De Babel jusqu’en France.

9 02 2010

« Selon les traditions judéo-chrétiennes, Nemrod, le « roi-chasseur » régnant sur les descendants de Noé, eut l’idée de construire à Babel une tour assez haute pour que son sommet atteigne le ciel.
Descendants de Noé, ils représentaient donc l’humanité entière et étaient censés tous parler la même et unique langue sur Terre. Pour contrecarrer leur projet qu’il jugeait plein d’orgueil, Dieu multiplia les langues afin que les hommes ne se comprissent plus. Ainsi la construction ne put plus avancer, elle s’arrêta, et les hommes se dispersèrent sur la terre…
»

Depuis environ une semaine, une nouvelle polémique secoue le monde politique français, ou pour être plus exact, une femme – Ilham Moussaïd – est venue jouer les trouble-fêtes. Ce qu’on lui reproche ? Simplement se présenter sur une liste électorale vêtue d’un foulard islamique. Effroi unanime de la classe politique, selon qui c’est certain, la République et les valeurs qu’elle prône sont en danger !

Essayons toutefois de recadrer ce débat qui de nouveau n’a aucun sens. En premier lieu, toute la classe politique semble d’accord sur l’idée de laïcité de la République Française. Mais, concrètement, qu’est-ce que la laïcité ? La laïcité suppose la séparation de l’Église (ou de toute autre entité religieuse) et de l’État.
Ainsi je me permets de demander à toutes les personnes qui voient dans le voile une véritable irruption de la religion dans les affaires de la République de réfléchir bien plus longuement à ce sujet, et plus exactement à ces questions: « La faute est-elle réellement imputable à Ilham Moussaïd ? Est-ce véritablement elle qui est venue glisser le sujet de son voile dans les affaires républicaine – alors qu’elle se défend d’être le porte drapeau des musulmans – ou est-ce plutôt les politiques eux-mêmes qui ont tout fait pour tirer d’elle cela et l’insérer dans une affaire politique, donc étatique et en conséquence anti-laïc ? »

La laïcité ne suppose pas seulement la séparation de l’Etat et de la religion, elle exprime aussi la liberté de culte. Cela est d’ailleurs solennellement inscrit dans l’article premier de la Constitution: « la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances ». Pourquoi alors s’acharner sur une jeune femme portant un voile, lorsque qu’aucun émoi ne surgit tandis que des personnalités politiques portent autour du cou une croix chrétienne ? Pire encore, pourquoi n’y a t-il eu aucune réaction des politiques lorsque des ecclésiastiques accèdent à des postes ministériels ? Enfin, pourquoi crie-t-on aujourd’hui à l’irruption de la religion dans les affaires de l’État alors qu’aucun remous n’est provoqué lorsque Nicolas Sarkozy rencontre à plusieurs reprises le Pape Benoit XVI ? Autant de questions qui révèlent la stupidité du comportement de l’ensemble de la classe politique.

Comprenons enfin que la religion, quelle qu’elle soit, relève uniquement de la sphère du privé. Elle est partie intégrante du croyant, et doit ainsi être respectée au même titre que n’importe quel autre attrait physique ou moral d’une personne. Dans le cas d’une personne de notoriété publique, cela en va de même, que l’on soit un croyant catholique, juif ou musulman. Alors pourquoi faudrait-il, lorsque encore une fois des personnalités politiques affichent ouvertement leur foi, que les croyants musulmans aient à se justifier, voire à se cacher (d’abord les minarets, le niqab et maintenant le voile) ? Si la France se targue d’être le pays des Droits de l’Homme, fait-elle alors une exception au sujet du droit de pratiquer librement sa religion ?..

D’autres encore ont cru opportun de rapprocher le sujet du simple voile islamique avec celui du niqab dont il a longtemps été question ces dernières semaines. L’argument choc fut notamment de vouloir à tout prix préserver la dignité de la femme. Si cela reste en tout point une justification imparable et qui mérite les honneurs, ne faudrait-il pas de la même manière légiférer plus durement et agir bien plus concrètement envers les nombreux réseaux mafieux de proxénétismes qui gangrènent chaque ville du pays ? N’y a-t-il pas urgence à agir pour ces femmes soumises à des traitements dont l’adjectif « inhumain » reste en deçà de tout ce qu’elles peuvent endurer ? S’il est question de sauvegarder la dignité féminine, il existe aujourd’hui bien plus de femmes soumises à une existence indigne que les 250 recensées portant le voile intégral, mais cela évidemment, ne s’inscrit ni dans la lignée de la propagande anti-islamique à laquelle nous avons affaire ni dans la perspective électorale qui se dessine depuis déjà plusieurs mois.

Il existe pourtant bel et bien des pays qui ont su allier tolérance et intégration, laïcité et respect de la culture de chacun, à l’image de la Grande-Bretagne qui emploie des officiers de police sikhs, lesquels sont enturbannés car leur religion leur interdit de quitter leur turban. Dans ce même pays, les femmes portant le voile n’ont pas à se justifier dans le cadre de l’exercice de leur fonction. Qu’elles soient avocates ou même enseignantes, elles peuvent porter le voile sans être soumises à aucune critique. Il en va de même pour la question des femmes belges travaillant à l’intérieur des administrations. Enfin, citons Dalia Mogahed, cette femme qui porte le voile et officie auprès de Barack Obama à la Maison Blanche en tant que conseillère des affaires religieuses dans l’Administration du Président.
L’effervescence qu’a provoqué Ilham Moussaïd ne tient-elle donc seulement d’un particularisme français dont les politiques n’arrivent pas à se défaire ou la vision de l’homo gallicus n’est-elle encore qu’au stade primaire de son évolution en ce qui concerne l’accueil et le respect des différentes cultures de notre Monde ? Je laisse à chacun le soin de réfléchir à cette question, en ne tenant plus compte des propos absurdes de nos gouvernants, mais en faisant enfin preuve de bon sens…

De Babel jusqu’en France, aujourd’hui il n’y a qu’un pas, car c’est à croire que nous n’arrivons toujours pas à comprendre l’autre, ni tout ce qui le constitue d’un point de vue philosophique, spirituel et culturel. Il y a pourtant tellement à gagner en cherchant à nous comprendre, à nous accepter, certainement tout autant que ce que nous avons à perdre en nous repoussant tel que nous le faisons… Mais visiblement nous ne l’avons pas encore compris. Alors ouvrons les yeux pendant qu’il est encore temps, avant de créer une division bien plus importante que ce que nous l’imaginons…





L’Enfant Dieu.

21 01 2010

J’ai comme le Mal de Mer,
Et dans mon âme un mal de l’Être.
Homme tu me rends amer,
Et ton attitude me désespère !
Pourquoi préfères-tu la Pierre
Quand ton Coeur appelle la Lumière ?

Tu brilles par ton arrogance,
Tu ne crois qu’en ta prestance.
Égo, fureur, et ignorance,
Les maîtres mots de ton existence.
Comme si rien d’autre n’avait de sens,
Pas même la Honte et son silence.

Puis-je espérer que tout cela n’est qu’éphémère,
Qu’après tout nous restons des Êtres à parfaire ?
N’est-ce pas plutôt ce Monde qui est à refaire ?
Nous qui ne retenons rien de l’échec de nos Pères,
Serons-nous pardonnés par cette Terre, notre Mère ?
Entre rage et pudeur, je perds mes repères…

Pourtant, je continue de m’émerveiller
Devant cet Enfant qui sait encore rêver.
Il a pour force son imaginaire et sa bonté.
Il sait pardonner, tant il veut donner, aimer, et partager.
Il est encore Dieu, dans son Amour et sa Pureté.
Il est tout ce dont ce Monde a manqué.

Il me dit qu’il n’est pas encore trop tard,
Qu’un jour nous pourrons tous y croire,
« Cesse donc d’écouter ton désespoir.
Les choses vont changer, tu pourras le voir,
Car l’Homme parviendra à devenir Miroir,
Un reflet d’Amour, de Paix et d’Espoir.« 

Voici trois mots comme tombés du Ciel,
Et qui me font croire en Lui, car il me rappelle
Que nous avons tous gardé nos Ailes,
Et que son Bonheur doit être Eternel.
Son rire est Musique avant d’être Merveille,
Et c’est à ce son que de nouveau je m’éveille.

Pour tous les Enfants du Monde, ouvrons les yeux.
Toi, Homme ou Femme, Être dont l’Esprit s’évade à mille lieues,
Ton Enfant est un Dieu auquel je formule ce voeu,
Que ce Monde meurtri redevienne un espace harmonieux,
Où chacun n’aurait ni honte, ni peur, ni sentiment haineux.
Juste cela pour nos Enfants, les Étoiles de cette Planète Bleue.






Haïti, est-ce que tu vis [encore] ?

14 01 2010

Une minute de secousses. Plus de 100 000 morts. Port-au-Prince en partie détruite. Quinze minutes réservées à chaque journal télévisé. Ça y est, Haïti renait aux yeux du Monde. En effet, le 13 janvier 2009 le Monde se réveille avec les décombres ensevelissant des milliers d’haïtiens et dont les images occupent désormais toutes les ondes. Mais combien de jours passeront-ils avant d’oublier à nouveau ce pays en pleine Mer des Caraïbes ?

Jusqu’au 13 janvier, Haïti était certainement le dernier endroit de la planète auquel la Communauté Internationale pensait. Et pour cause, qui se soucierait du pays le plus pauvre de la Terre, celui-là même qui occupe la première place des pays aux plus fort taux de chômage, d’analphabétisme et d’espérance de vie réduite ? Hormis les associations et autres O.N.G. consacrées au développement du pays, personne. Le tremblement de terre est heureusement parvenu à changer cela, car visiblement il n’a pas frappé que l’île, il a aussi touché en partie notre conscience… Mais à quel prix ?

Certes il y a de quoi louer notre réactivité à susciter de l’empressement afin d’aider au mieux et le plus rapidement les victimes de cette catastrophe. Certes il ne faut pas non plus critiquer cette mobilisation qui vise à sortir au plus vite la population des décombres et du choc que les secousses ont provoqué dans tous les esprits. Mais lorsque les conditions de vie sur Haïti redeviendront « favorables », que les médias – et nous autres – détourneront le regard de cette partie du Monde, que faudra-t-il à nouveau pour nous rappeler qu’Haïti existe ?..

L’île d’Haïti ne [sur]vit pourtant pas seulement après des catastrophes naturelles (cyclones ou séismes). En dehors de cela, la population haïtienne fait aussi preuve de débrouillardise et de courage afin de vivre du mieux qu’elle le peut, même si cela ne suscite pas le moindre intérêt des « Grands » de ce Monde. De ce fait, cet asservissement quasi-volontaire de notre part aux médias associé à notre ignorance contribuent à toute notre ingratitude, à savoir: ne s’intéresser uniquement à ce pays lorsque ça va mal, voire très mal.

La mondialisation à laquelle nous sommes soumis depuis plusieurs décennies n’est qu’économique, financière et sous le plus mauvais aspect de ce qui s’apparenterait à une mondialisation culturelle ( « L’American way of life » ou tout autre concept occidental ). Nous sommes aujourd’hui aux antipodes même d’une mondialisation véritablement humaine, basée sur une conscience universelle qui serait tournée vers l’autre et qui saurait porter un véritable intérêt, à la fois honnête et continu envers chaque personne, chaque population, chaque pays de ce Monde.

De cette idée, il en va de la dignité des peuples. Pour être plus précis dans mon raisonnement, vous-êtes vous déjà imaginé à la place d’un(e) citoyen(ne) haïtien(ne) dans son quotidien ? A-t-on déjà essayé de ressentir ce que cela pouvait faire lorsqu’aux yeux du monde votre pays n’inspire que misère et souffrance, alors qu’il va de soi que ce pays ne se résume évidemment pas à cela ? Il en va de même pour chaque pays dits du Tiers-Monde. Il est à mon avis important de cesser de penser à ce qui fait notre Monde dans l’exact sens de nos médias. Tout est pourtant à mis notre disposition pour apprendre de nous même ce qui caractérise réellement une population, un pays.

Ceci n’est pas une critique dans laquelle chacun devrait se sentir coupable. Il s’agit simplement et avant-tout d’un appel sincère afin que nous puissions tous changer notre façon de penser le Monde, ainsi que notre manière d’agir au quotidien. S’il est évident qu’une telle catastrophe ne doit absolument pas être ignorée – les médias ont au moins ce mérite –, il en va de même pour d’autres pays – parfois limitrophes – qui sans être soumis aux plus horribles des catastrophes naturelles ont une population qui tente de [sur]vivre du mieux qu’elle le peut, tout en aspirant qu’à une seule chose: exister véritablement aux yeux du Monde, et ce sans aucune Honte…





Animal, mon égal.

13 01 2010

« Considérant que la Vie est une, tous les êtres vivants ayant une origine commune et s’étant différenciés au cours de l’évolution des espèces,
[...] que tout être vivant possède des droits naturels et que tout animal doté d’un système nerveux possède des droits particuliers,
[...] que le mépris, voire la simple méconnaissance de ces droits naturels provoquent de graves atteintes à la Nature et conduisent l’homme à commettre des crimes envers les animaux,
[...] que la coexistence des espèces dans le monde implique la reconnaissance par l’espèce humaine du droit à l’existence des autres espèces animales,
Considérant que le respect des animaux par l’homme est inséparable du respect des hommes entre eux,

Il en résulte que tous les animaux ont des droits égaux à l’existence dans le cadre des équilibres biologiques. 
Cette égalité n’occulte pas la diversité des espèces et des individus. Toute vie animale a droit au respect. »

Voici ce qui le 15 octobre 1978, fut noblement appelé « La Déclaration Universelle des Droits de l’animal«  à la Maison de l’UNESCO à Paris. Et pourtant, après plus de trente années, il est difficile – pour ne pas dire impossible – de constater que chaque animal de ce monde possède effectivement des droits.

Mais que voulons nous dire exactement, lorsque nous exigeons des droits pour les animaux ? Certains sourient à l’idée d’attribuer des droits aux animaux, comme si cela relevait d’une certaine originalité, voire un peu d’idiotie. Il n’y a pourtant pas de quoi réagir ainsi.

Si le fait d’attribuer des droits aux animaux permettrait de leur donner une considération bien plus égale à l’homme qu’aujourd’hui, il ne s’agit pas pour autant de leur attribuer les mêmes droits. En effet, il ne s’agit pas de leur attribuer le droit à la liberté d’expression, de grève ou autre… En restant sur de telles considérations primaires, il est évident que beaucoup d’entre nous ne sauront rien faire d’autre que sourire, avant de chercher à décrédibiliser et ridiculiser les défenseurs de ces idées.

En attribuant des droits à l’animal, il n’est pas question de ridiculiser le Droit. Il ne s’agit pas non plus d’assouvir le caprice d’écologistes. Voyons plus loin ! Ne serait-ce pas plutôt un aboutissement très noble de l’évolution humaine et de sa pensée ? Si tuer sans distinction et sans limite toute espèce animale est considéré comme de la barbarie, ne serait-ce pas a contrario le signe d’une civilisation hautement évoluée que d’attribuer des droits aux animaux et ainsi s’assurer du parfait respect de chaque forme de vie animale ? Je laisse à chacun le soin de méditer là dessus…

Par ailleurs, édicter des droits aux animaux – créant ainsi des devoirs envers l’animal auxquels l’Homme ne pourrait pas échapper – ne serait pas seulement une évolution d’un point de vue juridique. Il est aussi question de compassion. L’Être humain étant un Être de pensée, pourquoi ne saurait-il pas se mettre mentalement à la place de l’animal et comprendre que chacun d’entre eux mérite protection et respect ?

En attendant, des pays comme l’Espagne y réfléchissent déjà depuis plus d’un an et sont d’ailleurs en passe d’attribuer des droits aux primates tels que les chimpanzés, les bonobos (doit-on encore rappeler que tous deux possèdent un patrimoine génétique commun à près de 99% avec l’homme ?), les gorilles et les orang-outans, tous pouvant être considérés comme une « communauté d’égaux » avec les êtres humains. Il leur seraient ainsi attribués le droit à la vie, la protection de leur liberté individuelle et de toute forme de torture exercée contre eux, mais aussi la restriction de leur exhibition devant le public.

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Sommes-nous si différents ?

Pour réfléchir plus longuement à ce sujet, je vous invite à consulter dans son intégralité la Déclaration Universelle des Droits de l’Animal, ainsi qu’à regarder le film Earthlings (Terriens).





Campagne. (2)

12 01 2010

Ce mois-ci, dans la continuité du panorama réservé aux campagnes de publicité en faveur d’un Monde meilleur, voici trois panneaux de la Société Internationale des Droits de l’Homme, réalisés à l’occasion des 60 ans de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Les trois dirigeants contestés et très peu familiers au respect des Droits de l’Homme, à savoir Mahmoud Ahmadinejad, Robert Mugabe et Kim Jong-Il y sont représentés entartrés.

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