Insécurité alimentaire: En finir avec le mythe de la surpopulation mondiale.

11 09 2011

925 millions de personnes sous-alimentées dans le monde ; 65 pour cent d’entre elles vivant dans seulement sept pays: l’Inde, la Chine, la République démocratique du Congo, le Bangladesh, l’Indonésie, le Pakistan et l’Ethiopie ; 30 milliards de dollars par an nécessaires pour éradiquer le fléau de la faim dans le monde…

Derrière la dure réalité de ces chiffres, certains pensent que la solution la plus efficace dans la lutte contre l’insécurité alimentaire serait de contrôler les naissances, ou plus exactement de limiter le nombre d’enfants par femme. En d’autres termes, la démographie galopante connue dans certaines régions du monde serait l’une des raisons – sinon la principale – de l’impossibilité de mettre fin aux famines. Et à mesure que cette démographie augmente, la difficulté pour nourrir l’humanité entière irait de même.
Sans véritablement entrer dans les détails, et sans avoir non plus la prétention d’apporter la solution au mal de la faim dans le monde, intéressons-nous ici à démontrer combien cette idée, sans être fondamentalement mauvaise, n’est pas une solution à court terme, pas plus qu’elle ne l’est sur le long terme. Explications.

Il n’est pas à démontrer que la croissance démographique la plus importante se trouve dans des pays empreints de la culture musulmane ou encore dans des régions de l’Afrique noire. Il semble par conséquent bien difficile pour commencer, même avec beaucoup de bonne volonté, de parvenir à convaincre les populations de ces régions à utiliser des moyens contraceptifs lorsque ceux-ci sont soit bannis par les croyances ou par le manque d’infrastructures et de suivis médicaux viables et efficaces. Par conséquent, une double difficulté se pose là: il est non seulement nécessaire de convaincre ces populations d’utiliser des contraceptifs, changer leur mentalité sur cette question, mais également encourager la communauté internationale à fournir en nombre suffisants ces contraceptifs tout en ne diminuant pas les dons de denrées alimentaires.

De plus, en quoi serait-il nécessaire, voire même fondamental de prôner un ralentissement des taux de natalité alors que beaucoup d’études sont formelles: si la tendance démographique actuelle est à l’augmentation, nous nous rapprochons de plus en plus du sommet avant que le monde tout entier ne connaisse une véritable chute de la démographie. C’est déjà le cas en Russie, où les taux de mortalité sont plus élevés que les taux de natalité. L’Europe également peine à son tour à ralentir la diminution des naissances, et même la Chine s’approche dangereusement de cette situation en raison de la politique de l’enfant unique.

Le contrôle de la démographie n’est pas également une solution dans le sens où elle peut s’avérer très dangereuse. En effet, dans des régions où une grande importance est apportée à la « descendance familiale », dans des cultures ou mentalités où il est encore considéré comme primordial d’avoir un enfant du sexe masculin, quelle serait l’explication des pro-diminution de la démographie lorsque des milliers de petites filles seront abandonnées ou tuées, comme cela s’est notamment produit en Chine ? Là encore, la solution du contrôle de la démographie s’oppose à un problème de mentalités qui demandent davantage de temps pour être changées que le problème de la faim n’en a besoin. Les questions d’eugénisme méritent également que l’on s’y intéresse, même si une telle politique a peu de chance d’être mise en place hors pays « ultra-développés ».

Enfin et surtout, une telle idée se heurte au fait, nous l’avons vu, qu’elle ne soit pas forcément en osmose avec certaines mentalités tandis qu’à l’inverse, il ne fait aucun doute pour beaucoup que les règles du marché économique-financier-bancaire-alimentaire mondial sont absolument immorales et nécessitent d’être réformées en urgence, et en profondeur. Un tel système prendrait par ailleurs beaucoup moins de temps à être refondé – il est déjà critiqué et remis en cause dans le monde entier, ce qui n’est pas le cas pour les naissances –, contrairement à une prise de conscience raisonnée sur un contrôle des naissances raisonnable qui prendrait certainement au bas mot une génération entière pour qu’il soit mis en place. Une refonte globale de notre système économique ne demanderait évidemment pas autant de temps… si tant est que l’on s’en donne les moyens, cela va de soi.

Et si malgré cela, nous sommes toujours pas d’accord sur la manière de juguler efficacement les famines, il reste encore possible de soutenir l’action du Programme Alimentaire Mondial, oeuvrant dans 73 pays, en effectuant un don.

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Contribuez à votre manière pour la lutte contre la faim dans le monde.

15 02 2011

L’insécurité alimentaire est un problème récurrent et croissant de ces deux derniers siècles, et il devient d’autant plus urgent que le nombre de personnes gravement sous-alimentées augmente régulièrement, et ce malgré une récente et enthousiasmante diminution. On se souvient encore en effet avec amertume de l’année 2009 où le cap du milliard d’affamés dans le monde avait été franchi.
Il est d’autant plus urgent d’agir aujourd’hui dans une optique de primauté du droit à l’alimentation et de maitrise du coût des denrées alimentaires – lesquelles battent encore actuellement des records – puisqu’un des huit objectifs du millénaire pour le développement prévoit de réduire de moitié de nombre de personnes souffrant de troubles de l’alimentation dans le monde. Définis en 2000 à l’initiative de l’ancien Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan, ces objectifs dits du millénaire doivent pouvoir être atteints en 2015, date limite à laquelle la campagne des Nations Unies devra prendre fin. Pourtant, force est de constater qu’en l’espace de 10 ans, et à 5 ans seulement de l’échéance finale, le nombre de personnes sous-alimentées n’a pas diminué d’un iota. Pire, si la FAO (Organisation des nations Unis pour l’Alimentation et l’Agriculture) estimait le nombre sous-alimentés à 840 millions de personnes durant la période 1998-2000, les dernières évaluations datant de septembre 2010 estiment que 925 millions de personnes souffrent de faim chronique.

Il est dès lors plus que temps d’agir, d’autant plus que divers moyens sont mis à la disposition de chacun, tant pour contribuer à la lutte proprement dite contre la sous-alimentation que pour alerter les Etats les plus puissants sur cette alarmante situation. Le premier de ces moyens, et certainement le plus classique d’entre tous est de contribuer financièrement à l’action d’une organisation humanitaire. Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) propose ainsi directement sur son site web que vous procédiez au don de quelques euros. Tout en vous informant que 20 centimes d’euros suffisent à remplir une tasse de purée, de riz ou de haricots, le PAM vous laisse également choisir dans quelle optique votre don – d’un montant de votre choix, même infime – devra être utilisé, qu”il s’agisse par exemple de venir en aide aux victimes du séisme en Haïti, à fournir des repas scolaires, ou encore à être utilisé pour les situations d’urgence.

Il est également possible d’apporter sa contribution à la lutte contre l’insécurité alimentaire en alertant les gouvernements les plus puissants du monde. Pour se faire, la FAO a lancé le 11 mai 2010 son projet 1 Billion Hungry qui consiste à faire pression sur les responsables politiques afin qu’ils agissent davantage dans ce combat que plusieurs organisations mènent déjà sans relâche (Lire à ce sujet Project 1 billion hungry: Signez la pétition pour éliminer la faim dans le monde) Si l’objectif initial était de recueillir 500 000 signatures avant septembre 2010 afin qu’elles soient remises à l’occasion du Sommet des États membres des Nations Unies à New York, cette pétition est toujours accessible et compte aujourd’hui plus de 3 millions de signatures. Elle constitue par conséquent à l’heure actuelle la plus grande vitrine de l’engagement des citoyens du monde investis et concernés par cet immense problème. Parallèlement, le Programme Alimentaire Mondial a également mis à disposition une pétition à l’échelle internationale afin que celle-ci soit signée par un milliard d’internautes, soit tout autant que de personnes affamées.

De façon toute aussi haletante, Action contre la Faim met en place chaque année depuis 2008 un projet qui a de quoi nous faire perdre haleine. Et pour cause, Action contre la Faim vous propose de courir à l’occasion du challenge interentreprises contre la faim. Le but est simple, l’entreprise participant à cette course reverse 15 € par kilomètre parcouru par chacun de ses salariés. À titre d’exemple, 1 800 coureurs en 2010 ont participé à cette initiative et ont permis de recueillir 353 310 €. Pour 2011, le challenge se tiendra à Paris sur le parvis de la Défense le 27 mai, ainsi qu’à Lyon le 26 juin dans le parc de Gerland. Courrez donc vite vous inscrire sur le site web dédié ouvert depuis le 1er février !

Enfin, et plus original, il est possible de lutter depuis chez vous contre l’insécurité alimentaire en répondant à des quiz élaborés par le PAM. Régulièrement, des quiz sur la thématique de la faim dans le monde sont en effet proposés et les réponses fournies par chaque participant permettent de fournir un repas à un enfant vivant dans un pays où le PAM assure une assistance. Vous pouvez actuellement tester vos connaissance sur la faim en Haïti et permettre ainsi qu’un enfant haïtien soit nourri. Par ailleurs, il vous est également possible de jouer à un jeu toujours développé par le Programme Alimentaire Mondial au travers duquel 10 grains de riz sont attribués au PAM pour chaque réponse que vous donnerez. Actif depuis 2007, FreeRice a ainsi permis que 87 millions de grains de riz soient donnés. Petite précision, 44 millions de grains de riz ont été récoltés dans le seul courant de l’année 2008, année notamment marquée par une crise alimentaire ponctuée par plusieurs émeutes de la faim dans le monde.

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Insécurité alimentaire: Le bilan de l’année 2010.

5 01 2011

Tandis que chaque nouvelle année ouvre la porte aux perspectives et autres buts atteindre au cours des mois à venir, cela donne également l’occasion d’établir un bilan des évènements et évolutions de ceux-ci au cours de l’année achevée.
En concordance avec la ligne éditoriale du blog, je vous propose donc pour commencer 2011 d’établir un bilan de l’insécurité alimentaire dans le monde, sujet plusieurs fois abordé sur le site, tant il m’est cher. Toutefois, malgré l’information recueuillie au cours de l’année 2010, ce bilan ne pourra être que bref, tant le sujet déborde de données, à l’image du nombre de personnes souffrant aujourd’hui de sous-nutrition.

Beaucoup de mauvaises nouvelles, d’abord et toujours en Afrique… :

L’année 2010 a notamment commencé tandis qu’Haïti se trouvait sous les décombres à la suite d’un séisme surmédiatisé (Lire à ce sujet l’article Haïti est-ce que tu vis [encore] ?) d’une magnitude de 7,0 sur l’echelle de Richter ayant causé le décès de plus de 225 000 personnes et faisant passer à l’état de sans-abris 1 million d’autres haïtiens. En conséquence, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) s’organise dès janvier pour mettre en place dans la capitale des centres de distribution de nourriture grâce auxquelles l’aide alimentaire à pu être distribuée à 2 millions d’haïtiens environ.
En parallèle, 2010 aurait également pu être désignée comme une année de crainte sans relâche d’une éventuelle catastrophe alimentaire au Niger. En raison d’une sécheresse doublée par l’instabilité des prix des denrées alimentaires, ainsi que par le manque cruel de récoltes, le PAM prévoit derechef d’intervenir auprès de 4,5 millions de nigériens, tandis que ses prévisions étaient moitié moindre pour la même année. Il est dès lors annoncé que près de 47 % de la population nigérienne est frappée par l’insécurité alimentaire. Redoutant d’être dépassées par le nombre toujours croissant de sous-alimentés, les ONG de tous horizons lancent un appel afin que 133 millions de dollars leur soient attribués dans le cadre de la lutte contre la faim au Niger tandis que 57 millions de dollars avaient déjà été récoltés. Au milieu de l’année 2010, il est estimé que 17 % des enfants agés de moins de cinq ans souffraient de malnutrition aigüe globale, tandis que ces chiffres étaient 42 % moins élevés pour 2009. Fort heureusement, dès novembre et grâce finalement à une bonne saison agro-pastorale, le pourcentage d’enfants sous-alimentés passe à 15,5 % bien que ce chiffre reste au-dessus du seuil d’urgence fixé à 15 %.
La région limitrophe du Niger a elle aussi connu une des années les plus difficiles. Durant 2010, plus de 10 millions de personnes sont touchées par la sous-nutrition chronique. Comme c’est le cas habituellement, la majorité de ces personnes sont des femmes et des enfants, ces derniers étant plus de 500 000 à avoir été pris en charge par les organisations de solidarité internationale dans toute la région du Sahel. Au Tchad, les victimes de la faim passent entre 2009 et 2010 à 61 % de la population locale. Au Mali, le gouvernement fait connaître quant à lui des besoins financiers s’élevant à plus de 130 millions de dollars afin de pouvoir lutter contre la famine. Dans le Sud-Soudan, ce sont entre 30 et 50 % des enfants qui souffrent de malnutrition.
Dans la corne de l’Afrique, en Somalie, alors que la situation humanitaire ne trouve aucune échappatoire, l’aide alimentaire distribuée par le PAM est soupçonnée d’être détournée au profit de trois hommes d’affaires locaux, ce que le PAM dément avec force tout en annonçant le non-renouvellement des contrats qui liait l’organisation avec ces trois somaliens. Concernant les chiffres de la faim, près de 43 % de la populationenviron 3,2 millions de personnes – dépendent de l’aide humanitaire des ONG présentes dans le pays. Une grave sécheresse a d’ailleurs sévit dans la région du Mudug, dans le centre du pays, touchant tant les personnes que les maigres cheptels qu’elles possèdent.
De l’autre coté de la rive, le Yémen alerte la même année les bailleurs de fond qu’une grave crise alimentaire guette le pays, de même en Irak où les autorités prévoient pour 2010 d’importer jusqu’à 80 % de ses besoins en blé et riz.

…Mais pas seulement, comme dans le reste du Monde:

Le milieu de l’année a également été animé par un sommet du G20 que beaucoup ont jugé inutile – notamment les ONG. En effet, beaucoup considèrent que ce sommet n’a servi qu’à formuler de nouvelles promesses qui ne seront encore et toujours pas tenues, ou bien que ces promesses reflètent une certaine ironie à peine dissimulée, à l’image du coût du sommet parfaitement identique à l’engagement pris par le Canada pour l’aide au développementsoit 1,1 milliard de dollars.
Le problème de la faim ne réside pas qu’en Afrique, puisqu’en 2010 le PAM intervient également en Europe de l’Est, au Kirghizistan, où 620 000 personnes bénéficient de son assistance.
Par ailleurs, le PAM dénonce au mois de novembre l’insécurité alimentaire persistante qui sévit auprès du tiers des habitants de Corée-du-Nord. En Mongolie, Action Contre la Faim vient en aide aux éleveursun tiers de la population vit de l’élevage – qui ont vu leurs cheptels décimés par un hiver et un été meurtriers pendant lesquels 8 millions de bêtes n’ont pas resisté.
Tandis qu’en 2010 la pluie manque en quantité au Sahel, celle-ci provoque en revanche des inondations meurtrières au Pakistan, où 20 millions de personnes sont touchées et placées en position d’extrême faiblesse alimentaire. Comble de malchance, ces innondations s’inscrivent dans la continuité d’une instabilité alimentaire croissante depuis 2003 touchant déjà la moitié de la population pakistanaise. L’hiver approchant à grand pas, les associations et autres organisations de solidarité internationale font connaître à la communauté mondiale leurs craintes quant au manque de fonds alors même que les taux de malnutrition restent élevés et s’accompagneront bientôt d’une augmentation des infections respiratoires dues au froid.  Bien que tardive, l’aide internationale est pourtant bien présente, telles que les 4 000 tonnes de farine de blé affrêtées par le gouvernement irakien ou encore les 90 millions de dollars reversés au PAM par les États-Unis.
De l’autre coté de la frontière, en Afghanistan, le PAM fait connaître son inquiétude relative à son financement à peine suffisant pour quelques mois, alors qu’il est d’ors et déjà prévu qu’il vienne en aide à 7,3 millions de personnes en 2011, année selon laquelle les prévisions sur la situation humanitaire ne sont faites que d’incertitudes.
Enfin, en raison des incendies dévastateurs en Russie, des inondations récentes en Australie et de la demande exponentielle de la Chine en maïs, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) a annoncé avec regret avoir observé en décembre l’augmentation du prix des denrées alimentaires. À titre d’exemple, le prix du blé et du soja a augmenté de 50 % en l’espace de quelques semaines, de même pour le sucre, à tel point que le prix actuel de ces denrées dépasse celui de juin 2008, période caractérisée par une multiplication des émeutes de la faim tout autour du globe.
Si l’année 2010 s’est donc bien caractérisée par une succession de doutes et une urgence constante qui n’est pas prête de faiblir en 2011, d’autres évènements doivent toutefois être soulignés, tant leur impact dans la sphère de l’insécurité alimentaire est important ou se prépare à l’être.

Enfin de très bonnes nouvelles:

La première d’entre elles et pas des moindres est certainement la mise en place d’une pétition de la FAO afin d’alerter les gouvernements contre le problème de la faim (Lire aussi l’article Project 1 billion hungry: Signez la pétition pour éliminer la faim dans le monde). Le but étant de recueillir 1 million de signatures sur Internet entre les mois de mai et septembre, ce sont au final plus de 3 200 000 signatures qui ont été reçues et remises lors du Sommet des États membres des Nations Unies à New York en septembre. Autant dire qu’il s’agit d’un véritable succès qui, même s’il n’a pas atteint son but ultime de contraindre la communauté internationale d’en faire davantage (30 milliards de dollars par an seraient nécessaires pour éradiquer le fléau de la faim, lire à ce sujet Le mal sans fin d’un Monde qui a faim), a néanmoins permis de sensibiliser une grande partie de la web-sphère avec cette pétition toujours en place et qui ne cesse de recueillir davantage de signatures chaque jour.
L’année 2010 a également connu une légère mais très significative baisse du nombre de sous-alimentés dans le monde. Alors qu’en 2010 la barre du milliard d’affamés avait été franchie – 1 023 milliard de personnes –, les chiffres en septembre 2010 révèlent que 925 millions souffrent de la faim chronique, soit une baisse de près de 100 millions de personnes par rapport à l’année précédente. Dans le détail, ce sont 80 millions de personnes en Asie qui ne sont dorénavant plus concernées par l’insécurité alimentaire, et 12 millions de personnes en Afrique Sub-Saharienne. Mais l’avenir reste très sombre, car malgré les Objectifs du Millénaire dont le premier d’entre eux serait de ramener le nombre de personnes sous-alimentées sous la barre des 500 millions avant 2015, d’énormes doutes subsistent quant à la réelle volonté des pays riches à réaliser cet objectif connu depuis dix ans.
Lors de sommet de Cancun qui s’est tenu en décembre dernier et dédié à la lutte contre les changements climatiques, un partenariat extraordinaire a pu se mettre en place. En effet, le PAM et Oxfam ont annoncé accorder leurs moyens afin d’apporter assistance sur cinq ans aux paysans pauvres de la planète pour protéger leurs cultures et récoltes ou de réduire l’impact du changement climatique.
Pour finir, soulignons l’avancée significative du projet de « muraille verte » dans le Sahel, dont l’objectif est que soit réalisée une plantation d’arbres sur 7 000 kilomètres du Sénégal à Djibouti afin de réduire l’érosion des sols et permettre leur restructuration, inciter à la restauration, la conservation et la valorisation de la biodiversité végétale et animale, et surtout parvenir à l’amélioration du niveau de vie et de la santé tout en permettant la maitrise des ressources en eau.

 

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Project 1 billion hungry: Signez la pétition pour éliminer la faim dans le monde.

31 05 2010

La FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) a lancé depuis le 11 mai 2010 son projet 1 Billion Hungry. Celui-ci consiste à faire pression sur les responsables politiques pour éliminer la faim qui touche à ce jour plus d’un milliard de personnes dans le Monde.


Tous ensemble, nous pouvons faire basculer les choses, inverser cette tendance qui affame plus d’un milliard de personnes. C’est pourquoi la FAO demande aux citoyens de la planète toute entière d’apporter leur signature avant septembre 2010, date à laquelle elles seront remises à l’occasion du Sommet des États membres des Nations Unies à New York, destiné à faire le point sur les progrès réalisés en vue de la réussite des Objectifs du Millénaire pour le Développement fixés en 2001. 500 000 signatures sont nécessaires, et près de 98000 signatures ont d’ors et déjà été récoltées.

Aux rythmes actuels de réduction de la faim, l’Objectif du Millénaire pour le Développement consistant à réduire de moitié le pourcentage d’affamés d’ici 2015 ne pourra en aucun cas être atteint. De 850 millions de personnes affamées dans le monde en 2008, nous sommes passés à 1,02 milliards en 2009. Pourtant, en l’état actuel des moyens de production agricoles, la planète pourrait nourrir sans problème douze milliards d’êtres humains alors que nous n’en sommes que la moitié… Si cela vous révolte, vous aussi signez la pétition et incitez à l’action, où que vous soyez en partageant ce lien et en invitant votre entourage à se mobiliser en important sa signature.

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1 BILLION HUNGRY

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Beaucoup ont déjà signé. Soyez le prochain.

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Le mal sans fin d’un Monde qui a faim.

4 05 2010

Il est un mal récurrent de notre planète, jusqu’à devenir dans certaines régions du Monde une de leurs seules caractéristiques que le temps ne parvient pas a effacer, si ce n’est à accroitre son importance. Le problème de l’alimentation – sous-nutrition et/ou malnutrition – est un canon perpétuellement braqué sur ces pays où la moindre sècheresse ou encore le risque de précipitations pluvieuses extrêmes décident d’une année sur l’autre, telle une roulette russe, qui périra de faim ou de soif et qui se verra offrir au contraire une année de répit.

La réalité est d’autant plus cruelle que tandis que la société occidentale devient de plus en plus riche, les pays du Sud – ceux aussi que l’on nomme pays sous-développés, en développement ou du Tiers-Monde – ne parviennent pas à connaître le moindre délai pour permettre à leur économie de se pérenniser ou mettre en place une agriculture rentable leur donnant accès à la suffisance alimentaire. Il s’agit d’un problème dont les symptômes ne tiennent pas seulement leur origine de l’aléa climatique, mais aussi et surtout du seul jeu des puissants de ce monde, celui de l’affameur face à l’affamé.

Un milliard d’affamés.

Les chiffres parlent d’eux mêmes. De plus de 850 millions de personnes affamées dans le monde en 2008, notre planète compte aujourd’hui 1,02 milliards de personnes souffrant de troubles de l’alimentation depuis 2009. Toutes les six secondes un enfant en meurt quelque part dans le monde et plus de 60 pour cent des personnes qui souffrent de faim chronique sont des femmes. Or, en l’état actuel des moyens de production agricoles, la planète pourrait nourrir sans problème douze milliards d’êtres humains alors que nous ne sommes que la moitié de ce nombre…
Le problème est tel, et les besoins alimentaires tellement grandissants que plusieurs émeutes ont éclaté dans le monde en 2008, notamment suite à l’augmentation du prix des céréales. À titre d’indication, le maïs avait vu son prix flamber de 31 %, le riz de 74% et la valeur du blé plafonnait alors à plus de 130% par rapport à l’année précédente. Aujourd’hui, s’il n’est plus question pour le moment d’émeutes liées à la faim, le problème persiste toujours puisque des Etats tels que le Yémen, les pays du Sahel et les ONG ont alerté la communauté internationale d’une inévitable crise alimentaire dans les prochains mois et dont les ravages se font d’ors et déjà sentir.

Au Niger, pays de convoitises et de famine.

Le cas de la République du Niger est un exemple typique de ces pays dits du Tiers Monde qui, malgré leur fort potentiel de ressources tant minières que pétrolières, doivent faire face à des crises alimentaires successives. Selon l’indice de développement humain du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Niger se classait en 2000 au deuxième rang des pays les plus pauvres au monde. Ces deux dernières années, les faibles voire erratiques précipitations ont causé de graves pénuries de vivres et de fourrage dans certaines régions du pays, et concourent aujourd’hui à la hausse du prix des céréales et la chute des prix du bétail.
Les risques de famine dans les prochains mois sont donc d’ors et déjà à prévoir. Les ONG locales recensent 10 millions de personnes touchées par la crise alimentaire au Sahel, dont quelques 7,8 millions sont nigériennes, soit plus de la moitié de la population du Niger. Si des mesures urgentes ne sont pas prises dans les 12 prochains mois, ce sont plus de 1,5 million d’enfants qui risquent d’être touchés par la malnutrition dans ce pays. Le bétail lui non plus n’est pas épargné, puisque un million de têtes et plus risquent d’être décimées. Ainsi, l’
ONU a lancé un appel dernièrement, avec l’objectif de trouver 130 millions de dollars, en plus des 57 millions de dollars déjà versés ou promis, pour essayer de faire face à l’insuffisance alimentaire au Niger.

Mine d'uranium d'AREVA à ciel ouvert au Niger

Pourtant, si le Niger souffre d’une insuffisance alimentaire chronique, il n’en reste pas moins dépourvu de richesses naturelles. En effet, il regorge d’or, de fer, de pétrole, et possède également la mine d’uranium considérée comme la plus importante de toute l’Afrique et la deuxième du monde. Une entreprise française, AREVA, est présente dans le pays afin d’y extraire ce minerai tant convoité, et ce de la manière la plus discutable qu’il soit. Avec un chiffre d’affaire qui s’établit à 8 529 millions d’euros en augmentation de 5,4 % par rapport à l’année précédente, les populations nigériennes ne connaissent en effet aucune retombée bénéfique. Pire, AREVA participe depuis plusieurs dizaines d’années à la spoliation des terres agro-pastorales, poussant ainsi des familles entières à quitter leur domaine, néglige la protection de la faune et de la flore aux alentours des mines (contamination radiologique des ressources en eau, épuisement de nappes fossiles et autres pollutions annexes), et met en danger la santé des riverains de ses cités minières comme l’a indiqué un récent rapport de Greenpeace.
Ainsi, loin pourtant de ne posséder aucun potentiel économique, la population nigérienne subit la mainmise des grands de ce Monde, véritable Maîtres dont le seul et unique sacerdoce reste le profit au détriment de millions de personnes. De là à penser que l’électricité que nous consommons (76 % de l’énergie française est produite par les centrales nucléaires) ne soit couverte de sang, il n’y a qu’un pas.

Les maitres du Monde.

Jean Ziegler

La situation du Niger n’est pas un cas isolé, car beaucoup d’autres pays dans le monde doivent faire face à une crise alimentaire dont les tenants ne sont pas seulement les sécheresses ou les inondations, mais sont aussi du fait des Maîtres du Monde: investisseurs privés, bourses mondiales, Banque mondiale et Fond Monétaire International (FMI).
Ce dernier avec le soutien de la Banque Mondiale a pour exemple imposé au Niger mais également à tous les autres Etats sollicitant son « soutien » un ajustement structurel doublé d’une politique de privatisation et de libéralisation à outrance provoquant des effets négatifs sur la situation nutritionnelle et sociale dans la plupart de ces pays. La conséquence d’un tel réajustement n’a pas tardé à se faire sentir au Niger, puisque comme l’a indiqué Jean Ziegler, ancien rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, « la privatisation de l’Office national vétérinaire produit des conséquences néfastes. Beaucoup d’éleveurs ne peuvent plus payer les prix exorbitants des vaccins, des vitamines et des médicaments antiparasites, exigés par les commerçants privés. Quant à la validité de ces produits vétérinaires, aucun contrôle n’existe plus. Niamey est à près de mille kilomètres des ports de l’Atlantique (Cotonou, Lomé, Abidjan). Souvent les commerçants mettent sur le marché des vaccins et médicaments périmés. Les bêtes meurent. Les familles sont ruinées. » La libéralisation économique de ces pays ne fait ainsi rien de pire qu’éliminer tous les soutiens à l’agriculture.
Les investisseurs privés quant à eux ne gardent comme seul et unique but la possibilité d’acquérir des bénéfices. Sachant que les besoins alimentaires mondiaux continuent à croître, ceux-ci sont de plus en plus nombreux à se tourner vers l’agriculture afin de conserver la mainmise sur les ressources de base tout en rentabilisant leur investissement en maintenant les prix élevés.

Autre problème, l’accaparement des terres arables.

Acquisition de terres arables par pays

Selon Olivier de Schutter, l’actuel rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, près de 20 millions d’hectares de terres arables auraient fait l’objet de négociations dans le monde depuis 2006, soit l’équivalent de la surface arable française. Certains Etats n’hésitent pas en effet à acquérir d’immenses surfaces agricoles d’autres pays afin que la production qui s’en suivra soit directement exportée à destination de l’Etat acquisiteur. Depuis les récentes crises alimentaire et financière, les gouvernements mais aussi les investisseurs financiers tentent de garantir d’une part la capacité de leur production agricole et leurs futurs stocks alimentaires, et d’autre part à s’assurer que ces actifs leur fourniront de grands dividendes avec la production d’agrocarburants, de caoutchouc, d’huile. À ce rythme, il est estimé selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) que d’ici à 2050, la production agricole augmentera de 70 % pour répondre à la croissance démographique mondiale.
L’accaparement des terres arables à grande échelle des pays en développement pose à cet égard plusieurs problèmes. D’abord environnementaux, puisque des Etats comme l’Indonésie n’hésitent plus à déboiser des forêts entières afin d’y installer les productions d’huile de palme étrangères. Se pose aussi le problème des expulsions forcées, les terres agricoles et les forêts étant soustraites au contrôle des petits producteurs et autres paysans.
De telles politiques menées sans le consentement des populations constituent de cette manière une violation du Pacte international relatif aux Droits économiques sociaux et culturels et entrent en contradiction directe avec la Convention des Nations Unies sur les droits des peuples indigènes, car trop souvent les négociations ne se font qu’entre les gouvernements et/ou les firmes multinationales.

Retards, désorganisation, et manque de fonds.

Jacques Diouf, directeur général de la FAO, déclara en 2008, que 30 milliards de dollars par an étaient nécessaires pour éradiquer le fléau de la faim dans le monde. À l’issue du dernier sommet consacré à la FAO, les Etats présents se sont engagés à allouer seulement 20 milliards de dollars sur trois ans. Ces mêmes Etats membres de l’ONU cherchent également à diminuer chaque année le budget de la FAO (aujourd’hui de 370 millions de dollars par an, soit 20 % de moins depuis 1995), tout comme le Programme Alimentaire Mondial (PAM), qui était à court de fonds pour début 2009.
En ce début d’année 2010, le Programme alimentaire mondial a tenu a rendre public qu’il aura épuisé d’ici à la fin du mois de juin les réserves de vivres dont il dispose, en raison du fait qu’il n’a encore reçu que l’unique quart de son budget annuel pour 2010 (25,6 millions de dollars sur 103,2 millions). Cette même année, en février, toujours en raison d’un manque de financements, le PAM a réduit ses rations alimentaires à 72 pour cent des besoins quotidiens en kilocalories pour les personnes déplacées et à 90 pour cent pour les réfugiés, poussant ainsi l’ONG à emprunter 4,8 millions de dollars, puisés dans son Compte d’intervention immédiate afin de pouvoir distribuer des vivres jusqu’à la fin du mois de juin.
Enfin, dans le cadre de l’Objectif du Millénaire pour le Développement, il a été promis par les Etats d’améliorer l’aide à l’accès a l’eau potable et à son assainissement, puisque 2,6 milliards de personnes dans le monde vivraient dans les conditions les plus déplorables qu’il soit. Cet objectif prévoit donc que cela ne soit plus le cas pour la moitié de ces personnes d’ici 2015. Pourtant, au rythme des avancées du financement et de la mise en oeuvre d’un tel objectif, celui-ci ne sera pas atteint avant… 2200, comme l’indique un rapport publié par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), selon qui les aides liées au développement et affectées à l’eau ne cessent de diminuer depuis une dizaine d’année.

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