Les 10 meilleures applications de solidarité pour smartphones.

23 12 2011

Boom des smartphones oblige, plusieurs associations et autres ONG ont su s’adapter en proposant des applications dédiées. Bien qu’elles ne soient toutefois pas légions et de qualité assez inégale, celles-ci sont toutefois en nombre suffisant pour effectuer un rapide TOP #10 des meilleures d’entres elles. La présente présentation s’appuie sur des tests effectués depuis un iPhone 4S (iOS 5.0.1), bien qu’il soit précisé si les applications présentées sont disponibles sur d’autres plateformes.

WFP today (iOS + Android)

L’application officielle de la plus grande agence humanitaire du monde, en charge de la lutte contre l’insécurité alimentaire. Uniquement disponible dans la langue de Shakespeare, celle-ci vous permet d’accéder à une trentaine de communiqués de l’organisation et de les partager tant via twitter/facebook que par mail.
L’application propose également d’accéder à des galeries de photos et de vidéos régulièrement mises à jour, ainsi que de parcourir les derniers tweets et posts sur facebook de l’organisation.

Unicef France (iOS)

Disponible en français, l’application officielle de l’Unicef France permet de parcourir les dix dernières actualités de l’organisation, de la même façon qu’elle permet d’accéder à des vidéos thématiques. Des onglets permettent également de connaître la localisation des antennes et points de ventes de l’Unicef présents dans toute la France.
L’application permet par ailleurs de rejoindre du bout des doigts les comptes facebook et twitter de l’organisation. Enfin, il est possible d’effectuer un don depuis l’application. L’app n’est toutefois pas exempte de plantages, ceux-ci se révélant régulièrement au cours des utilisations.

Don de Sang (iOSWindows Phone)

Autre application de solidarité, celle de l’Etablissement Français du Sang. Sa plus grande utilité est très certainement qu’elle propose de trouver le site de collecte le plus proche avec également un questionnaire d’évaluation d’aptitude au don de sang extrêmement pratique. Par ailleurs, un jeu interactif sur les quatre grandes étapes du don de sang est également disponible.

Croix-Rouge – L’appli qui sauve (iOS + Android + Nokia)

Disponible en français à la fois sur les plateformes d’iOS, d’Android et Nokia, l’appli qui sauve de la Croix-Rouge à tout d’une application utile et surtout très bien faite.
Celle-ci offre en effet la possibilité d’apprendre et de tester au travers d’un questionnaire fort bien réalisé ses connaissances en matière de gestes à effectuer en cas d’urgence. Un onglet permet également d’en connaître davantage sur l’histoire de la Croix-Rouge et ses domaines d’action.
Un autre onglet est consacré aux dernières actualités de l’organisme, mais celui-ci se révèle bien chiche en comparaison de la qualité globale de l’application. En effet, seules les quatre dernières actualités sont disponibles, et encore, celles-ci ne sont qu’un rapide résumé à partir duquel il n’est pas possible d’en savoir davantage puisque aucun lien proposant d’en lire davantage via le navigateur internet n’est disponible. Une absence forcément regrettable pour les passionnés ou plus généralement les personnes intéressées par l’actualité de la Croix-Rouge.
Autre bémol, l’application n’offre absolument pas la possibilité de partager les quelques actualités disponibles, que ce soit vers les réseaux sociaux ou de les envoyer par mail. L’unique fonction de partage disponible consiste à partager le lien de téléchargement de l’application sur facebook. Enfin, l’application permet d’effectuer directement un don depuis son mobile via un onglet dédié à cela.
Si les quelques points négatifs soulevés empêchent de qualifier cette appli de parfaite, cela n’enlève rien à sa qualité et son ergonomie, d’autant plus qu’aucun plantage récurrent n’est à déplorer. Une appli qui a donc comme son nom l’indique, avant-tout vocation à sauver, et qui le fait très bien.

CICR (iOS + Android)

Comme la Croix-Rouge Française, le CICR dispose également de son application mobile dédiée. Si celle-ci se voit proposer davantage de contenu quant à l’actualité du Comité (les 10 dernières articles de communiqués sont disponibles en intégralité), il n’est en revanche pas possible d’effectuer le moindre partage, ni sur vers un quelconque réseau social ni par l’envoi d’un mail. Cela est d’autant plus regrettable qu’en plus des communiqués l’application du CICR propose de parcourir quelques rapports, mais également des galeries photos ainsi qu’un large choix de vidéos relatives à l’action du Comité.
Qu’à cela ne tienne, l’application disponible en français bénéficie d’une réalisation impeccable, qui ne souffre d’aucun bug. Une application en définitive indispensable pour les passionnés du droit international humanitaire.

UN Reader (iOS + Windows Phone)

S’il devait y avoir une application qui promet beaucoup sur le papier, mais qui en réalité n’en fait que le quart, la voici ! L’app UN Reader vous propose en effet de suivre l’actualité de neuf agences de l’ONU (FAO, UN, UNAIDS, UNESCO, Fonds des Nations-Unies pour les Populations, UNICEF, OMS, Organisation Mondiale du Travail, Banque Mondiale), mais en réalité seule l’actualité de cinq d’entre elles est véritablement mise à jour. En effet, les derniers articles de la FAO remontent à 2007 tandis qu’en ce qui concerne UNAIDS, l’UNESCO ou encore la Banque Mondiale, rien ne se charge, la page reste blanche. Néanmoins au sujet des  liens d’actualités vraiment fonctionnels, ceux-ci permettent de lire l’article dans son intégralité via le navigateur internet du mobile, ne permettant pas de ce fait d’utiliser une fonction de partage intégrée à l’application même.
Une application à déconseiller aux anglophobes – car intégralement en anglais -, ainsi qu’aux impatients, puisque les temps de chargement se révèlent être longs, même en WIFI.

MSF (iOS)

Certainement l’application la plus originale au niveau de sa localisation. En effet, développée pour l’antenne de l’ONG basée à Hong-Kong, l’application est néanmoins entièrement en anglais, ce qui permet aux anglophones d’y accéder et d’être tenus au courant des dernières actualités de l’association de médecins. Les 20 derniers communiqués sont d’ailleurs proposés à la lecture dans leur intégralité, avec une possibilité de partage parfaitement intégrée, qu’il s’agisse des réseaux sociaux facebook et twitter ou de l’envoi par mail. Des vidéos en anglais sous-titrées en chinois cantonais sont également disponibles.
Alors que Médecins Sans Frontières vient de fêter ses 40 ans d’existence, peut-être pourrions-nous formuler le vœux d’une localisation française de l’application, d’autant plus que celle-ci est parfaitement stable.

Amnesty International Candle (iOS + Android)

L’ONG londonienne dédiée à la défense des droits humains a également son application officielle, disponible à la fois sur iOS et sur Android. Les 20 derniers communiqués de l’organisation sont proposés à la lecture, de même qu’un onglet propose sans surprise de signer les dernières pétitions disponibles.
Intégralement en anglais, l’application comporte également les fonctions de partage sur facebook ou par mail.

Secours Catholique (iOS)

L’association fondé en 1946 bénéficie également d’une application qui lui est dédiée. Disponible uniquement sur la plateforme iOS, cette app vous permet d’accéder à l’intégralité des dix plus récentes actualités de l’association et de les partager sur les réseaux sociaux ou de les envoyer par mail.
À l’instar d’autres associations et de leur application mobile, l’app du Secours Catholique donne également la possibilité d’effectuer un don en ligne.

Transparency International Corruption Perceptions Index 2011 (iOS)

Cette application intégralement en anglais de l’organisation Transparency International vous donne accès à l’index de corruption à jour pour 2011 de 182 pays. Si l’app permet même d’effectuer des comparaisons de classement entre les 182 pays indexés, il est toutefois fort regrettable que celle-ci ne se contente que d’attribuer une note à chaque pays (allant de 1 à 10) sans la moindre possibilité d’accéder à des fiches détaillées. Autre élément très intéressant de l’application, la possibilité d’évaluer ses connaissances en matière de corruption des Etats, sur la base des notes attribuées aux Etats – saurez-vous répondre si la France est mieux notée que l’île de Barbade ou l’Autriche ?
Une application salutaire donc, mais qui gagnerait sans le moindre doute encore plus d’intérêt en s’étoffant davantage.

Pulse News (iOS + Android + Windows Phone)

Pulse est une application hors catégorie. En effet, ce n’est pas une app dédiée à une association, puisqu’il s’agit d’un agrégateur de flux RSS. L’idée de présenter cette application ici à pour objet de proposer une alternative à l’absence de beaucoup d’associations et autres ONG dans le domaine des applications mobiles (Médecins du Monde, Human Rights Watch, Oxfam International…).
Pulse permet ainsi à son utilisateur de parcourir les dernières actualités des flux auxquels il est abonné. Un moyen ultime en quelque sorte de rester informé de la plus simple des manières aux informations humanitaires et de la sphère des droits humains !





Droit des conflits réels ou virtuels: Le droit international humanitaire doit-il être intégré aux jeux-vidéo ?

21 12 2011

S’il est une catégorie de jeux-vidéo dont le succès actuellement ne se dément pas, il s’agit bien des simulations de guerre. Vendus à plusieurs millions d’exemplaires chaque année, rapportant jusqu’à plusieurs millions de dollars (voire le milliard !), ces jeux se vantent de pousser le réalisme des conflits armés jusque dans ses derniers retranchements à défaut de proposer un scénario digne de ce nom.
Souci du réalisme oblige, ces jeux devraient en tout état de cause appliquer également les conditions et autres règles qui régissent les conflits armés – le droit international humanitaire – et que chaque belligérant en situation réelle est tenu de respecter. Pourtant, force est de constater que beaucoup d’éditeurs de jeux-video ne prennent guère en considération cette exigence, faisant ainsi passer leur produit pour de véritables défouloirs qui n’ont de simulation que le nom.

Le droit international humanitaire pour limiter l’inhumanité des guerres.

Le droit international humanitaire, que l’on désigne également sous l’appellation de droit des conflits armés ou droit de la guerre tient notamment son origine de l’action de Henry Dunant – le fondateur de la Croix-Rouge – selon qui, après avoir été témoin de la bataille de Solferino en 1859, il était nécessaire d’apporter une assistance médicale aux blessés, quel que soit le camp pour lequel ils s’étaient battus. Cette idée est devenue la pierre fondatrice du droit humanitaire, qui au moyen des Conventions de Genève de 1949 et de leurs protocoles additionnels vise à limiter les effets de la guerre.
L’article 3 des Conventions de Genève dispose ainsi que « les personnes qui ne participent pas directement aux hostilités, y compris les membres de forces armées qui ont déposé les armes et les personnes qui ont été mises hors de combat par maladie, blessure, détention, ou pour toute autre cause, seront, en toutes circonstances, traitées avec humanité ».
Le droit international humanitaire a également vocation à réglementer voire à prohiber des pratiques. Sont ainsi interdites au titre de l’article 3 des Conventions de 1949 « les atteintes portées à la vie et à l’intégrité corporelle, notamment le meurtre sous toutes ses formes, les mutilations, les traitements cruels, tortures et supplices ; 
les prises d’otages ; les atteintes à la dignité des personnes, notamment les traitements humiliants et dégradants ;
 les condamnations prononcées et les exécutions effectuées sans un jugement préalable, rendu par un tribunal régulièrement constitué, assorti des garanties judiciaires reconnues comme indispensables par les peuples civilisés ». De la même manière, l’utilisation de certaines armes est également prohibé, à l’image des bombes à sous-munition.
Un autre principe essentiel du droit international humanitaire est contenu à l’article 48 du Protocole additionnel de 1977, lequel prévoit que « les Parties au conflit doivent en tout temps faire la distinction entre la population civile et les combattants ainsi qu’entre les biens de caractère civil et les objectifs militaires et, par conséquent, ne diriger leurs opérations que contre des objectifs militaires ».

De la nécessité d’intégrer le Droit international humanitaire dans les jeux-video.

Selon un rapport de Novembre 2009 (Playing by the Rules: Applying International Humanitarian Law to Video and Computer Games [Jouer selon les règles: application de la loi humanitaire internationale aux jeux vidéo]) tiré d’une étude réalisée par l’organisation suisse TRIAL et l’association Pro Juventute, il est révélé que parmi une vingtaine de jeux examinés (notamment Battlefield, Call of Duty, World in Conflict, Splinter Cell…) ceux-ci représentaient souvent des scènes de violence et incitaient les joueurs à les reproduire au sein des jeux.
À titre d’exemple, Call of Duty 4: Modern Warfare comporte une mission de mitraillage depuis un hélicoptère où le joueur est amené à utiliser un imageur thermique pour déterminer leurs cibles sans qu’il soit fait de différence entre un militaire et un civil. Dans le jeu Call of Duty: Modern Warfare 2, une scène intitulée « Civilian slaughter » (Massacre de civils) propose au joueur de coopérer avec des terroristes russes afin massacrer des centaines de civils dans l’aéroport de Moscou. Un autre jeu avait également soulevé une vive polémique avant de voir sa sortie finalement annulée, à savoir « Six days in Fallujah », lequel devait retracer l’offensive militaire américaine dans la ville de Fallujah en Irak, en octobre 2004, et qui s’est soldée par le massacre de près de 1 000 civils.
« Les jeux vidéo devraient saisir l’occasion de promouvoir [les] normes [du droit international humanitaire] plutôt que de donner l’illusion que la violence est sans limites » estiment ainsi les ONG dans leur rapport de 2009, de telle sorte qu’ils « ne constituent [pas] des espaces indifférents à la loi et à l’éthique. Il serait donc souhaitable que les jeux de guerres fictifs soient régis par les mêmes normes que celles qui régissent de véritables conflits armés ».
Pourtant, beaucoup de joueurs et l’ensemble des développeurs crient au scandale lorsque ces éléments de réflexion sont avancés, prétextant qu’« il ne s’agit que de jeux », et que ce ne sont pas ces loisirs qui inciteront quiconque à commettre un massacre dans sa ville. Ce à quoi Frida Castillo – membre de l’association TRIAL – répond que « même si la majorité des joueurs ne seront jamais soldats, ces jeux font passer le message que les militaires ont droit de vie ou de mort en temps de guerre. C’est faux et il est important de le rappeler en intégrant la loi humanitaire dans les jeux vidéo. Les tortures et les humiliations d’Abou Ghraib montrent ce qui arrive quand on s’imagine avoir tous les droits ».
Enfin, le Comité International de la Croix Rouge a affirmé lors d’une réunion sur la question de la violence dans les jeux-vidéo et leur portée sur les joueurs qui s’est tenue en parallèle à la 31e conférence internationale de la Croix Rouge et du Croissant Rouge à Genève en décembre 2011, qu’« il y a une population d’environ 600 millions de joueurs qui semble violer le droit international humanitaire dans un monde virtuel ».

Quelle soit réelle ou virtuelle, la guerre rapport gros.

Si un jeu se décrivant comme le « meilleur » en matière de reproduction de conflit armé devait être choisi, ce serait certainement Call of Duty: Modern Warfare 3. Fort de ses 100 millions de jeux sous licence « Call of Duty » vendus dans le monde, le développeur du jeu Activision a annoncé avec fierté une semaine après la sortie de son dernier épisode – Call of Duty: Mordern Warfare 3 – avoir écoulé plus de 5 millions d’exemplaires du jeu en une semaine dont 3,5 millions en un seul week-end. Véritable archétype de la simulation de guerre qui rapporte gros, il est annoncé au bout de seize jours que le jeu a réalisé un bénéfice de plus d’un milliard de dollars – dépassant ainsi et de loin les plus grosses productions cinématographiques dont Avatar de James Cameron – et que le réseau social dédié aux adeptes du jeu – ils seraient 30 millions de personnes, soit l’ensemble des habitants réunis des villes de Tokyo, New York, Londres, Paris et Madrid – pourrait également rapporter en 2012 près de 50 millions de dollars à la firme vidéolodique.
Ce succès sur le marché du jeu-vidéo, s’il n’est toutefois pas véritablement comparable, peut être rapproché de l’industrie de l’armement et donc de la guerre. Véritable marché dont l’échelle est démesurée, il est estimé que l’armement a généré dans le monde 1 200 milliards de dollars en 2007, et que ces ventes d’armes ont augmenté de 22% sur la période 2005-2009 par rapport aux cinq années précédentes. S’agissant uniquement des armes dites légères, on en recenserait pas moins de 700 millions en circulation. Rajoutons à cela que 14 milliards de balles sont produites chaque année, soit deux par être humain. Précisons également que ces armes légères contribuent à elles seules à causer la mort de mille personnes par jour.
 Par ailleurs, la récession mondiale ne semble pas affecter les cent plus grands fabricants mondiaux d’armement puisque ceux-ci auraient écoulé 401 milliards de dollars de leurs marchandises en 2009, avec une augmentation de 14,8 milliards de dollars en 2009 par rapport à 2008. Si les Etats-Unis représentent 61,5 % de ce marché (247 milliards de dollars), l’Europe représente quant à elle 30% (soit 120 milliards de dollars).
Seule inquiétude perceptible par ces marchands de la mort : le désir du peuple à se débarrasser de l’autoritarisme comme cela s’est vu avec le Printemps Arabe. En effet, comme l’affirme Charles Edelstenne, actuel président de Dassault Aviation, ces événement rendent « la situation [du marché de l'armement] un peu plus difficile », d’autant plus que la société Dassault s’est vue retirée un client de taille pour son Rafale après la chute de M. Kadhafi. Revendications obligent, les dépenses militaires dans les pays du Golfe – qui représentent plus d’un quart des exportations françaises d’armement – s’opposent au risque d’être suspendues afin de financer à la place des programmes sociaux comme en attestent les 36 milliards de dollars débloqués à cette fin en Arabie Saoudite.
Toutefois, bien que le manque d’éthique du milieu militaire reste incontestable, cela n’entache visiblement pas la confiance que les jeunes français accordent à l’armée.

Les jeunes français et l’armée, perçue comme une « symbole de valeurs, du sens du devoir et de l’esprit d’équipe ».

C’est en effet ce que révèle cet intéressant un sondage conjointement réalisé en novembre 2011 par le Centre de recherche politique de Sciences Po et l’Institut de recherche stratégique de l’école militaire. Réalisée auprès de 993 lycéens et étudiants, l’enquête et son rapport consécutif expliquent que bien que leurs connaissances du monde militaire passent avant tout par les jeux vidéos, 90% des 15-23 ans interrogés considèrent le métier des armes comme une activité honorable. En comparaison, seul 15% des sujets interrogés expriment quant à eux de la défiance vis-à-vis de l’armée.
De là à dire que la simulation de guerre est le meilleur moyen de dédramatiser ce qui est pourtant source d’inhumanités et de fournir de potentielles nouvelles recrues, il n’y a qu’un pas, à l’image des campagnes de publicité complémentaires en 2010, entre l’armée de terre française (« Devenez vous-même ») et le développeur Electronic Arts pour la sortie de son jeu Battlefield (« Devenez plus que vous-même »).

Alors, la guerre virtuelle et le droit, compatibles ?

On ne le répètera jamais assez – et n’en déplaise aux gamers –, la guerre n’est véritablement pas un jeu. Elle est une réalité qui reste la cause principale d’atrocités commises sous des prétextes aussi divers que variés. Elle est la source de trop nombreuses impunités et est également en partie responsable de crises alimentaires dans le monde. Chaque année et pour chaque conflit, la guerre fait plusieurs milliers de morts et ce genre de loisir que représentent les simulations de guerre tend à le faire oublier.
Quoi qu’en disent les joueurs les plus libertaires et les défenseurs de la création vidéoludique sans limite, l’objet d’une réflexion en vue d’intégrer le droit international humanitaire n’a pas de finalité purement moraliste, barbante au possible, pas plus qu’elle n’est aucunement nourrie par les hypothèses les plus folles selon lesquelles la violence dans les jeux-video encouragerait qu’elle soit reproduite dans l’espace de vie réel.

Scène de jeu de COD: Modern Warfare 3

Au contraire, il s’agit davantage d’éclairer la pensée des joueurs pour qu’ils ne soient pas rendu insensibles aux bavures et autres exactions qu’un véritable conflit armé peut provoquer. Il est également question d’éviter de faire passer la guerre comme un défouloir soumis à aucune règle si ce n’est celle de la survie.
De plus, intégrer les règles du droit international humanitaire permettrait à ces jeux de véritablement se définir comme étant proches de la réalité, pas uniquement au niveau des graphismes, mais également au niveau du contenu. De la même façon qu’une simulation de sport comporte tout l’attirail des réglementations à respecter sans qui quiconque ne s’en plaigne, il serait en définitive logique que la guerre virtuelle se voit également dotée des règles du droit des conflits armés.

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L’Humanitaire doit-il nécessairement être conforme à l’éthique ? Quand Total, Bolloré et le Cirque Pinder s’affichent avec la Chaîne de l’Espoir.

4 12 2011

Quelle fût ma surprise ce matin lorsqu’au détour d’un tweet, je découvre la dernière opération de la Chaîne de l’Espoir. Cette Association humanitaire d’aide à l’enfance organise en effet du 1er au 24 décembre l’opération dite « 24 jours pour 24 enfants », sorte de calendrier de l’Avent où l’on découvre chaque jour jusqu’à Noël un nouvel enfant atteint d’une maladie et/ou nécessitant une opération chirurgicale que les dons des particuliers rendraient possible. Le but est ainsi de récolter 110 000 euros, soit 4 500 euros par enfant.

Mais alors que je m’apprêtais à relayer l’appel de cette association, mon étonnement est apparu au moment de découvrir les partenaires de cette opération: les Groupes Bolloré et Total. Bien qu’au départ cette opération a tout pour être brillante, les doutes sont toutefois permis sur ce partenariat de mauvais goût. Explication.

Plantation de palmiers à huile de la Socapalm, Cameroun

Commençons par ce qui est le plus amusant quant à ces partenaires particuliers, à savoir la description qui leur est donnée sur le site de l’association humanitaire. Je cite : « Présent partout dans le monde en exerçant des métiers très diversifiés et particulièrement au sein des pays émergents, le Groupe Bolloré, tourné vers l’avenir, mène une politique volontariste dans le développement durable ».
Quant à Total, « Grâce à sa politique active de mécénat, l’objectif du Groupe est d’agir contre les inégalités qui touchent les sociétés défavorisées, en particulier en matière de santé publique. Deux objectifs principaux dictent son action: la lutte contre les maladies infectieuses, au travers de la recherche et de la formation du personnel médical, et le soutien à l’enfance ». Le ton est donné: au-delà de l’objectif inhérent à toute société d’augmenter les bénéfices et donc les dividendes susceptibles d’être reversés aux actionnaires, les groupes Bolloré et Total se démarquent par leur volonté humaniste à soutenir et encourager les politiques de protection environnementale et médicale. Mais – et c’est là que les choses se corsent – qu’en est-il réellement ?

Le groupe Bolloré, non-content d’être le premier investisseur français en Afrique, est également responsable sur ce même continent de l’accaparement de terres sans qu’aucune compensation juste ne soit reversée, et est mêlé à d’innombrables affaires de corruption avec les gouvernements africains. Ainsi rien qu’au Cameroun, et avec la complicité du gouvernement de Paul Biya, le groupe Bolloré, à travers sa participation dans la Société camerounaise des palmeraies Socapalm, a pu s’approprier malgré l’opposition des communautés locales des centaines de milliers d’hectares de terres fertiles dont les paysans ont été expulsés. Citons Jean Ziegler* : « La Socapalm (…) a signé un bail de 60 ans sur 58 000 hectares de terres, en 2000. (…) Dans ce pays, les palmiers à huile détruisent des forêts primaires, aggravant encore la déforestation en cours depuis longtemps sous l’effet combiné de l’exploitation du bois et du défrichement. C’est que le gouvernement de Yaoundé soutient, depuis les années 1990, le développement de l’huile de palme par l’intermédiaire de ses compagnies d’Etats, la Socapalm, la Cameroun Development Corporation (CDC), la Compagnie des oléagineux du Cameroun (COC). Or, la forêt tropicale de l’Afrique centrale est la deuxième par la taille dans le monde derrière l’Amazonie et constitue un des principaux « puits de carbone » de la planète. Il faut savoir aussi que de nombreuses communautés dépendent de cette forêt et de sa riche biodiversité pour leur subsistance et comptent sur les produits de la chasse et de la cueillette pour leur subsistance. Du coup, ces communautés risquent l’anéantissement » **. En matière de « politique volontariste dans le développement durable », nul doute que l’on a déjà vu mieux.

Pollution par le pétrole, dans le Delta du Niger, Nigeria

Quant au groupe Total, cette célèbre et fière entreprise pétrolière française, celui-ci est présent notamment au Nigeria au coté d’autres sociétés pour exploiter les vastes réserves d’hydrocarbures dont dispose le pays. Mais cette exploitation n’est pas sans effet néfaste pour les populations locales. En effet, elle favorise dans ce pays qui regorge de ressources pétrolières la pauvreté des populations, notamment en raison de la corruption qui gangrène le pays à tous les niveaux de négociation mais également en raison des pollutions répétées sans que jamais les sociétés pétrolières n’aient procédé à un nettoyage des zones contaminées. Un rapport d’Amnesty International dédié à la pollution dans le delta du Niger est formel: « Les déversements d’hydrocarbures et de déchets et la combustion de torchères sont endémiques dans le delta du Niger. Plusieurs centaines de fois par an du pétrole est déversé dans la nature, et environ 2 000 sites contaminés ont été recensés par l’Agence nationale nigériane pour la détection et la réaction aux déversements de pétrole. Le nombre réel pourrait être bien plus élevé. Les activités liées à l’extraction du pétrole, notamment la pose d’oléoducs, la construction d’infrastructures et les travaux d’aménagement visant à rendre la région accessible par voie routière et par bateau, ont causé des dommages écologiques considérables au delta.
Les habitants sont contraints de se laver dans des eaux polluées et d’y puiser l’eau pour boire et pour cuisiner ; ils mangent du poisson – s’ils ont la chance d’en trouver encore – contaminé par les hydrocarbures et d’autres toxines ; leurs terres agricoles sont détruites ; après les déversements de pétrole, l’air qu’ils respirent empeste les hydrocarbures, le gaz et d’autres polluants ; ils se plaignent de troubles respiratoires, de lésions cutanées et d’autres problèmes de santé, mais leurs inquiétudes ne sont pas prises au sérieux et ils ne disposent de pratiquement aucune information sur les conséquences de la pollution ». Telle est l’action concrète des groupes pétroliers dont Total fait partie pour « agir contre les inégalités qui touchent les sociétés défavorisées, en particulier en matière de santé publique ». Rajoutons d’ailleurs que ce même groupe Total, a dépassé les 10 milliards d’euros de bénéfices en 2010 et n’a pas hésité au titre de l’année écoulée de reverser environ 5 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires. Cela à de quoi faire tiquer à coté de l’appel réalisé par la Chaine de l’Espoir pour récolter 110 000 €…

Si certains auraient pu trouver l’idée bonne, difficile toutefois de ne pas se demander si le choix de partenariat réalisé par la Chaine de l’Espoir est véritablement judicieux. Nul doute que dans l’esprit de Noël, il aurait été préférable d’éviter ce genre de partenariat du plus mauvais goût et en deçà de toute éthique.

EDIT: Après les entreprises Bolloré et Total, l’association annonce le 7 décembre 2011 le soutien apporté par le Cirque Pinder. Il est à ce titre nécessaire de rappeler à quel point les pratiques des cirques sont contestables (utilisation d’animaux sauvages dont les conditions de vie ne sont pas compatibles avec leurs besoins physiologiques et comportementaux, animaux martyrisés pour les besoins du dressage…) mais également les poursuites régulières du Cirque Pinder par la justice française. En effet, le Cirque Pinder s’est vu plusieurs fois être épinglé pour « exploitation irrégulière d’un établissement détenant des animaux non-domestiques », « utilisation non-autorisée d’animaux non-domestiques » et « défaut de certificats de capacité » et nombre d’associations dévouées à la protection animale ont accusé ce cirque d’être en possession d’animaux présentant des troubles du comportement et étant soumis à des postures inacceptables. Alors rendre le quotidien des enfants hospitalisés plus agréable, d’accord, mais cela ne doit pas se faire au détriment de la condition animale. Que peut-il y avoir de pire en effet que de présenter un animal malade à un enfant qui l’est également ?

 

Premier rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation de 2001 à 2008, Jean Ziegler est aujourd’hui vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Dans son dernier ouvrage Destruction massive – Géopolitique de la Faim, Jean Ziegler procède à un nouvel état des lieux de la faim dans le monde, et dénonce plusieurs responsables parmi lesquels la spéculation bancaire sur les prix de l’alimentation ainsi que l’accaparement des terres au profits de compagnies agro-alimentaires.

** Jean Ziegler, Destruction massive – Géopolitique de la faim (Pages 277-278).





Insécurité alimentaire: En finir avec le mythe de la surpopulation mondiale.

11 09 2011

925 millions de personnes sous-alimentées dans le monde ; 65 pour cent d’entre elles vivant dans seulement sept pays: l’Inde, la Chine, la République démocratique du Congo, le Bangladesh, l’Indonésie, le Pakistan et l’Ethiopie ; 30 milliards de dollars par an nécessaires pour éradiquer le fléau de la faim dans le monde…

Derrière la dure réalité de ces chiffres, certains pensent que la solution la plus efficace dans la lutte contre l’insécurité alimentaire serait de contrôler les naissances, ou plus exactement de limiter le nombre d’enfants par femme. En d’autres termes, la démographie galopante connue dans certaines régions du monde serait l’une des raisons – sinon la principale – de l’impossibilité de mettre fin aux famines. Et à mesure que cette démographie augmente, la difficulté pour nourrir l’humanité entière irait de même.
Sans véritablement entrer dans les détails, et sans avoir non plus la prétention d’apporter la solution au mal de la faim dans le monde, intéressons-nous ici à démontrer combien cette idée, sans être fondamentalement mauvaise, n’est pas une solution à court terme, pas plus qu’elle ne l’est sur le long terme. Explications.

Il n’est pas à démontrer que la croissance démographique la plus importante se trouve dans des pays empreints de la culture musulmane ou encore dans des régions de l’Afrique noire. Il semble par conséquent bien difficile pour commencer, même avec beaucoup de bonne volonté, de parvenir à convaincre les populations de ces régions à utiliser des moyens contraceptifs lorsque ceux-ci sont soit bannis par les croyances ou par le manque d’infrastructures et de suivis médicaux viables et efficaces. Par conséquent, une double difficulté se pose là: il est non seulement nécessaire de convaincre ces populations d’utiliser des contraceptifs, changer leur mentalité sur cette question, mais également encourager la communauté internationale à fournir en nombre suffisants ces contraceptifs tout en ne diminuant pas les dons de denrées alimentaires.

De plus, en quoi serait-il nécessaire, voire même fondamental de prôner un ralentissement des taux de natalité alors que beaucoup d’études sont formelles: si la tendance démographique actuelle est à l’augmentation, nous nous rapprochons de plus en plus du sommet avant que le monde tout entier ne connaisse une véritable chute de la démographie. C’est déjà le cas en Russie, où les taux de mortalité sont plus élevés que les taux de natalité. L’Europe également peine à son tour à ralentir la diminution des naissances, et même la Chine s’approche dangereusement de cette situation en raison de la politique de l’enfant unique.

Le contrôle de la démographie n’est pas également une solution dans le sens où elle peut s’avérer très dangereuse. En effet, dans des régions où une grande importance est apportée à la « descendance familiale », dans des cultures ou mentalités où il est encore considéré comme primordial d’avoir un enfant du sexe masculin, quelle serait l’explication des pro-diminution de la démographie lorsque des milliers de petites filles seront abandonnées ou tuées, comme cela s’est notamment produit en Chine ? Là encore, la solution du contrôle de la démographie s’oppose à un problème de mentalités qui demandent davantage de temps pour être changées que le problème de la faim n’en a besoin. Les questions d’eugénisme méritent également que l’on s’y intéresse, même si une telle politique a peu de chance d’être mise en place hors pays « ultra-développés ».

Enfin et surtout, une telle idée se heurte au fait, nous l’avons vu, qu’elle ne soit pas forcément en osmose avec certaines mentalités tandis qu’à l’inverse, il ne fait aucun doute pour beaucoup que les règles du marché économique-financier-bancaire-alimentaire mondial sont absolument immorales et nécessitent d’être réformées en urgence, et en profondeur. Un tel système prendrait par ailleurs beaucoup moins de temps à être refondé – il est déjà critiqué et remis en cause dans le monde entier, ce qui n’est pas le cas pour les naissances –, contrairement à une prise de conscience raisonnée sur un contrôle des naissances raisonnable qui prendrait certainement au bas mot une génération entière pour qu’il soit mis en place. Une refonte globale de notre système économique ne demanderait évidemment pas autant de temps… si tant est que l’on s’en donne les moyens, cela va de soi.

Et si malgré cela, nous sommes toujours pas d’accord sur la manière de juguler efficacement les famines, il reste encore possible de soutenir l’action du Programme Alimentaire Mondial, oeuvrant dans 73 pays, en effectuant un don.

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17ème Pyramide de chaussures: Dites non à l’horreur des mines et des bombes à sous-munitions.

10 09 2011

Le 24 septembre 2011, Handicap International France organise dans 31 villes de France des pyramides de chaussures afin de protester contre l’utilisation des mines et des bombes à sous-munitions (BASM).

Bien que deux Traités d’interdiction aient été obtenus: le Traité d’Ottawa contre les mines antipersonnel en 1997 et le Traité d’Oslo contre les bombes à sous-munitions (BASM) en 2008,  les mines antipersonnel et les BASM continuent de polluer plus de 80 pays et territoires et d’affecter significativement la vie des communautés. En plus d’être une menace mortelle quotidienne pour les civils, elles ont des conséquences désastreuses sur le développement économique et social. À titre d’exemple, leur présence rend parfois trop dangereux l’accès aux champs ou aux points d’eau, et ce sont des familles entières qui sont condamnées à subir les conséquences incessantes de “la guerre après la guerre”.

Mines antipersonnel et BASM sèment encore la mort et entretiennent la pauvreté ; agissons ensemble avec Handicap International France pour faire changer les choses ! Dès maintenant, profitez-en pour mettre de coté ou récupérer auprès de vos proches des paires de chaussures mêmes usagées qui serviront à former ces pyramides, lesquelles auront lieu à:

Amiens (80), Argentan (61), Aubagne (13), Auxerre (89), Bordeaux (33), Brive-la-Gaillarde (19), Cergy (95), Chambéry (73), Clermont-Ferrand (63), Coudekerque-Branche (59), Lille (59), Lyon (69), Marseille (13), Metz (57), Montbrison (42), Montpellier (34), Nancy (54), Nantes (44), Nice (06), Paris (75), Poitiers (86), Prats de Mollo (66), Revel (31), Rouen (76), Saint-Amand-les-Eaux (59), Saint-Nazaire (44), Sélestat (67), Strasbourg (67), Toulon (83), Valenciennes (59), Verdun (55).

Au programme pour petits et grands: expositions, signature de pétitions, démonstration de déminage, concerts solidaires, animations festives et ludiques, et vente d’artisanat solidaire.

Vous pouvez également signer la pétition d’Handicap International, afin d’appeler de vos vœux les Etats à rejoindre les Traités d’interdiction et à les appliquer.

Plus d’informations >>








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