1,50 euro permettent à la Croix-Rouge d’offrir à une personne un repas par semaine.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de la campagne « Rester debout ».





Les 10 meilleures applications de solidarité pour smartphones.

23 12 2011

Boom des smartphones oblige, plusieurs associations et autres ONG ont su s’adapter en proposant des applications dédiées. Bien qu’elles ne soient toutefois pas légions et de qualité assez inégale, celles-ci sont toutefois en nombre suffisant pour effectuer un rapide TOP #10 des meilleures d’entres elles. La présente présentation s’appuie sur des tests effectués depuis un iPhone 4S (iOS 5.0.1), bien qu’il soit précisé si les applications présentées sont disponibles sur d’autres plateformes.

WFP today (iOS + Android)

L’application officielle de la plus grande agence humanitaire du monde, en charge de la lutte contre l’insécurité alimentaire. Uniquement disponible dans la langue de Shakespeare, celle-ci vous permet d’accéder à une trentaine de communiqués de l’organisation et de les partager tant via twitter/facebook que par mail.
L’application propose également d’accéder à des galeries de photos et de vidéos régulièrement mises à jour, ainsi que de parcourir les derniers tweets et posts sur facebook de l’organisation.

Unicef France (iOS)

Disponible en français, l’application officielle de l’Unicef France permet de parcourir les dix dernières actualités de l’organisation, de la même façon qu’elle permet d’accéder à des vidéos thématiques. Des onglets permettent également de connaître la localisation des antennes et points de ventes de l’Unicef présents dans toute la France.
L’application permet par ailleurs de rejoindre du bout des doigts les comptes facebook et twitter de l’organisation. Enfin, il est possible d’effectuer un don depuis l’application. L’app n’est toutefois pas exempte de plantages, ceux-ci se révélant régulièrement au cours des utilisations.

Don de Sang (iOSWindows Phone)

Autre application de solidarité, celle de l’Etablissement Français du Sang. Sa plus grande utilité est très certainement qu’elle propose de trouver le site de collecte le plus proche avec également un questionnaire d’évaluation d’aptitude au don de sang extrêmement pratique. Par ailleurs, un jeu interactif sur les quatre grandes étapes du don de sang est également disponible.

Croix-Rouge – L’appli qui sauve (iOS + Android + Nokia)

Disponible en français à la fois sur les plateformes d’iOS, d’Android et Nokia, l’appli qui sauve de la Croix-Rouge à tout d’une application utile et surtout très bien faite.
Celle-ci offre en effet la possibilité d’apprendre et de tester au travers d’un questionnaire fort bien réalisé ses connaissances en matière de gestes à effectuer en cas d’urgence. Un onglet permet également d’en connaître davantage sur l’histoire de la Croix-Rouge et ses domaines d’action.
Un autre onglet est consacré aux dernières actualités de l’organisme, mais celui-ci se révèle bien chiche en comparaison de la qualité globale de l’application. En effet, seules les quatre dernières actualités sont disponibles, et encore, celles-ci ne sont qu’un rapide résumé à partir duquel il n’est pas possible d’en savoir davantage puisque aucun lien proposant d’en lire davantage via le navigateur internet n’est disponible. Une absence forcément regrettable pour les passionnés ou plus généralement les personnes intéressées par l’actualité de la Croix-Rouge.
Autre bémol, l’application n’offre absolument pas la possibilité de partager les quelques actualités disponibles, que ce soit vers les réseaux sociaux ou de les envoyer par mail. L’unique fonction de partage disponible consiste à partager le lien de téléchargement de l’application sur facebook. Enfin, l’application permet d’effectuer directement un don depuis son mobile via un onglet dédié à cela.
Si les quelques points négatifs soulevés empêchent de qualifier cette appli de parfaite, cela n’enlève rien à sa qualité et son ergonomie, d’autant plus qu’aucun plantage récurrent n’est à déplorer. Une appli qui a donc comme son nom l’indique, avant-tout vocation à sauver, et qui le fait très bien.

CICR (iOS + Android)

Comme la Croix-Rouge Française, le CICR dispose également de son application mobile dédiée. Si celle-ci se voit proposer davantage de contenu quant à l’actualité du Comité (les 10 dernières articles de communiqués sont disponibles en intégralité), il n’est en revanche pas possible d’effectuer le moindre partage, ni sur vers un quelconque réseau social ni par l’envoi d’un mail. Cela est d’autant plus regrettable qu’en plus des communiqués l’application du CICR propose de parcourir quelques rapports, mais également des galeries photos ainsi qu’un large choix de vidéos relatives à l’action du Comité.
Qu’à cela ne tienne, l’application disponible en français bénéficie d’une réalisation impeccable, qui ne souffre d’aucun bug. Une application en définitive indispensable pour les passionnés du droit international humanitaire.

UN Reader (iOS + Windows Phone)

S’il devait y avoir une application qui promet beaucoup sur le papier, mais qui en réalité n’en fait que le quart, la voici ! L’app UN Reader vous propose en effet de suivre l’actualité de neuf agences de l’ONU (FAO, UN, UNAIDS, UNESCO, Fonds des Nations-Unies pour les Populations, UNICEF, OMS, Organisation Mondiale du Travail, Banque Mondiale), mais en réalité seule l’actualité de cinq d’entre elles est véritablement mise à jour. En effet, les derniers articles de la FAO remontent à 2007 tandis qu’en ce qui concerne UNAIDS, l’UNESCO ou encore la Banque Mondiale, rien ne se charge, la page reste blanche. Néanmoins au sujet des  liens d’actualités vraiment fonctionnels, ceux-ci permettent de lire l’article dans son intégralité via le navigateur internet du mobile, ne permettant pas de ce fait d’utiliser une fonction de partage intégrée à l’application même.
Une application à déconseiller aux anglophobes – car intégralement en anglais -, ainsi qu’aux impatients, puisque les temps de chargement se révèlent être longs, même en WIFI.

MSF (iOS)

Certainement l’application la plus originale au niveau de sa localisation. En effet, développée pour l’antenne de l’ONG basée à Hong-Kong, l’application est néanmoins entièrement en anglais, ce qui permet aux anglophones d’y accéder et d’être tenus au courant des dernières actualités de l’association de médecins. Les 20 derniers communiqués sont d’ailleurs proposés à la lecture dans leur intégralité, avec une possibilité de partage parfaitement intégrée, qu’il s’agisse des réseaux sociaux facebook et twitter ou de l’envoi par mail. Des vidéos en anglais sous-titrées en chinois cantonais sont également disponibles.
Alors que Médecins Sans Frontières vient de fêter ses 40 ans d’existence, peut-être pourrions-nous formuler le vœux d’une localisation française de l’application, d’autant plus que celle-ci est parfaitement stable.

Amnesty International Candle (iOS + Android)

L’ONG londonienne dédiée à la défense des droits humains a également son application officielle, disponible à la fois sur iOS et sur Android. Les 20 derniers communiqués de l’organisation sont proposés à la lecture, de même qu’un onglet propose sans surprise de signer les dernières pétitions disponibles.
Intégralement en anglais, l’application comporte également les fonctions de partage sur facebook ou par mail.

Secours Catholique (iOS)

L’association fondé en 1946 bénéficie également d’une application qui lui est dédiée. Disponible uniquement sur la plateforme iOS, cette app vous permet d’accéder à l’intégralité des dix plus récentes actualités de l’association et de les partager sur les réseaux sociaux ou de les envoyer par mail.
À l’instar d’autres associations et de leur application mobile, l’app du Secours Catholique donne également la possibilité d’effectuer un don en ligne.

Transparency International Corruption Perceptions Index 2011 (iOS)

Cette application intégralement en anglais de l’organisation Transparency International vous donne accès à l’index de corruption à jour pour 2011 de 182 pays. Si l’app permet même d’effectuer des comparaisons de classement entre les 182 pays indexés, il est toutefois fort regrettable que celle-ci ne se contente que d’attribuer une note à chaque pays (allant de 1 à 10) sans la moindre possibilité d’accéder à des fiches détaillées. Autre élément très intéressant de l’application, la possibilité d’évaluer ses connaissances en matière de corruption des Etats, sur la base des notes attribuées aux Etats – saurez-vous répondre si la France est mieux notée que l’île de Barbade ou l’Autriche ?
Une application salutaire donc, mais qui gagnerait sans le moindre doute encore plus d’intérêt en s’étoffant davantage.

Pulse News (iOS + Android + Windows Phone)

Pulse est une application hors catégorie. En effet, ce n’est pas une app dédiée à une association, puisqu’il s’agit d’un agrégateur de flux RSS. L’idée de présenter cette application ici à pour objet de proposer une alternative à l’absence de beaucoup d’associations et autres ONG dans le domaine des applications mobiles (Médecins du Monde, Human Rights Watch, Oxfam International…).
Pulse permet ainsi à son utilisateur de parcourir les dernières actualités des flux auxquels il est abonné. Un moyen ultime en quelque sorte de rester informé de la plus simple des manières aux informations humanitaires et de la sphère des droits humains !





Fondation Abbé Pierre : Nouvelle campagne de sensibilisation contre la précarité énergétique.

23 12 2011

Du 8 au 14 décembre 2011, la Fondation Abbé Pierre a lancé partout en France sa nouvelle campagne d’affiches d’hiver, laquelle se concentre cette année sur le phénomène de la précarité énergétique. En effet, alors même que le prix du gaz augmentera de 4,4 % dès le 1er janvier, le problème de la précarité énergétique n’a de cesse de s’aggraver rapidement et de façon massive en France.

La précarité énergétique résulte de la combinaison de trois facteurs : des ménages vulnérables aux trop faibles revenus, une mauvaise qualité thermique des logements occupés, et le coût de l’énergie. Beaucoup trop de pièces occupées ne sont à ce jour toujours pas équipées en double vitrage tandis qu’une part importante de logements reste chauffée au moyen de convecteurs électriques, lesquels sont de loin parmi les plus mauvais moyens de chauffage.

 

Il est aujourd’hui estimé selon la Fondation Abbé Pierre que près d’un ménage sur six en France est en situation de précarité énergétique. Par ailleurs 3,8 millions de ménages consacrent plus de 10 % de leur revenu au chauffage, soit près de 8 millions de personnes.

Aujourd’hui encore, « les ménages modestes n’ont parfois pas d’autre moyen que de se chauffer insuffisamment – ou plus du tout – avec à la clé un risque de rupture sociale, mais aussi de dégradation de l’état de santé des plus fragiles, sans même parler des conditions intrinsèques du logement » s’inquiète la Fondation Abbé Pierre. En effet, un logement mal chauffé est inévitablement synonyme d’humidité et de risque de maladies.

La Fondation Abbé Pierre a également lancé le 22 septembre dernier « la Mobilisation Générale pour le Logement », mouvement inter-associatif initié par la Fondation, qui vise à interpeller les candidats à l’élection présidentielle et législative, en leur demandant de se positionner de manière claire et ambitieuse sur la question du logement et de s’engager fermement auprès de leurs futurs électeurs. Si la campagne d’hiver de la Fondation ici présentée ne s’inscrit pas dans la Mobilisation générale pour le Logement, elle participe toutefois inévitablement au même combat.

La Fondation présentera son dix-septième rapport annuel sur l’État du mal-logement en France le 1er février 2012 à la Porte de Versailles.

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À LIRE SUR LE MÊME THÈME :

La Fondation Abbé Pierre lance la Mobilisation Générale pour le logement.

À l’abri de rien – Une enquête sur le mal-logement en France.

 





Agenda des droits humains et de l’action humanitaire – Janvier 2012

22 12 2011

3 janvier – France 5 diffuse à 20h30 le documentaire réalisé par Bernard Debord « La bataille des droits de l’Homme », consacré aux nouveaux terrains de lutte auxquels les Droits Humains sont confrontés. La diffusion est suivie d’un entretien avec Rony Brauman, ex-président de Médecin sans Frontières et auteur de “L’humanitaire, diplomatie et droits de l’homme” (Editions du Cygne) et Geneviève Garrigos, Présidente d’Amnesty International France. Plus d’informations >>

3 janvier au 6 février – Pour la 7ème année consécutive, la « Foire à la Conserve » se déroule dans les hyper-marchés Carrefour du 3 au 10 janvier et dans les Carrefour market du 25 janvier au 6 février, pour collecter des fonds dédiés à la « Journée des oubliés des vacances » organisée par le Secours Populaire Français. Durant cette période, dix industriels de la conserve (Bonduelle, Cassegrain, CCA Périgord , Delpeyrat, Géant Vert, Hénaff, Parmentier, Petit Navire, Raynal et Roquelaure, Rochefontaine, Royal Champignon, William Saurin et Zapetti) ainsi que Carrefour et sa marque reverseront 5% du montant des ventes de boîtes de conserves réalisés.

5 janvierAmnesty International France publie le dernier numéro de son mensuel « La Chronique », avec un dossier consacré aux réfugiés.

11 janvierAmnesty International organise une conférence de presse à Paris (10 janvier) et plusieurs événements militants en France et dans le monde à l’occasion des dix ans de l’ouverture de la base américaine de Guantanamo à Cuba.

Réfugiés - Un scandale planétaire

Mi-janvierAmnesty International publie un nouveau rapport global sur les violations des droits humains en Afrique du Nord suite aux évènements des printemps arabes.

17 au 19 janvier – Un colloque scientifique international sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle se tiendra au siège de l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Rome. Plus d’informations >>

18 janvierAmnesty International publie le livre « Réfugiés – Un scandale planétaire », synthèse unique de 176 pages qui couvre une cinquantaine de pays sur les dix dernières années et indispensable pour décrypter le discours trompeur des États et faire prendre conscience des menaces qui pèsent sur des milliers de vies humaines. Plus d’informations >>

18 janvier au 18 février – Exposition « Nez rouge toi même ! », à l’occasion des 20 ans de l’association Le Rire Médecin, au Salon des Prévôts de l’Hôtel de ville de Paris. Plus d’informations >>

18 au 21 janvier – 4ème Festival International du Film des Droits Humains, en Gironde. Plus d’informations >>

22 au 28 janvier – 5ème Festival International du Film des Droits Humains, à Toulouse et dans le Midi-Pyrénée. Plus d’informations >>

22 janvier au 6 février – 4ème Festival International du Film des Droits Humains, en Haute-Savoie. Plus d’informations >>

23 janvier – Ouverture à l’ONU de la Conférence du désarmement.

26 janvierAmnesty International organise une soirée pour le lancement d’une année d’action pour rappeler la réalité de l’asile, redonner du sens aux mots et du poids aux obligations des Etats.

26 janvierMédecins du Monde, la Fondation Abbé Pierre et l’Institut des Droits de l’Homme de l’université catholique de Lyon organisent à l’Université catholique de Lyon (23 place Carnot, Lyon 2ème (18h – 20h30)) une rencontre sur « Le respect des droits fondamentaux dans un Etat de droit : la question de l’hébergement des populations précaires en France ». Plus d’informations >>

27 janvier – Colloque inaugural de la Chaire Unesco (Alimentations du monde-ADM) sur la thématique « Alimentation durable : un bien partagé ? », à Montpellier. Plus d’informations >>

27, 28 et 29 janvier – Journée mondiale des lépreux. La lèpre est une maladie infectieuse chronique d’une durée d’incubation très lente (2 à 20 ans), qui touche encore 98 pays. Chaque année, près de 210 000 nouveaux cas (dont 10% dont d’enfants) sont recensés.





Droit des conflits réels ou virtuels: Le droit international humanitaire doit-il être intégré aux jeux-vidéo ?

21 12 2011

S’il est une catégorie de jeux-vidéo dont le succès actuellement ne se dément pas, il s’agit bien des simulations de guerre. Vendus à plusieurs millions d’exemplaires chaque année, rapportant jusqu’à plusieurs millions de dollars (voire le milliard !), ces jeux se vantent de pousser le réalisme des conflits armés jusque dans ses derniers retranchements à défaut de proposer un scénario digne de ce nom.
Souci du réalisme oblige, ces jeux devraient en tout état de cause appliquer également les conditions et autres règles qui régissent les conflits armés – le droit international humanitaire – et que chaque belligérant en situation réelle est tenu de respecter. Pourtant, force est de constater que beaucoup d’éditeurs de jeux-video ne prennent guère en considération cette exigence, faisant ainsi passer leur produit pour de véritables défouloirs qui n’ont de simulation que le nom.

Le droit international humanitaire pour limiter l’inhumanité des guerres.

Le droit international humanitaire, que l’on désigne également sous l’appellation de droit des conflits armés ou droit de la guerre tient notamment son origine de l’action de Henry Dunant – le fondateur de la Croix-Rouge – selon qui, après avoir été témoin de la bataille de Solferino en 1859, il était nécessaire d’apporter une assistance médicale aux blessés, quel que soit le camp pour lequel ils s’étaient battus. Cette idée est devenue la pierre fondatrice du droit humanitaire, qui au moyen des Conventions de Genève de 1949 et de leurs protocoles additionnels vise à limiter les effets de la guerre.
L’article 3 des Conventions de Genève dispose ainsi que « les personnes qui ne participent pas directement aux hostilités, y compris les membres de forces armées qui ont déposé les armes et les personnes qui ont été mises hors de combat par maladie, blessure, détention, ou pour toute autre cause, seront, en toutes circonstances, traitées avec humanité ».
Le droit international humanitaire a également vocation à réglementer voire à prohiber des pratiques. Sont ainsi interdites au titre de l’article 3 des Conventions de 1949 « les atteintes portées à la vie et à l’intégrité corporelle, notamment le meurtre sous toutes ses formes, les mutilations, les traitements cruels, tortures et supplices ; 
les prises d’otages ; les atteintes à la dignité des personnes, notamment les traitements humiliants et dégradants ;
 les condamnations prononcées et les exécutions effectuées sans un jugement préalable, rendu par un tribunal régulièrement constitué, assorti des garanties judiciaires reconnues comme indispensables par les peuples civilisés ». De la même manière, l’utilisation de certaines armes est également prohibé, à l’image des bombes à sous-munition.
Un autre principe essentiel du droit international humanitaire est contenu à l’article 48 du Protocole additionnel de 1977, lequel prévoit que « les Parties au conflit doivent en tout temps faire la distinction entre la population civile et les combattants ainsi qu’entre les biens de caractère civil et les objectifs militaires et, par conséquent, ne diriger leurs opérations que contre des objectifs militaires ».

De la nécessité d’intégrer le Droit international humanitaire dans les jeux-video.

Selon un rapport de Novembre 2009 (Playing by the Rules: Applying International Humanitarian Law to Video and Computer Games [Jouer selon les règles: application de la loi humanitaire internationale aux jeux vidéo]) tiré d’une étude réalisée par l’organisation suisse TRIAL et l’association Pro Juventute, il est révélé que parmi une vingtaine de jeux examinés (notamment Battlefield, Call of Duty, World in Conflict, Splinter Cell…) ceux-ci représentaient souvent des scènes de violence et incitaient les joueurs à les reproduire au sein des jeux.
À titre d’exemple, Call of Duty 4: Modern Warfare comporte une mission de mitraillage depuis un hélicoptère où le joueur est amené à utiliser un imageur thermique pour déterminer leurs cibles sans qu’il soit fait de différence entre un militaire et un civil. Dans le jeu Call of Duty: Modern Warfare 2, une scène intitulée « Civilian slaughter » (Massacre de civils) propose au joueur de coopérer avec des terroristes russes afin massacrer des centaines de civils dans l’aéroport de Moscou. Un autre jeu avait également soulevé une vive polémique avant de voir sa sortie finalement annulée, à savoir « Six days in Fallujah », lequel devait retracer l’offensive militaire américaine dans la ville de Fallujah en Irak, en octobre 2004, et qui s’est soldée par le massacre de près de 1 000 civils.
« Les jeux vidéo devraient saisir l’occasion de promouvoir [les] normes [du droit international humanitaire] plutôt que de donner l’illusion que la violence est sans limites » estiment ainsi les ONG dans leur rapport de 2009, de telle sorte qu’ils « ne constituent [pas] des espaces indifférents à la loi et à l’éthique. Il serait donc souhaitable que les jeux de guerres fictifs soient régis par les mêmes normes que celles qui régissent de véritables conflits armés ».
Pourtant, beaucoup de joueurs et l’ensemble des développeurs crient au scandale lorsque ces éléments de réflexion sont avancés, prétextant qu’« il ne s’agit que de jeux », et que ce ne sont pas ces loisirs qui inciteront quiconque à commettre un massacre dans sa ville. Ce à quoi Frida Castillo – membre de l’association TRIAL – répond que « même si la majorité des joueurs ne seront jamais soldats, ces jeux font passer le message que les militaires ont droit de vie ou de mort en temps de guerre. C’est faux et il est important de le rappeler en intégrant la loi humanitaire dans les jeux vidéo. Les tortures et les humiliations d’Abou Ghraib montrent ce qui arrive quand on s’imagine avoir tous les droits ».
Enfin, le Comité International de la Croix Rouge a affirmé lors d’une réunion sur la question de la violence dans les jeux-vidéo et leur portée sur les joueurs qui s’est tenue en parallèle à la 31e conférence internationale de la Croix Rouge et du Croissant Rouge à Genève en décembre 2011, qu’« il y a une population d’environ 600 millions de joueurs qui semble violer le droit international humanitaire dans un monde virtuel ».

Quelle soit réelle ou virtuelle, la guerre rapport gros.

Si un jeu se décrivant comme le « meilleur » en matière de reproduction de conflit armé devait être choisi, ce serait certainement Call of Duty: Modern Warfare 3. Fort de ses 100 millions de jeux sous licence « Call of Duty » vendus dans le monde, le développeur du jeu Activision a annoncé avec fierté une semaine après la sortie de son dernier épisode – Call of Duty: Mordern Warfare 3 – avoir écoulé plus de 5 millions d’exemplaires du jeu en une semaine dont 3,5 millions en un seul week-end. Véritable archétype de la simulation de guerre qui rapporte gros, il est annoncé au bout de seize jours que le jeu a réalisé un bénéfice de plus d’un milliard de dollars – dépassant ainsi et de loin les plus grosses productions cinématographiques dont Avatar de James Cameron – et que le réseau social dédié aux adeptes du jeu – ils seraient 30 millions de personnes, soit l’ensemble des habitants réunis des villes de Tokyo, New York, Londres, Paris et Madrid – pourrait également rapporter en 2012 près de 50 millions de dollars à la firme vidéolodique.
Ce succès sur le marché du jeu-vidéo, s’il n’est toutefois pas véritablement comparable, peut être rapproché de l’industrie de l’armement et donc de la guerre. Véritable marché dont l’échelle est démesurée, il est estimé que l’armement a généré dans le monde 1 200 milliards de dollars en 2007, et que ces ventes d’armes ont augmenté de 22% sur la période 2005-2009 par rapport aux cinq années précédentes. S’agissant uniquement des armes dites légères, on en recenserait pas moins de 700 millions en circulation. Rajoutons à cela que 14 milliards de balles sont produites chaque année, soit deux par être humain. Précisons également que ces armes légères contribuent à elles seules à causer la mort de mille personnes par jour.
 Par ailleurs, la récession mondiale ne semble pas affecter les cent plus grands fabricants mondiaux d’armement puisque ceux-ci auraient écoulé 401 milliards de dollars de leurs marchandises en 2009, avec une augmentation de 14,8 milliards de dollars en 2009 par rapport à 2008. Si les Etats-Unis représentent 61,5 % de ce marché (247 milliards de dollars), l’Europe représente quant à elle 30% (soit 120 milliards de dollars).
Seule inquiétude perceptible par ces marchands de la mort : le désir du peuple à se débarrasser de l’autoritarisme comme cela s’est vu avec le Printemps Arabe. En effet, comme l’affirme Charles Edelstenne, actuel président de Dassault Aviation, ces événement rendent « la situation [du marché de l'armement] un peu plus difficile », d’autant plus que la société Dassault s’est vue retirée un client de taille pour son Rafale après la chute de M. Kadhafi. Revendications obligent, les dépenses militaires dans les pays du Golfe – qui représentent plus d’un quart des exportations françaises d’armement – s’opposent au risque d’être suspendues afin de financer à la place des programmes sociaux comme en attestent les 36 milliards de dollars débloqués à cette fin en Arabie Saoudite.
Toutefois, bien que le manque d’éthique du milieu militaire reste incontestable, cela n’entache visiblement pas la confiance que les jeunes français accordent à l’armée.

Les jeunes français et l’armée, perçue comme une « symbole de valeurs, du sens du devoir et de l’esprit d’équipe ».

C’est en effet ce que révèle cet intéressant un sondage conjointement réalisé en novembre 2011 par le Centre de recherche politique de Sciences Po et l’Institut de recherche stratégique de l’école militaire. Réalisée auprès de 993 lycéens et étudiants, l’enquête et son rapport consécutif expliquent que bien que leurs connaissances du monde militaire passent avant tout par les jeux vidéos, 90% des 15-23 ans interrogés considèrent le métier des armes comme une activité honorable. En comparaison, seul 15% des sujets interrogés expriment quant à eux de la défiance vis-à-vis de l’armée.
De là à dire que la simulation de guerre est le meilleur moyen de dédramatiser ce qui est pourtant source d’inhumanités et de fournir de potentielles nouvelles recrues, il n’y a qu’un pas, à l’image des campagnes de publicité complémentaires en 2010, entre l’armée de terre française (« Devenez vous-même ») et le développeur Electronic Arts pour la sortie de son jeu Battlefield (« Devenez plus que vous-même »).

Alors, la guerre virtuelle et le droit, compatibles ?

On ne le répètera jamais assez – et n’en déplaise aux gamers –, la guerre n’est véritablement pas un jeu. Elle est une réalité qui reste la cause principale d’atrocités commises sous des prétextes aussi divers que variés. Elle est la source de trop nombreuses impunités et est également en partie responsable de crises alimentaires dans le monde. Chaque année et pour chaque conflit, la guerre fait plusieurs milliers de morts et ce genre de loisir que représentent les simulations de guerre tend à le faire oublier.
Quoi qu’en disent les joueurs les plus libertaires et les défenseurs de la création vidéoludique sans limite, l’objet d’une réflexion en vue d’intégrer le droit international humanitaire n’a pas de finalité purement moraliste, barbante au possible, pas plus qu’elle n’est aucunement nourrie par les hypothèses les plus folles selon lesquelles la violence dans les jeux-video encouragerait qu’elle soit reproduite dans l’espace de vie réel.

Scène de jeu de COD: Modern Warfare 3

Au contraire, il s’agit davantage d’éclairer la pensée des joueurs pour qu’ils ne soient pas rendu insensibles aux bavures et autres exactions qu’un véritable conflit armé peut provoquer. Il est également question d’éviter de faire passer la guerre comme un défouloir soumis à aucune règle si ce n’est celle de la survie.
De plus, intégrer les règles du droit international humanitaire permettrait à ces jeux de véritablement se définir comme étant proches de la réalité, pas uniquement au niveau des graphismes, mais également au niveau du contenu. De la même façon qu’une simulation de sport comporte tout l’attirail des réglementations à respecter sans qui quiconque ne s’en plaigne, il serait en définitive logique que la guerre virtuelle se voit également dotée des règles du droit des conflits armés.

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