La République Démocratique du Congo (RDC) est un immense Etat, plein de promesses de développement et de multiples richesses, mais qui, depuis des décennies, est secoué par une violence difficile à concevoir et une situation humanitaire absolument désastreuse. La multiplicité des groupes armés, la diversité de ses ressources naturelles et l’inertie gouvernementale sont en grande partie responsables de la situation qui prévaut actuellement dans cette région d’Afrique, de sorte que la pensée de Frantz Fanon suffit à résumer avec autant de justesse que de tristesse la réalité congolaise : « l’Afrique a la forme d’un revolver dont la gâchette se trouve au Congo ».
Présentation générale.

© Google
La RDC est un Etat d’Afrique centrale dont la capitale est Kinshasa, à l’Ouest du pays et dont la population représente 71,1 millions d’habitants.
Au plan du développement humain (calculé par l’ONU, à partir de données relatives à l’espérance de vie, scolarisation, revenus par habitant), la RDC se trouvait en 2011 à la toute dernière place, après notamment le Niger et le Burundi (Les trois premiers étant la Norvège, l’Australie, et les USA). Dans ce pays où plus de 75 % de la population vit avec seulement un dollar par jour, l’espérance de vie est estimée à seulement 47 ans pour les femmes et à 50 ans pour les hommes.
L’indice de fécondité est quant à lui estimé à plus de 6 enfants par femmes dans ce pays déjà affreusement touché par le fléau du viol. Il est en effet estimé que 400 000 femmes ont été violées entre 2006-2007.
Histoire politique contemporaine.
Historiquement, la République Démocratique du Congo est une ancienne colonie belge ayant acquis l’indépendance en 1960. Le pays est dirigé dès 1965 par Mobutu Sese Seko, après que celui-ci renverse le premier président par un coup d’Etat. Mobutu instaure dès lors un régime autoritaire et se maintient au pouvoir jusqu’en 1997.
Entre temps, le Rwanda est frappé par un conflit génocidaire faisant 800 000 morts, et qui aboutit par la fuite des forces armées gouvernementales ayant soutenu le génocide. Ces dernières s’installent dans l’Est de la RDC, à la frontière rwandaise et se rebaptisent en tant que Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR).

Joseph Kabila
© Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Mobutu est renversé en 1997 par un coup d’Etat mené par Laurent-Désiré Kabila, avec le soutien des troupes armées du Rwanda et de l’Ouganda. Une fois au pouvoir, Laurent-Désiré Kabila demande aux troupes armées étrangères l’ayant soutenu de quitter le pays. Celles-ci refusent, et s’installent à l’Est du pays, dans les régions des Kivus. Dès lors, l’est de la RDC devient une véritable poudrière du fait de la multiplicité des groupes armés, et de l’enjeu que représente l’exploitation de plus en plus importante des ressources minières présentes dans la région.
Laurent-Désiré Kabila est assassiné en 2001 par son garde du corps, et son fils Joseph Kabila lui succède et est toujours au pouvoir actuellement (deuxième mandat présidentiel en cours) malgré les allégations d’irrégularités relatives à sa réélection en 2011 face à son opposant Etienne Tshisekedi.
Élément symptomatique du conflit congolais : Les minerais.
Parmi les éléments contribuant directement à la persistance de la dégradation de la situation humanitaire en RDC, il est possible de citer le niveau élevé d’insécurité, la production agricole insuffisante, le manque d’infrastructures sociales et la présence de très nombreux déplacés internes des suites de la continuité du conflit armé secouant le pays. L’une des principales causes de ce conflit n’est par ailleurs un secret pour personne, puisque au-delà des revendications politiques ce conflit s’organise autour de la question du contrôle des ressources minières du pays.
La RDC est en effet dotée d’une abondance de ressources minérales rares dans toute sa région Est. Les principaux minerais exploités au Congo sont au nombre de quatre, et une grande partie d’entre eux est utilisée par l’industrie de l’électronique :
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Le coltan, permettant d’obtenir le tantale, indispensable à la fabrication des condensateurs, dont la fonction est de stocker l’électricité,
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La cassitérite, à partir de laquelle est obtenu l’étain que l’industrie de l’électronique utilise pour les soudures des circuits imprimés,
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L’or, employé comme revêtement des fils électriques,
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Les diamants.

Minerais de cassitérite
Tous ces minerais sont exploités dans des mines à ciel ouvert ou encore à l’intérieur de galeries pouvant descendre jusqu’à 300 mètres de profondeur. Du fait de l’enjeu qu’elles représentent, toutes ces mines sont minutieusement contrôlées et surveillées, soit par l’armée régulière, soit par des groupes rebelles. Ces minerais et leur commerce, qu’il soit licite ou illicite, permet aux groupes rebelles et à l’armée nationale d’obtenir aisément des sommes pouvant atteindre des dizaines de millions de dollars, qui leur servent à renouveler leurs équipements militaires, et poursuivre inlassablement le conflit.
Aperçu de la situation humanitaire.
À ce jour, la situation sécuritaire désastreuse qui prévaut en RDC a poussé 2,7 millions de personnes à se déplacer à l’intérieur du pays, et 420 000 autres à l’extérieur des frontières, principalement vers l’Ouganda à l’Est et le Congo-Brazzaville à l’Ouest. Cela a évidemment poussé l’ONU à réagir, au travers de deux opérations de maintien de la paix dès 1999 avec la MONUC, remplacée dès 2010 par la MONUSCO (Acronyme : Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC), dont le mandat porte essentiellement sur la protection des civils et la stabilisation et la consolidation de la paix (Résolution 1925).
Le conflit congolais ayant toujours cours aujourd’hui, son effet néfaste sur le développement du pays est irrémédiablement perceptible, en particulier en matière de sécurité alimentaire, ce à quoi s’ajoute l’incapacité des politiques gouvernementales à assurer la continuité des services sociaux de base et les faibles rendements agricoles. Ces effets se manifestent également au plan de l’accès à l’eau potable.
En 2011, l’OMS publiait un rapport dans laquelle elle affirmait qu’environ 51 millions de personnes en RDC, soit les trois quarts de la population, n’avaient pas accès à de l’eau potable. La RDC est pourtant le pays d’Afrique qui possède les ressources hydrologiques les plus importantes (c’est-à-dire plus de la moitié des réserves d’eau d’Afrique). À titre de comparaison, 30% de la population congolaise a accès une eau potable salubre, tandis que la moyenne pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne est de 60 %.

Point d’eau réalisé par ACF
© ACF – RDC
Consécutivement, le manque de développement des infrastructures en matière d’eau potable a des répercussion au plan sanitaire. À titre d’exemple, ce sont plus de 52 400 cas de choléra qui ont été détectés entre 2011-2012, dont 1 300 ont été mortels. Précision : le choléra est une maladie typique des lieux où l’hygiène et l’assainissement de l’eau sont insuffisants et peut être fatale si elle n’est pas traitée dans les trois premiers jours.
Élément paradoxal, dans certaines régions de RDC, notamment dans le centre du pays (Kasaï-Oriental), une bouteille d’eau de 1,5 litre coute plus chère que deux bouteilles de bière. Comptez 1 500 francs congolais (soit 0,76 €) pour une bière, et 3 500 FC (soit 3 €) pour une bouteille d’eau. L’eau mise en bouteille localement est d’ailleurs plus chère que les bouteilles importées. Il s’agit une nouvelle fois d’une conséquence du retard de développement en la matière associé à la situation sécuritaire désastreuse.
Au plan alimentaire, la situation est toute aussi catastrophique. La RDC fait partie des sept pays concentrant les 2/3 des personnes souffrant de sous-alimentation dans le monde (avec Bangladesh, Chine, Éthiopie, Inde, Indonésie et Pakistan). Depuis plusieurs décennies, les taux de malnutrition ne cessent d’augmenter. En l’espace d’un peu moins de 20 ans (1990-2007), la proportion de la population souffrant de sous-alimentation est passée de 26% (10 millions) à 69 % de la population totale (soit 42 millions de personnes). 60% de la population affectée par l’insécurité alimentaire se trouve dans les régions du Nord Kivu, du Sud Kivu, du Maniema ainsi que dans la Province Orientale et du Katanga.

© WFP
Chez les enfants, la situation est toute aussi inquiétante, puisqu’en l’espace de moins de 15 ans, la proportion d’enfants âgés de moins de 5 ans souffrant d’insuffisance pondérale a également augmenté, passant de 20 à 28%. La situation est telle, que l’IFPRI (Institut International pour la recherche en politique alimentaire), a déclaré en 2011 que la RDC était le seul pays depuis 1990 à être passé d’une situation alarmante à une situation extrêmement alarmante. Au niveau des denrées alimentaires, leur prix en 2012 est bien supérieur aux trois années précédentes (+46% pour la farine de maïs, +76% pour l’huile de palme).
La faible mobilisation de la communauté internationale au plan humanitaire en faveur de la RDC est également alarmante, puisque l’apport de l’aide humanitaire par habitant est non-seulement minimal, mais n’augmente également que légèrement (3$ en 2000, 6,5$ en 2008). En comparaison, l’aide humanitaire par habitant au Tchad est passée, sur la même période, de 50¢ à 15$ et de 14$ à 41$ en Somalie.
Les programmes d’intervention d’Action Contre la Faim.

ACF en RDC
La crise de la RDC peine certes à mobiliser la communauté internationale, mais Action Contre la Faim (ACF) est quant à elle présente dans le pays depuis janvier 1996 (17 ans !). C’est plus exactement ACF USA qui est présente sur place, en employant 30 à 40 expatriés ainsi que 600 employés nationaux. Pour mener à bien ses programmes, ACF a étendu son champ d’action dans différentes régions de la RDC, allant de la capitale Kinshasa jusqu’à l’Est et l’extrême Nord-Est du pays.
Concernant les caractéristiques de l’intervention d’ACF, la mission de l’organisation porte sur 3 des 4 domaines d’interventions auxquels l’organisation est apte à agir, à savoir :
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La nutrition, la santé et les pratiques de soins,
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La sécurité alimentaire et de développement des moyens d’existence,
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L’eau, l’assainissement et l’hygiène,
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Plaidoyer et sensibilisation.
Dans le cas spécifique de la RDC, ACF a tout d’abord établi un programme relatif au domaine de la nutrition, de la santé et des soins. Ce programme est organisé autour de quatre axes d’action :
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L’intervention d’urgence pour la crise nutritionnelle,
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La surveillance des niveaux de nutrition,
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L’éducation à la santé,
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Le renforcement des capacités du Programme National de Nutrition du Ministère de la Santé.
ACF mène également à bien un programme axé sur la sécurité alimentaire et le développement des moyens d’existence. Ce programme s’organise autour de :
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La distribution de semences et d’outils,
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La diversification des cultures,
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La formation technique,
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Le développement des activités génératrices de revenus (Ex. : Distribution de coupons alimentaires).
Enfin, le troisième programme d’ACF en RDC concerne le domaine de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène. Pour ce faire, ACF agit pour :
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Le forage de puits, l’installation de collecteurs d’eau,
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L’installation de latrines à usage privé et public,
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La promotion de l’hygiène,
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La prévention du choléra.
Enfin, au plan du bilan d’ACF, l’organisation est parvenue en 2010
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à former 4 000 travailleurs de santé publique,
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à équiper 476 centres de traitements,
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à soigner 42 000 personnes souffrant de sous-nutrition.
En 2011, ce sont 92 000 personnes qui ont bénéficié de l’assistance pluridisciplinaire d’ACF.
L’action du Programme Alimentaire Mondial.
Rien que pour l’année 2012, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) est parvenu à venir en aide à 2,5 millions de bénéficiaires. Sur les sept précédentes années, ce sont 2,3 millions de personnes en moyenne qui ont reçu une aide alimentaire de l’organisation. Le PAM vient en aide en priorité aux personnes affectées par le conflit armé, en particulier dans l’Est du pays, et travaille également en coopération avec d’autres agences des Nations Unies et ONG pour le transport du matériel humanitaire dans les régions reculées de RDC.
L’action du PAM en RDC s’organise en cinq programmes complémentaires :
- Nutrition : Le but étant l’amélioration de l’état nutritionnel des personnes identifiées comme sévèrement ou modérément à risque. Ce programme nutritionnel est mis en place dans les centres thérapeutiques mais également dans les cantines scolaires.
- Assistance aux déplacés internes, réfugiés et rapatriés : L’organisation vient en aide aux personnes les plus vulnérables telles que les plus âgées, les orphelins ou les malades chroniques.
- Santé : Assistance aux personnes affectées par le VIH.
- Programmes « Vivres contre travail » (Food-for-work) et « Vivres contre formation » (Food-for-training ) : L’objectif de ces programmes vise la réhabilitation des infrastructures rurales telles que les voies terrestres, les écoles et établissements publics, tout en permettant à la population locale d’accéder à des denrées alimentaires et/ou à une formation en l’échange du travail qu’elles fournissent dans le cadre desdits programmes. Le PAM veille également à ce que les produits des fermiers congolais parviennent aux marchés afin de stimuler l’économie tout en facilitant l’accès aux produits pour les populations.
- Soutien des programmes de démobilisation des enfants-soldats et des adultes combattants avec leur famille : L’organisation porte également une attention toute particulière aux femmes, lesquelles sont nombreuses à être victimes de violences sexuelles commises par des groupes armés.
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