Le Tiers-Monde, ensemble de pays en développement et dont le poids sur la scène internationale n’est que marginal, souffre également de pathologies inhérentes à sa situation, comme notamment l’impossibilité de faire face efficacement et durablement à certaines maladies.
Le problème est d’autant plus grave que pour beaucoup d’entre elles, elles ont été quasiment éradiquées ou ne subsistent qu’à des niveaux extrêmement faibles dans les pays développés, et dans lesquels sont implantées les plus importantes industries pharmaceutiques, ces dernières gardant jalousement leurs brevets médicaux. Ne pouvant avoir suffisamment accès aux soins, ces pays de seconde zone trouvent ainsi dans certaines maladies les causes majeures de leur pauvreté puisqu’elles sont autant un frein au développement économique qu’humain. Voyons ensemble de quelles maladies il s’agit, à travers l’exemple de six d’entre elles.
- Le paludisme:
Le paludisme, également désigné par le terme de malaria, est une maladie infectieuse transmise par un moustique principalement dans les zones tropicales du globe. Elle est la maladie parasitaire la plus répandue dans le monde et 80 % des cas enregistrés sont répertoriés en Afrique subsaharienne.
Chaque année, plusieurs centaines de millions de personnes sont touchées par cette maladie contaminante du sang, et une à trois millions d’entre elles (soit une personne toutes les 30 secondes !) en meurent faute de soins appropriés ou d’accès à des établissements traitant la maladie.
Les symptômes du paludisme sont caractérisés par une fatigue généralisée, une perte d’appétit, des vertiges, des douleurs musculaires et des troubles digestifs (vomissements, diarrhée…). Dans les cas les plus graves, le paludisme peut entrainer le coma et la mort en quelques jours voire quelques heures s’il n’est pas traité. Il n’existe qu’un seul traitement véritablement efficace: les ACT, “Artemisinin-based combination therapy“, autrement dit des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine, qui sont un traitement recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé mais dont le prix reste encore élevé. Des recherches en vue de traitements plus efficaces et moins chers, ainsi que des vaccins sont en cours.
- Le choléra:
Il s’agit d’une infection intestinale aiguë et contagieuse due à une bactérie, et qui se caractérise par des diarrhées brutales et très abondantes. Ces diarrhées foudroyantes peuvent entraîner une déshydratation sévère et une insuffisance rénale mortelle. Dans plus de la moitié des cas et en l’absence de traitement (de quelques heures à trois jours) la maladie est fatale.
Le choléra se transmet par voie directe fécale-orale ou par l’ingestion d’eau et d’aliments contaminés. Présente essentiellement dans des zones telles que les les estuaires ou dans les eaux saumâtres (lieux où l’hygiène et l’assainissement de l’eau sont insuffisants), de récentes études indiquent que le réchauffement climatique pourrait créer un environnement favorable aux germes de la maladie et augmenter irrémédiablement leur fréquence dans les zones vulnérables.
Aujourd’hui, c’est en Afrique que le choléra est le plus préoccupante et touche essentiellement les enfants malnutris et les porteurs du virus du SIDA. Divers vaccins existent, mais leur efficacité n’est pas parfaite puisqu’ils protègent jusqu’à 90% des gens vaccinés pour une durée de six mois à un an. Le plus grand obstacle réside également dans le prix de ces vaccins dont la dose coute environ 20 dollars (trois milliards de personnes vivent actuellement avec moins de deux dollars par jour). Toutefois, des recherches portent actuellement sur un nouveau vaccin moins cher, et dont les résultats seraient d’ors et déjà prometteurs.
- La tuberculose:
La tuberculose est une maladie infectieuse et transmissible qui tue aujourd’hui près de deux millions de personnes chaque année dans le monde.
Il existe plusieurs types de tuberculose (osseuse, rénale, intestinale, génitale…) mais la tuberculose pulmonaire reste la plus fréquente et la plus répandue. De plus, la maladie peut à partir des poumons se diffuser dans tout l’organisme, augmentant ainsi les risques de décès.
Les symptômes sont décrits par de la fièvre, une toux, un amaigrissement de 5 à 10 kg qui apparait en quelques mois. Le développement de la maladie est encouragé par des facteurs tels que la malnutrition, la toxicomanie par voie veineuse ou encore l’absence de domicile fixe.
Le traitement est d’une durée de six mois à quoi s’ajoute deux mois de quadrithérapie antibiotique. Précisons qu’un traitement prolongé reste nécessaire pour guérir de la maladie, ce qui est généralement impossible dans certaines régions rurales du monde où aucun établissement médical n’est disponible.
- L’hépatite B:
L’hépatite B est une hépatite virale entrainant une inflammation du foie. Il s’agit d’une des maladies les plus fréquentes dans le monde puisqu’il est estimé qu’environ deux milliards de personnes sont infectées.
La transmission du virus se fait lors de rapports sexuels, par des seringues contaminées de toxicomanes, des transfusions sanguines à risques, ou encore lors de l’accouchement. Les symptômes de la maladie résident dans un jaunissement de la peau et des troubles digestifs avec nausées et vomissements et peuvent entrainer une cirrhose ou même encore un cancer du foie.
Un vaccin existe pour se protéger de la maladie. Toutefois, il n’existe aucun médicament permettant d’éliminer l’hépatite B lorsqu’une personne est déjà infectée. Seuls certains traitements parviennent à éviter l’évolution de la maladie vers une cirrhose ou un cancer.
- Le kwashiorkor:
Le kwashiorkor est un syndrome de malnutrition caractérisé par une carence très importante en protéine. Il touche les enfants âgés de 18 mois à trois ans suite à un sevrage précoce qui passent à une alimentation trop pauvre sinon absente en protéines. En effet, dans les pays touchés par ce syndrome, les enfants sont alimentés par des bouillie de céréales comme le manioc, le mil ou le maïs. Ces repas sont évidemment insuffisamment riches en protéine pour ces enfants dont les besoins protéinaires sont importants. Actuellement, des millions d’enfants sont atteint de kwashiorkor, essentiellement en Afrique.
Les symptômes visibles de la maladie sont pêle-mêle une croissance retardée ou arrêtée, un œdème de l’abdomen (gros ventre), une tête et des pieds qui paraissent plus volumineux, un amaigrissement, des cheveux qui s’éclaircissent et la peau qui rougit, des troubles digestifs comme des diarrhées ou des gastro-entérites mais également des troubles pouvant être mentaux. À un stade plus avancé, les fonctions vitales sont inévitablement atteintes, entraînant ainsi des états de choc, le coma et la mort.
Cette maladie persiste principalement dans des pays pauvres ou en voie de développement, où les populations sont sous-alimentées comme en Afrique (région la plus touchée), mais aussi en Amérique du Sud ou en Inde. Il n’est pas rare non plus que des cas soient répertoriés en Corée du Nord. Dans certaines de ces régions, le kwashiorkor est responsable de la mort de près de 30 % des enfants de moins de 5 ans.
Fort heureusement, il est possible de soigner les enfants atteints de cette maladie, mais uniquement si ce traitement est effectué à temps par de petites rations hyperglucidiques régulières, et progressivement enrichies en protéines. L’enfant est alors considéré comme guéri lorsque sa masse corporelle atteint 85 % de la normale. En revanche, en cas de traitement tardif, même si l’enfant retrouve une bonne santé, des séquelles restent très importantes, tant sur le plan physique (taille réduite) que mental (retard intellectuel). Si le traitement survient trop tardivement, la mort de l’enfant est inévitable.
- Le sida:
Le SIDA, ou syndrome de l’immunodéficience acquise est certainement à ce jour la maladie la plus connue et la plus médiatisée, certainement en raison du fait qu’elle touche à la fois les pays les plus pauvres mais aussi les plus riches.
Le virus du SIDA agit en détruisant les cellules du système immunitaire jusqu’à entrainer la mort de la personne des suites de maladies opportunistes.
Il n’existe actuellement aucun vaccin, seuls des traitements antiviraux sont disponibles mais ne permettent pas d’en guérir puisqu’ils ne font que ralentir la prolifération du virus dans l’organisme.
Sans surprise, ces traitements retardant sont très coûteux, réduisant ainsi les facilités d’accès dans les pays en développement, à tel point qu’aujourd’hui, plus de 95 % des patients ne bénéficient d’aucun de ces traitements.
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