Le droit à l’alimentation est enfin justiciable au niveau international ! Oui, mais…

18 05 2013

C’est en finalisant mon mémoire (1) il y a quelques jours que j’ai découvert une information relative au droit à l’alimentation d’une grande importance. En effet, le Protocole facultatif du Pacte International relatif aux Droits Économiques, Sociaux et Culturels (PIDESC) est entré en vigueur le 5 mai 2013 consacrant ainsi la justiciabilité du droit à l’alimentation.

Le droit à l’alimentation, kézako ?

Le droit à l’alimentation doit s’entendre comme comprenant trois composantes. Il s’agit en effet d’un droit en vertu duquel chaque individu doit pouvoir bénéficier d’une nourriture suffisante, accessible mais également adéquate à ses besoins. Jean Ziegler, alors Rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation avait précisé la notion de droit à l’alimentation en y ajoutant la notion de dignité (2). Ainsi, « le droit à l’alimentation est le droit d’avoir un accès régulier, permanent et libre, soit directement, soit au moyen d’achats monétaires, à une nourriture quantitativement et qualitativement adéquate et suffisante, correspondant aux traditions culturelles du peuple dont est issu le consommateur, et qui assure une vie psychique et physique, individuelle et collective, libre d’angoisse, satisfaisante et digne » (3). Au plan international, le droit à l’alimentation est consacré par divers instruments juridiques, tels que la Convention relative aux droits de l’enfant (4) ou la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (5). S’agissant du PIDESC, c’est son article 11 qui se rattache au droit à l’alimentation en consacrant « le droit de toute personne à un niveau de vie suffisant pour elle-même et sa famille, y compris une nourriture (…) suffisant(e) » tout en prenant soin de proclamer « le droit fondamental qu’a toute personne d’être à l’abri de la faim ».

Le PIDESC, c’est-à-dire ?

L’Assemblée Générale des Nations Unies © UN Photo

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme n’ayant aucune valeur juridique, ce sont deux pactes internationaux (sur les droits civils et politiques (PIDCP) et sur les droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC)) adoptés conjointement par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1966 qui comblent cette lacune. Le PIDESC contient une liste de droits subjectifs tels que le droit à la santé, le droit à l’éducation, les droits au travail et bien entendu le droit à l’alimentation. Ainsi envisagé, les États ayant signé et ratifié ce Pacte sont liés à une obligation de respect, de protection et de mise en œuvre des droits qu’il contient… sans pour autant que l’Etat en question soit sanctionné en cas de violation de ces obligations. Bien qu’un Comité des droits économiques, sociaux et culturels ait été créé, sa fonction reste cantonnée au seul examen des rapports périodiques présentés par les Etats sur leur mise en œuvre des droits contenus dans le Pacte. Par ailleurs, le texte du PIDESC en lui-même ne donne aucune possibilité aux individus qui auraient épuisé tous les recours disponibles au plan national d’invoquer les droits contenus dans le PIDESC devant une instance internationale.

Cette lacune a conduit l’Assemblée Générale des Nations Unies à adopter le 10 décembre 2008 un texte complémentaire, désigné Protocole facultatif du PIDESC (6). Sous réserve que le protocole entre en vigueur et que l’Etat concerné l’ait ratifié c’est-à-dire intégré dans son système juridique, le Protocole facultatif du PIDESC permet la justiciabilité des droits contenus dans le texte du PIDESC. En d’autres termes, ce Protocole donne la possibilité aux individus ressortissants d’un Etat l’ayant ratifié la possibilité de déposer une plainte à l’encontre de l’Etat devant le Comité des droits sociaux, économiques et culturels des Nations Unies. C’est le 5 mai 2013, conformément à son article 18, que le Protocole facultatif du PIDESC est entré en vigueur après sa dixième ratification (7).

Peut-on pour autant parler de victoire ?

La plus grande difficulté qui se pose quant à la ratification par un Etat d’un tel Protocole est de le convaincre de se lier à un instrument juridique de niveau international qui contraint tous les Etats à se soumettre à des obligations « de faire » plutôt que de s’abstenir. Sur les 160 Etats parties au PIDESC, ce ne sont donc que dix d’entre eux qui reconnaissent la compétence du Comité des droits sociaux, économiques et culturels des Nations Unies pour recevoir des requêtes portant sur des violations présumées de droits que le texte contient tels que le droit à l’alimentation. Autrement dit, ces droits ne sont véritablement justiciables à l’heure actuelle qu’à l’encontre de ces dix Etats.

En définitive, il s’agit bien d’une étape importante dans la justiciabilité des droits économiques, sociaux et culturels au niveau international. Néanmoins, les limites de l’entrée en vigueur du Protocole facultatif du PIDESC en ce qu’il ne s’applique qu’aux Etats l’ayant ratifié ne font que rappeler une nouvelle fois à quel point les instruments juridiques internationaux, en particulier ceux relatifs à la protection des droits humains restent inéluctablement soumis à la volonté politique de chaque Etat. Gageons toutefois que le soutien et l’action de la société civile visant à encourager les Etats réfractaires à s’y soumettre permette d’allonger la liste des Etats parties. On se souvient notamment de la campagne « Faites-le signer » d’Amnesty International France dont l’objet était d’inciter l’Exécutif à signer le Protocole. Ce n’est toutefois que le 11 décembre 2012 que la France en est devenue signataire, dans l’attente d’une prochaine ratification.

(1) « L’alimentation, un enjeu stratégique en période de conflit armé: Le cas spécifique de la seconde guerre civile soudanaise ».
(2)
 Comme le remarque Christophe Golay dans son ouvrage « Droit à l’alimentation et accès à la justice », Ed. Bruylant, p.69.
(3) Commission, Le droit à l’alimentation. Rapport présenté par M. Jean Ziegler, Rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation (7 février 2001), E/CN.4/2001/53, par. 14.
(4) Art. 24(2) (c) et 27 (3).
(5) Art. 12 (2).
(6) Adoption par la résolution A/RES/63/117.
(7) Après l’Argentine, la Bolivie, la Bosnie-Herzégovine, l’Équateur, l’Espagne, la Mongolie, le Portugal, le Salvador et la Slovaquie, le Protocole facultatif du PIDESC a été ratifié par l’Uruguay.





Insécurité alimentaire: Aperçu de la République Démocratique du Congo.

25 02 2013

La République Démocratique du Congo (RDC) est un immense Etat, plein de promesses de développement et de multiples richesses, mais qui, depuis des décennies, est secoué par une violence difficile à concevoir et une situation humanitaire absolument désastreuse. La multiplicité des groupes armés, la diversité de ses ressources naturelles et l’inertie gouvernementale sont en grande partie responsables de la situation qui prévaut actuellement dans cette région d’Afrique, de sorte que la pensée de Frantz Fanon suffit à résumer avec autant de justesse que de tristesse la réalité congolaise : « l’Afrique a la forme d’un revolver dont la gâchette se trouve au Congo ».

Présentation générale.

© Google

© Google

La RDC est un Etat d’Afrique centrale dont la capitale est Kinshasa, à l’Ouest du pays et dont la population représente 71,1 millions d’habitants.

Au plan du développement humain (calculé par l’ONU, à partir de données relatives à l’espérance de vie, scolarisation, revenus par habitant), la RDC se trouvait en 2011 à la toute dernière place, après notamment le Niger et le Burundi (Les trois premiers étant la Norvège, l’Australie, et les USA). Dans ce pays où plus de 75 % de la population vit avec seulement un dollar par jour, l’espérance de vie est estimée à seulement 47 ans pour les femmes et à 50 ans pour les hommes.

L’indice de fécondité est quant à lui estimé à plus de 6 enfants par femmes dans ce pays déjà affreusement touché par le fléau du viol. Il est en effet estimé que 400 000 femmes ont été violées entre 2006-2007.

Histoire politique contemporaine.

Historiquement, la République Démocratique du Congo est une ancienne colonie belge ayant acquis l’indépendance en 1960. Le pays est dirigé dès 1965 par Mobutu Sese Seko, après que celui-ci renverse le premier président par un coup d’Etat. Mobutu instaure dès lors un régime autoritaire et se maintient au pouvoir jusqu’en 1997.

Entre temps, le Rwanda est frappé par un conflit génocidaire faisant 800 000 morts, et qui aboutit par la fuite des forces armées gouvernementales ayant soutenu le génocide. Ces dernières s’installent dans l’Est de la RDC, à la frontière rwandaise et se rebaptisent en tant que Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR).

Joseph Kabila
© Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Mobutu est renversé en 1997 par un coup d’Etat mené par Laurent-Désiré Kabila, avec le soutien des troupes armées du Rwanda et de l’Ouganda. Une fois au pouvoir, Laurent-Désiré Kabila demande aux troupes armées étrangères l’ayant soutenu de quitter le pays. Celles-ci refusent, et s’installent à l’Est du pays, dans les régions des Kivus. Dès lors, l’est de la RDC devient une véritable poudrière du fait de la multiplicité des groupes armés, et de l’enjeu que représente l’exploitation de plus en plus importante des ressources minières présentes dans la région.

Laurent-Désiré Kabila est assassiné en 2001 par son garde du corps, et son fils Joseph Kabila lui succède et est toujours au pouvoir actuellement (deuxième mandat présidentiel en cours) malgré les allégations d’irrégularités relatives à sa réélection en 2011 face à son opposant Etienne Tshisekedi.

Élément symptomatique du conflit congolais : Les minerais.

Parmi les éléments contribuant directement à la persistance de la dégradation de la situation humanitaire en RDC, il est possible de citer le niveau élevé d’insécurité, la production agricole insuffisante, le manque d’infrastructures sociales et la présence de très nombreux déplacés internes des suites de la continuité du conflit armé secouant le pays. L’une des principales causes de ce conflit n’est par ailleurs un secret pour personne, puisque au-delà des revendications politiques ce conflit s’organise autour de la question du contrôle des ressources minières du pays.

La RDC est en effet dotée d’une abondance de ressources minérales rares dans toute sa région Est. Les principaux minerais exploités au Congo sont au nombre de quatre, et une grande partie d’entre eux est utilisée par l’industrie de l’électronique :

  • Le coltan, permettant d’obtenir le tantale, indispensable à la fabrication des condensateurs, dont la fonction est de stocker l’électricité,

  • La cassitérite, à partir de laquelle est obtenu l’étain que l’industrie de l’électronique utilise pour les soudures des circuits imprimés,

  • L’or, employé comme revêtement des fils électriques,

  • Les diamants.

Minerais de cassitérite

Tous ces minerais sont exploités dans des mines à ciel ouvert ou encore à l’intérieur de galeries pouvant descendre jusqu’à 300 mètres de profondeur. Du fait de l’enjeu qu’elles représentent, toutes ces mines sont minutieusement contrôlées et surveillées, soit par l’armée régulière, soit par des groupes rebelles. Ces minerais et leur commerce, qu’il soit licite ou illicite, permet aux groupes rebelles et à l’armée nationale d’obtenir aisément des sommes pouvant atteindre des dizaines de millions de dollars, qui leur servent à renouveler leurs équipements militaires, et poursuivre inlassablement le conflit.

Aperçu de la situation humanitaire.

À ce jour, la situation sécuritaire désastreuse qui prévaut en RDC a poussé 2,7 millions de personnes à se déplacer à l’intérieur du pays, et 420 000 autres à l’extérieur des frontières, principalement vers l’Ouganda à l’Est et le Congo-Brazzaville à l’Ouest. Cela a évidemment poussé l’ONU à réagir, au travers de deux opérations de maintien de la paix dès 1999 avec la MONUC, remplacée dès 2010 par la MONUSCO (Acronyme : Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC), dont le mandat porte essentiellement sur la protection des civils et la stabilisation et la consolidation de la paix (Résolution 1925).

Le conflit congolais ayant toujours cours aujourd’hui, son effet néfaste sur le développement du pays est irrémédiablement perceptible, en particulier en matière de sécurité alimentaire, ce à quoi s’ajoute l’incapacité des politiques gouvernementales à assurer la continuité des services sociaux de base et les faibles rendements agricoles. Ces effets se manifestent également au plan de l’accès à l’eau potable.

En 2011, l’OMS publiait un rapport dans laquelle elle affirmait qu’environ 51 millions de personnes en RDC, soit les trois quarts de la population, n’avaient pas accès à de l’eau potable. La RDC est pourtant le pays d’Afrique qui possède les ressources hydrologiques les plus importantes (c’est-à-dire plus de la moitié des réserves d’eau d’Afrique). À titre de comparaison, 30% de la population congolaise a accès une eau potable salubre, tandis que la moyenne pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne est de 60 %.

Point d’eau réalisé par ACF
© ACF – RDC

Consécutivement, le manque de développement des infrastructures en matière d’eau potable a des répercussion au plan sanitaire. À titre d’exemple, ce sont plus de 52 400 cas de choléra qui ont été détectés entre 2011-2012, dont 1 300 ont été mortels. Précision : le choléra est une maladie typique des lieux où l’hygiène et l’assainissement de l’eau sont insuffisants et peut être fatale si elle n’est pas traitée dans les trois premiers jours.

Élément paradoxal, dans certaines régions de RDC, notamment dans le centre du pays (Kasaï-Oriental), une bouteille d’eau de 1,5 litre coute plus chère que deux bouteilles de bière. Comptez 1 500 francs congolais (soit 0,76 €) pour une bière, et 3 500 FC (soit 3 €) pour une bouteille d’eau. L’eau mise en bouteille localement est d’ailleurs plus chère que les bouteilles importées. Il s’agit une nouvelle fois d’une conséquence du retard de développement en la matière associé à la situation sécuritaire désastreuse.

Au plan alimentaire, la situation est toute aussi catastrophique. La RDC fait partie des sept pays concentrant les 2/3 des personnes souffrant de sous-alimentation dans le monde (avec Bangladesh, Chine, Éthiopie, Inde, Indonésie et Pakistan). Depuis plusieurs décennies, les taux de malnutrition ne cessent d’augmenter. En l’espace d’un peu moins de 20 ans (1990-2007), la proportion de la population souffrant de sous-alimentation est passée de 26% (10 millions) à 69 % de la population totale (soit 42 millions de personnes). 60% de la population affectée par l’insécurité alimentaire se trouve dans les régions du Nord Kivu, du Sud Kivu, du Maniema ainsi que dans la Province Orientale et du Katanga.

© WFP

Chez les enfants, la situation est toute aussi inquiétante, puisqu’en l’espace de moins de 15 ans, la proportion d’enfants âgés de moins de 5 ans souffrant d’insuffisance pondérale a également augmenté, passant de 20 à 28%. La situation est telle, que l’IFPRI (Institut International pour la recherche en politique alimentaire), a déclaré en 2011 que la RDC était le seul pays depuis 1990 à être passé d’une situation alarmante à une situation extrêmement alarmante. Au niveau des denrées alimentaires, leur prix en 2012 est bien supérieur aux trois années précédentes (+46% pour la farine de maïs, +76% pour l’huile de palme).

La faible mobilisation de la communauté internationale au plan humanitaire en faveur de la RDC est également alarmante, puisque l’apport de l’aide humanitaire par habitant est non-seulement minimal, mais n’augmente également que légèrement (3$ en 2000, 6,5$ en 2008). En comparaison, l’aide humanitaire par habitant au Tchad est passée, sur la même période, de 50¢ à 15$ et de 14$ à 41$ en Somalie.

Les programmes d’intervention d’Action Contre la Faim.

ACF en RDC

ACF en RDC

La crise de la RDC peine certes à mobiliser la communauté internationale, mais Action Contre la Faim (ACF) est quant à elle présente dans le pays depuis janvier 1996 (17 ans !). C’est plus exactement ACF USA qui est présente sur place, en employant 30 à 40 expatriés ainsi que 600 employés nationaux. Pour mener à bien ses programmes, ACF a étendu son champ d’action dans différentes régions de la RDC, allant de la capitale Kinshasa jusqu’à l’Est et l’extrême Nord-Est du pays.

Concernant les caractéristiques de l’intervention d’ACF, la mission de l’organisation porte sur 3 des 4 domaines d’interventions auxquels l’organisation est apte à agir, à savoir :

  • La nutrition, la santé et les pratiques de soins,

  • La sécurité alimentaire et de développement des moyens d’existence,

  • L’eau, l’assainissement et l’hygiène,

  • Plaidoyer et sensibilisation.

Dans le cas spécifique de la RDC, ACF a tout d’abord établi un programme relatif au domaine de la nutrition, de la santé et des soins. Ce programme est organisé autour de quatre axes d’action :

  • L’intervention d’urgence pour la crise nutritionnelle,

  • La surveillance des niveaux de nutrition,

  • L’éducation à la santé,

  • Le renforcement des capacités du Programme National de Nutrition du Ministère de la Santé.

ACF mène également à bien un programme axé sur la sécurité alimentaire et le développement des moyens d’existence. Ce programme s’organise autour de :

  • La distribution de semences et d’outils,

  • La diversification des cultures,

  • La formation technique,

  • Le développement des activités génératrices de revenus (Ex. : Distribution de coupons alimentaires).

Enfin, le troisième programme d’ACF en RDC concerne le domaine de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène. Pour ce faire, ACF agit pour :

  • Le forage de puits, l’installation de collecteurs d’eau,

  • L’installation de latrines à usage privé et public,

  • La promotion de l’hygiène,

  • La prévention du choléra.

Enfin, au plan du bilan d’ACF, l’organisation est parvenue en 2010

  • à former 4 000 travailleurs de santé publique,

  • à équiper 476 centres de traitements,

  • à soigner 42 000 personnes souffrant de sous-nutrition.

En 2011, ce sont 92 000 personnes qui ont bénéficié de l’assistance pluridisciplinaire d’ACF.

L’action du Programme Alimentaire Mondial.

Rien que pour l’année 2012, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) est parvenu à venir en aide à 2,5 millions de bénéficiaires. Sur les sept précédentes années, ce sont 2,3 millions de personnes en moyenne qui ont reçu une aide alimentaire de l’organisation. Le PAM vient en aide en priorité aux personnes affectées par le conflit armé, en particulier dans l’Est du pays, et travaille également en coopération avec d’autres agences des Nations Unies et ONG pour le transport du matériel humanitaire dans les régions reculées de RDC.

L’action du PAM en RDC s’organise en cinq programmes complémentaires :

  • Nutrition : Le but étant l’amélioration de l’état nutritionnel des personnes identifiées comme sévèrement ou modérément à risque. Ce programme nutritionnel est mis en place dans les centres thérapeutiques mais également dans les cantines scolaires.
  • Assistance aux déplacés internes, réfugiés et rapatriés : L’organisation vient en aide aux personnes les plus vulnérables telles que les plus âgées, les orphelins ou les malades chroniques.
  • Santé : Assistance aux personnes affectées par le VIH.
  • Programmes « Vivres contre travail » (Food-for-work) et « Vivres contre formation » (Food-for-training ) : L’objectif de ces programmes vise la réhabilitation des infrastructures rurales telles que les voies terrestres, les écoles et établissements publics, tout en permettant à la population locale d’accéder à des denrées alimentaires et/ou à une formation en l’échange du travail qu’elles fournissent dans le cadre desdits programmes. Le PAM veille également à ce que les produits des fermiers congolais parviennent aux marchés afin de stimuler l’économie tout en facilitant l’accès aux produits pour les populations.
  • Soutien des programmes de démobilisation des enfants-soldats et des adultes combattants avec leur famille : L’organisation porte également une attention toute particulière aux femmes, lesquelles sont nombreuses à être victimes de violences sexuelles commises par des groupes armés.




Human-Cola: Des bulles et de l’humanitaire.

4 07 2012

Coup de projecteur sur le pari un peu fou, mais ô combien humaniste qu’a fait un entrepreneur français installé en Bretagne : faire du soda un symbole de la solidarité humanitaire. Initialement dirigeant d’une cidrerie, Dominique Le Brun a en effet créé Uman Cola, une société qui commercialise du cola, et dont la vocation est également humanitaire. Le principe est redoutablement séduisant, puisque pour chaque bouteille de soda achetée, 50% des bénéfices de la vente sont reversés à des associations humanitaires partenaires. De la sorte, la moitié des bénéfices obtenus au titre de chaque bilan annuel de la société est reversée à Action Contre la Faim, qui agit en faveur des populations touchées par l’insécurité alimentaire, mais également à l’association À chacun son Everest, dont l’objectif est d’apporter une assistance aux enfants atteints de cancer ou de leucémie.

Ainsi dès 2011, la société Uman Cola a initialement diffusé ses boissons dans les étales des magasins Franprix et dans plusieurs autres enseignes de la région bretonne et de la région parisienne. Cette même année, Uman Cola a également reçu le prix spécial du jury lors de la 13e édition des Trophées des Grés d’Or, événement annuel organisé par la Fédération des Entreprises et des Entrepreneurs de France (FEEF) et qui récompense les partenariats performants réalisés entre des Industriels et des Enseignes du Commerce Moderne. Et c’est aujourd’hui en 2012, à l’aube d’une nouvelle étape pour la société Uman Cola et ses produits que j’ai eu l’honneur, pour la réalisation de cet article, de poser plusieurs questions à Dominique Le Brun :

Lookingforsomehope : Pouvez-vous nous présenter la gamme de boissons au cola que vous proposez actuellement ?

Dominique Le Brun : La gamme des produits Human Cola est composée actuellement de quatre éléments : le Regular, le Light et le Zéro. Pour ces deux derniers nous avons choisi de ne pas utiliser d’aspartame au regard des polémiques dont ce composant fait l’objet. Le quatrième est le Bio. C’est le dernier sorti de la gamme, il est labellisé et composé de sucre bio tout comme le Light et le Zéro. Uman, en partenariat avec l’entreprise de fabrication a fait un travail gigantesque dans la mise au point des recettes, pour chacun de ses produits. Ceci dans le but de proposer des produits qui plaisent à toutes et tous et qui donnent envie de se joindre à la cause.

Human Cola Regular
© Uman

L : Vos boissons sont distribuées dans plusieurs centres commerciaux de Bretagne depuis 2011 et partout en France avec l’enseigne Franprix. Qu’en est-il aujourd’hui, et quelles seront les prochaines enseignes à proposer votre boisson ?

DLB : Nos boissons seront disponibles partout en France dans presque toutes les grandes surfaces – Franprix, Auchan, Cora, Géant/Casino et Leclerc – à partir de la mi-juillet. Nous espérons pouvoir distribuer nos produits bientôt chez Carrefour et dans les surfaces de vente de Système U. À ce titre, un spot TV sera diffusé sur TF1 durant deux semaines dès la moitié du mois d’août, afin que les consommateurs puissent reconnaître les produits dans les rayons et savoir qui nous sommes. La diffusion de ce spot publicitaire se fera en synchronisation avec le lancement des produits dans les rayons. Nous l’avons prévu comme cela afin que les consommateurs et les personnes intéressées puissent trouver les produits dans leur supermarché au moment où ils le découvriront à la télévision.

L : Prévoyez-vous d’étendre votre gamme de produits à d’autres sodas ou boissons ?

DLB : Si le Human Cola fonctionne bien et que nous parvenons à stabiliser les bénéfices, il est fort possible que Uman s’étende à d’autres Human produits et d’autres références ; pourquoi pas un Human Juice ou autre. Nous l’espérons.

L : Quel montant avez-vous pu reverser aux associations partenaires, au titre de l’année 2011 ? 

DLB : En 2011 la Société Uman est parvenue à reverser environ 5000 euros a chacune des associations partenaires, et nous souhaitons bien sûr en faire beaucoup plus pour les années à venir.

L : Et au-delà de la simple participation financière par le reversement de la moitié de vos bénéfices aux associations partenaires, avez-vous également prévu de participer à des projets humanitaires spécifiques ?

DLB : Nous préférons soutenir la cause à la hauteur de nos moyens pour le moment et laisser mener des actions plus importantes aux organismes et associations de professionnelles dont c’est le métier comme Action contre la Faim que nous soutenons. Par ailleurs, nous serions confrontés à des problèmes logistiques complexes qui freineraient notre action. Notre priorité est avant tout d’aider les deux associations partenaires À chacun son Everest et Action contre la Faim. Néanmoins, il n’est pas impossible que nous décidions de mettre en place des partenariats ponctuels ou que nous participions à des événements.

L’avenir semble donc prometteur pour Uman et ses partenaires, et à qui l’on souhaite très sincèrement de nombreuses réussites. Un immense coup de cœur donc pour cette brillante initiative qui mérite à être davantage connue.

La rédaction de lookingforsomehope.com tient à remercier chaleureusement Dominique Le Brun et ses collaborateurs pour leur infinie sympathie et d’avoir permis la réalisation de ce questionnaire.





Agenda des Droits Humains et de l’Action Humanitaire – Juillet et Août 2012

18 06 2012

1er JuilletAmnesty International France publie le nouveau numéro de son mensuel « La Chronique », avec un dossier spécial consacré aux relations entre les ONG et les réseaux sociaux. La revue contiendra également un focus sur l’Asie du Sud-Est et le Moyen-Orient.

2 au 27 juillet – Négociations du Traité international sur le commerce des armes classiques à New York.

4 au 7 juillet – Université d’été 2012 de la solidarité internationale, à Lyon. Plus d’informations >>

18 juillet – Journée internationale Nelson Mandela. Plus d’informations >>

22 au 27 juillet – 19ème Conférence internationale sur le sida, à Washington D.C. sous le thème « Turning the tide together » (Inverser ensemble le cours de l’épidémie). Plus d’informations >>

19 août – Journée mondiale de l’aide humanitaire. Plus d’informations >>

21 aout – Semaine mondiale de l’eau.





Bis repetita: Un an après la Corne de l’Afrique, le Sahel se meurt dans l’indifférence générale.

18 06 2012

La faim constitue le premier risque sanitaire dans le monde. Chaque année en effet, la faim tue plus de personnes que le sida, le paludisme et la tuberculose réunis.

À moins de 3 000 kilomètres de distance de l’Europe, se déroule d’ailleurs au Sahel depuis plusieurs mois l’une des plus graves crises alimentaires de l’histoire de cette région. Le Sahel compte actuellement, dans le silence le plus total des médias et de la communauté internationale, 15 millions de personnes vulnérables en proie à l’insécurité alimentaire. Parmi ces personnes, près de 3 millions d’enfants sont actuellement menacés de malnutrition sévère.

Crise alimentaire et nutritionnelle au Sahel au 1er avril 2012. © UNOCHA

Et les chiffres liés à cette crise sont aussi démentiels que terribles. En février 2012, les agences humanitaires de l’ONU considéraient que 724 millions $US seraient nécessaires à la lutte contre l’insécurité alimentaire sahélienne. Avec l’évolution de la crise, 1 500 500 000 $US sont dorénavant indispensables depuis le mois de juin, tandis que 643 millions seulement ont été attribués, soit seulement 43% de la somme nécessaire. En mai 2012, 200 millions $US uniquement avaient d’ailleurs été versés.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), 19 255 760 personnes sont placées en situation d’insécurité alimentaire au Sahel. Au vu de la somme d’argent totale nécessaire pour résoudre la crise, cela correspond à 78 $US affecté à chaque personne. Et parmi les neuf pays les plus touchés par cette crise alimentaire (le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nord du Cameroun, le Nord du Nigéria, le Sénégal et la Gambie), le Niger est certainement celui dont la situation est la plus inquiétante. En effet, 6 400 000 personnes sont affectées par cette crise, soit 33% de la population du pays (une personne sur trois).

La faim dans le Sahel et dans le reste du monde n’est pourtant pas une fatalité. En effet, la production agricole mondiale actuelle est en mesure de nourrir plus de 12 milliards d’êtres humains, mais la spéculation alimentaire, l’accaparement des terres des pays en développement par des trusts agro-alimentaires occidentaux, et l’excès de consommation de viande notamment empêchent toute amélioration de la sécurité alimentaire.

La faim est d’autant moins une fatalité puisque vous aussi, vous avez la possibilité de contribuer à la lutte contre ce problème majeur et planétaire très simplement, avec le Programme Alimentaire Mondial. Le PAM mène en effet une campagne de levée de fonds toute particulière en faveur du Sahel, puisque pour chaque euro de don que vous effectuerez, l’entreprise néerlandaise Nationale Postcode Loterij s’engage à tripler la somme, et ce jusqu’au 20 juin à minuit !

Ainsi pour 10€ de don => 30€ seront au final affectés à la lutte contre la crise alimentaire au Sahel.
Pour 40€ de don => votre impact sera en réalité de 120 € !

Chaque euro versé sera d’une aide immense et décuplée pour les populations concernées. Voyez plutôt: le Programme Alimentaire Mondial peut en effet fournir une semaine de repas à un écolier avec 1 euro ! Et 20 centimes d’euros suffisent également pour remplir une tasse de purée, de riz ou de haricots. Rien qu’en 2010 et en 2011, le travail d’envergure de l’organisation humanitaire a permis de venir en aide à 90 millions de personnes dans le monde, soit 180 millions de personnes en deux ans.

Ainsi, si vous disposez ne serait-ce que d’un seul euro, et de deux minutes, n’hésitez donc pas à vous rendre à la fois sur la page des donateurs du Programme Alimentaire Mondial et à relayer cet appel autour de vous.

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À LIRE SUR LE MÊME THEME:

Fin de la famine en Somalie: Quand les chiffres suffisent à relativiser la tragédie.

En savoir plus sur l’insécurité alimentaire.








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