Symbole de puissance et d’indépendance énergétique comme ses plus fidèles défenseurs aiment à le rappeler, l’énergie nucléaire n’en reste pas moins limitée dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique puisqu’elle ne permet pas de réduire les émanations de CO². Elle ne peut pas non plus être désignée comme une énergie renouvelable et n’est donc en aucun cas durable, puisque le minerai d’uranium avec lequel est produite cette énergie reste limité en quantité.
L’énergie nucléaire, obtenue par la fission de noyaux d’atomes d’uranium pour produire de la chaleur au sein de centrales spécifiques, est aussi liée à un cheminement des plus opaques et à des lieux du respect des droits de l’homme et des normes environnementales. Cette énergie – dont la France est dépendante à 76% – est en effet rendue possible dans l’illégalité la plus totale depuis son lieu d’extraction jusqu’au site d’enfouissement des déchets et autres combustibles radioactifs inutilisables, où il convient ici d’en faire l’état des lieux.
De son lieu d’extraction au Niger…
Dans le cas précis de la France, les centrales nucléaires et leur approvisionnement sont assurés par la fameuse entreprise AREVA, qui exploite en majeure partie les mines d’uranium du Niger afin d’assurer la continuité de son marché. Le Niger, bien qu’il soit devenu depuis une quarantaine d’années le quatrième producteur mondial d’uranium, celui-ci reste pourtant un des pays les plus pauvres du monde.
Ainsi, loin des utilisateurs et demandeurs français et mondiaux gourmands en énergie, AREVA, qui a déjà exploité plus de 100 000 tonnes d’uranium dans ce pays participe à la contamination et à l’appauvrissement des nappes fossiles, mais aussi à lacontamination de l’air ambiant par des poussières et des gaz radioactifs en entreposant à l’air libre le minerai et plus de 20 millions de tonnes de résidus radioactifs produits par ses usines implantées sur place. Rajoutons à cela que pour produire une tonne d’uranium AREVA utilise près de dix tonnes de pétrole, et que les sites miniers responsables d’une surconsommation d’eau (270 milliards de litres d’eau ont été utilisés après quarante ans d’activités) sont approvisionnés en électricité par une centrale à charbon.
Depuis 1968, AREVA participe avec la spoliation de terres pastorales et à la détérioration accablante des conditions sanitaires des populations locales, qui d’ailleurs n’ont en aucun cas profité de retombées favorables à l’implantation d’une entreprise d’envergure telle qu’AREVA, anciennement COGEMA. Il a notamment été relevé que plusieurs travailleurs seraient décédés de cancers suite à leur exposition au radon et à l’uranium et que les eaux distribuées dans la ville minière d’Arlit où opère AREVA ne sont pas aux normes de potabilité, avec un taux de contamination dépassant de 7 à 110 fois les recommandations de l’OMS, d’après des mesures de la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD).
Enfin, l’immoralité sans fin de l’entreprise française ne s’arrête pas là, puisque non seulement le gouvernement nigérien ne possède que 33% des parts de la société d’exploitation et filiale d’AREVA implantée sur place, mais le prix d’achat de l’uranium reste en plus de cela inférieur au prix du marché et dont la hausse ne cesse de se poursuivre, et également inférieur de moitié à la moyenne des tarifs internationaux pratiqués dans le cadre de contrats d’achat à long terme.
…À son utilisation en Europe et dans le monde…
Les centrales nucléaires produisent l’énergie électrique en chauffant de l’eau, dont la vapeur entraine les turbines électriques, et cette même eau est aussi utilisée afin de refroidir les réacteurs. C’est la raison pour laquelle toutes ces centrales sont implantées au bord d’un fleuve afin d’y pomper l’eau nécessaire, à savoir entre 1 à 2 % du débit des fleuves en question. Aussi peu que cela puisse paraitre, cela n’est pas sans risques environnementaux. En effet, une fois que l’eau eût été utilisée pour refroidir les réacteurs, celle-ci s’en retrouve chauffée et est directement reversée dans le fleuve. Même si toutefois la température des rejets d’eau est réglementée et fixée par des arrêtés préfectoraux, la température des fleuves peut ainsi augmenter jusqu’à 2°. Le problème est d’autant plus grave en temps de canicule, période durant laquelle le niveau et le débit des fleuves diminuent sans que les niveaux d’eaux pompées par les réacteurs le soient. Au contraire, grande chaleur oblige, les réacteurs doivent être davantage refroidis et font ainsi appel à plus d’eau, augmentant en conséquence le risque d’élévation de la température du fleuve en aval.
L’augmentation de la température des fleuves possède une influence écologique bien plus importante que ce qu’il est officiellement énoncé. Des répercutions ont d’ors et déjà eu lieu sur certaines espèces de poissons comme le saumon, ou encore sur le zooplancton, ce dernier étant nécessaire à l’oxygénation des eaux (sa disparition due à l’élévation des températures peut entrainer la multiplication des algues unicellulaires et de zones mortes). Aujourd’hui, l’estuaire de la Gironde reste le milieu aquatique le plus menacé, de par sa fragilité écologique et la menace toujours croissante des rejets d’eau trop chaude de la centrale de Blayais mais aussi par d’autres rejets chimiques.
…Jusqu’à son stockage contesté en Sibérie.
Lorsque le potentiel de production énergétique de l’uranium est épuisé, les risques de pollution liés à son utilisation n’en sont toujours pas terminés. En effet, lorsque le combustible nucléaire est épuisé, celui-ci peut-être envoyé à des usines de retraitement situées en Grande-Bretagne. D’après GREENPEACE, le retraitement des déchets nucléaires ne fait qu’en créer de nouveaux, et les rejets émis par ces usines de retraitement équivalent à un accident nucléaire à grande échelle chaque année.
Puisqu’aucune véritable solution efficace n’existe quant à la question de l’élimination de ces déchets radioactifs, ceux-ci se retrouvent aussi stockés dans les entrepôts français d’AREVA ou d’EDF (il est estimé que plus d’un million de m³ de déchets nucléaires étaient stockés en France fin 2007, d’après le dernier rapport de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) et dont le chiffre devrait doubler d’ici à 2030) avant d’être envoyés en partie en Sibérie par convoi ferroviaire. Pourtant, même disposés au plus loin des populations, les déchets nucléaires mettent plusieurs centaines de milliers d’années avant de se dégrader. Toujours selon GREENPEACE, AREVA a envoyé près de140 000 tonnes de déchets nucléaires en Russie durant les quinze dernières années, et plus de 33 000 tonnes de déchets depuis 2006.
Quant à la position des défenseurs du nucléaire, une solution serait d’après eux à l’étude. Il s’agirait d’enfouir ces déchets, comme cela est expliqué dans le projet d’étude du laboratoire d’enfouissement de Bure (dans la Meuse) et dont la mise en service est prévue pour 2025. Il ne s’agirait en réalité que d’une solution temporaire, puisque les déchets nucléaires reposeraient là dans l’attente que les générations futures trouvent une véritable issue à leur recyclage et/ou destruction définitive.
Les liaisons dangereuses du nucléaire civil et militaire.
Le nucléaire, aussi pacifique qu’on le connaisse dans son utilisation civile, côtoie aussi dangereusement l’utilisation qu’il peut en être faite dans le domaine militaire. Effectivement, tant pour son usage civil que militaire, le nucléaire utilise les mêmes matières premières utilisées dans la réalisation d’une bombe atomique.
Notons également qu’il se joue actuellement une des plus grande hypocrisies de ce siècle, lorsqu’une congrégation de pays – dont certains possèdent l’arme atomique tout autant qu’ils utilisent l’énergie nucléaire – prétextant représenter la communauté internationale toute entière s’associent afin d’interdire à un autre Etat d’acquérir le nucléaire, qu’il soit civil ou militaire. Il s’agit là du scénario qui se joue entre l’Iran, la Corée du Nord et le reste des super Etats. Si l’objectif militaire de leurs avancées en nucléaire est tantôt affiché ou contesté, la logique exigerait que les Etats déjà possesseur du potentiel nucléaire se destituent également de celle-ci. Seule une dénucléarisation effective du monde entrainerait un dialogue à la fois honnête et constructible quant à la limitation de la prolifération du nucléaire. Est-ce que cela aurait échappé aux élites de ce monde et à leur éminences présentes à l’ONU ? Et pourquoi miser l’attention sur deux États en particulier tandis que rien de tel n’a été fait en ce qui concerne le Pakistan, l’Inde ou Israël, puissances disposant officieusement de l’arme atomique ?
Sortir du piège: l’alternative prouvée des énergies renouvelables.

Parc éolien danois
Sans aucun doute possible, il existe aujourd’hui des alternatives au rendement énergétique aussi élevé que le nucléaire, quoi qu’en disent les lobbies contestataires. De toute manière, même s’il n’existait encore de possibilités à se passer du nucléaire, nous n’en aurions pas le choix, pour plusieurs raisons.
La première d’entre elles réside dans les réserves insuffisantes en uranium dans le monde, qui seront épuisées au plus tard d’ici une soixantaine d’années, les centrales étant donc vouées à ne fonctionner que plusieurs dizaines d’années avant leur prochaine et inévitable fermeture. Certains rétorquent que de nouveaux réacteurs de quatrième génération seraient à l’étude, de même qu’a été émise l’hypothèse de recourir à la fusion nucléaire. Pourtant, ces solutions ne sont pas envisageables avant 2040 voire 2100 !
L’autre raison nous encourageant à abandonner le nucléaire est relative à son coût d’exploitation. Le coût d’un réacteur EPR dit de troisième génération est officiellement évalué à trois milliards d’euros. Deux de ces réacteurs sont d’ors et déjà en construction, en Finlande ainsi que dans le nord de la France. Comble de malchance, le premier a déjà engouffré plus de cinq milliards d’euros, tandis que le futur EPR français de Flamanville a vu son budget de construction réévalué à quatre milliards d’euros. Enfin, last but not least, la Cour des comptes a estimé en 2005 à 60 milliards d’euros la gestion des déchets radioactifs ainsi que le démantèlement des installations nucléaires.
Qu’en serait-il si ces milliards étaient investis dans les énergies de type renouvelable, qui par ailleurs créeraient en conséquence de nouveaux emplois ? Selon GREENPEACE, l’électricité du nucléaire ne créé que quelques centaines d’emplois, tandis que les énergies renouvelables pourraient en proposer des dizaines de milliers. De plus, les énergies renouvelables ont un potentiel d’économies de CO² trois à cinq fois plus élevé que le nucléaire. Ces énergies existent (hydroélectricité, géothermie, éolien, solaire…) et leurs techniques d’exploitation ont d’ors et déjà fait leurs preuves, à l’image du Danemark, devenu leader mondial de l’utilisation de l’éolien produisant 20% de son énergie électrique, ou de l’Islande pour qui 70 % de l’énergie du pays provient des énergies renouvelables (99% de l’électricité étant produite par l’énergie hydraulique et par l’énergie géothermique).
Comment donc encore douter des méfaits du nucléaire lorsque celui-ci ne fait que semer mort, poussière et désespoir ?
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Abandonnés dans la poussière, le reportage vidéo de GREENPEACE.


























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